ETAPE 14 : de Mondragon à Bonpas

01 /05
[début étape] Sortie Sud Mondragon - Mornas - Piolenc →

Nous débutons cette quatorzième étape à la sortie sud de Mondragon.

Pour Rappel : Nous sommes dans le département du Vaucluse (84) en Région Provence Alpes Côte d'Azur (PACA).
Déclassement de la route nationale 7 : par la réforme 2005 , dans le département du Vaucluse, La nationale 7 conserve son appellation N7 jusqu'à Orange.
Sur le secteur Orange - Avignon, elle prend l'appellation de D907.


Mur peint à la sortie de Mondragon

En route -

Prenons la direction de Mornas, notre prochaine escale.
Coincée entre la voie ferrée du Paris-Marseille et l'autoroute A7 tout proche, la route nous offre ici, sur quelques kilomètres à peine, un décor authentique aux senteurs Provençales.
Par là des plantations d'oliviers, par ici de la vigne ou des arbres fruitiers, des murets de pierres sèches et en bonus, de belles portions de route ombragée par les platanes.
Les cigales sont au rendez vous, le ciel bleu aussi !
Ici la nationale 7 mérite bien son surnom de route des vacances.

Comme à l'étape précédente, les relais routiers jalonnent encore la route ensoleillée. Chic, nous restons dans l'ambiance.


Le relais de La Cascade entre Mondragon et Mornas, une vieille institution.


Une vieille institution, je vous dis !

Après le relais de la Cascade, la route longe l'aire de repos de Mornas les Adrets.
Ne cherchez pas à y accéder, l'entrée se fait uniquement par l'autoroute A7.

Un étonnant, mais non moins grandiose panorama s'offre soudain à notre vue.
Un rocher abrupte, ou plus exactement une falaise sur laquelle se dresse la forteresse de Mornas, prouesse d'équilibre.


La nationale 7 n'a pas fini de nous surprendre. Au loin la forteresse de Mornas.

Du haut de ses 137 mètres, la forteresse domine la ville de Mornas et toute la vallée du Rhône.
On a même un peu de mal à en distinguer les contours, tellement elle semble taillée dans le roc, comme une cité troglodyte.

Tout d'abord Oppidum Romain dans l'antiquité, le sommet du rocher permettait de contrôler le trafic de la vallée du Rhône.
Au IXe siècle, un village se développe au pied de la falaise et l'oppidum fortifié devient une place forte importante.
Propriété de l’archevêché d'Arles puis des comtes de Toulouse, la forteresse passe sous l'autorité du pape en 1229.
Ce dernier en confie l'administration au roi de France jusqu'en 1274 date à laquelle le pape Grégoire X en reprend la direction.

La place-forte joue un rôle important de défense lors de la Guerre de Cent Ans, notamment contre les compagnies de routiers qui ravagent le pays à plusieurs reprises.
Négligée par l'Église pendant tout ce temps, la forteresse, mal entretenue, tombe en 1562 entre les mains des troupes protestantes dirigées par Montbrun, lieutenant du baron des Adrets, qui fait précipiter les réfugiés et la garnison du haut de la falaise.

Dans les années qui suivent, Mornas se retrouve alors successivement aux mains des catholiques et des huguenots.
Les troubles cessent à la fin du XVIe siècle, et la forteresse, perdant son rôle défensif, tombe peu à peu dans l'oubli et l'abandon.

Les restes du château de Mornas ont été inscrits au titre des monuments historiques le 20 mai 1927.

De nos Jours :
La restauration du château est entreprise à partir de 1977 sous l'impulsion de l'association des « Amis de Mornas ».
La réhabilitation se poursuit encore aujourd'hui, et de nombreuses animations et reconstitutions sont proposées pendant la période estivale.

Sources :

Wikipédia, Les Amis de Mornas, Mornas : Histoire d'une citadelle.
http://www.forteresse-de-mornas.com
A l'approche de Mornas, il n'est pas difficile de se rendre compte que l'actuelle route nationale 7 a été élargie et déplacée de quelques mètres par rapport à son ancien tracé que l'on aperçoit sur notre gauche le long des platanes.


Séparé par une barrière de sécurité en béton, l'ancien tracé (à gauche) et l'actuel.

Ce nouvel aménagement date de 1983. Avant cette date, la route passait par la rue Jean Moulin au plus près des maisons.
Aujourd'hui, la voie ne traverse plus réellement la ville mais permet de la contourner tout en la longeant tout de même de très près.


De l'actuelle route nationale, on a un bel aperçu sur la ville basse et sa forteresse.

Après l'aménagement de 1983, les platanes qui étaient alors situés du côté droit de la chaussée, se sont donc retrouvés naturellement sur la gauche de la nouvelle route.
Ce tronçon / évitement, nous mènera rapidement à la sortie de la ville.


A la sortie de Mornas, mur peint pour le Vermouth Noilly Prat.

Mais ne partez pas si vite ! Mornas vaut le détour !
Reprenons donc maintenant l'itinéraire initial, celui d'avant 1983.
Retour à la jonction nord, là où l'ancienne route a été transformée en aire de repos.


Nous voici maintenant de l'autre côté du muret, sur la route originale. A droite passe la route aménagée en 1983.

Mornas Km 0653

Le village de Mornas est bâti au pied d’un rocher à pic et fort haut, dont l’un des sommets surplombe le vide de façon impressionnante tel un museau d’animal .
Le Rhône, autrefois, venait baigner ses murs, ainsi qu’en font foi les traces du niveau des eaux que l’on peut voir sur les murs de façade des fermes de la vallée du Rhône et aussi sur la façade de l’Hôtel de Ville.
Au sommet de la falaise a été édifiée la forteresse.

Mornas possédait une enceinte défensive, épaulée par deux tours d’angles.
Deux portes protégeaient l’entrée et la sortie de la Grande-Rue, qui permettait la traversée de la ville.
Le trafic y était intense en raison des échanges qui s’effectuaient entre la France et les Etats Pontificaux.
De chaque côté de cette rue se situaient les immeubles des personnalités et des notables de la bourgade.

Sources et Extraits : https://www.mornas.fr

En route -

Au Moyen-Âge, la ville basse de Mornas était ceinte de remparts.
Il n'en reste aujourd'hui que quelques vestiges dont les portes fortifiées.
A l'époque, la traversée de la bourgade s'effectuait par l'étroite "Grande Rue" reliant la Porte St Pierre au nord à la porte St Nicolas au sud.

Aujourd'hui, la Grande Rue existe toujours, et il est encore possible d'en effectuer la traversée Nord - Sud (sens unique).
Une plongée dans le passé, dont il ne faudra pas vous priver.
Pour notre part, restons hors des murs.


Entrée Nord de la ville et début de la Grande Rue. Porte St Pierre, XIIIe siècle et l'abside d'une chapelle romane.

Au XIXe siècle, lorsque les fortifications ne furent plus nécessaires et que le trafic routier s'intensifia, le mur d'enceinte fut détruit pour laisser place à la route nationale 7 construite pour une bonne partie à l'emplacement même des remparts.
La carte d'état major de 1860 montre déjà une route nationale passant hors des murs.

Longeons donc ce qu'il reste du mur d'enceinte actuel et poursuivons par l'avenue Jean Moulin.
Attention l'avenue est en sens interdit dans notre sens de circulation (du Nord vers le Sud).

Marchons donc un peu.....

Nous sommes sur l'ancienne route nationale 7, au plus près des maisons, avec l'alignement de platanes sur notre droite.

En fait, une avenue sans grand intérêt, peu d'animation, quelques vieilles maisons, tout au plus.
Vers le milieu de la rue, voici la 3em porte de la ville.
Le portail St Firminin qui permettait l'accès ouest à la citadelle.


Portail St Firminin accès ouest du mur d'enceinte.

Sur cette carte postale en noir et blanc, la route et la ville sont protégées par une digue. Vue en direction du Nord.
A cette époque, le Rhône impétueux n'est pas encore aménagé.
Aujourd'hui, même point de vue. Image réactive.

L'ancienne route nationale se poursuivait jusqu'au bout de la rue, pour ensuite emprunter le cours des platanes sur la gauche.


Le cours des Platanes, hier et aujourd'hui. Image réactive.

Le cours des platanes, le cœur de la ville.
L'artère principale de la commune.
La place typiquement provençale avec ses platanes plantés en 1811, et ses cafés ancestraux.

Hélas, l'aménagement récent du cours, standardisé, aseptisé, uniformisé, lui enlève beaucoup de charme.
La magie n'opère plus...


Le cours des platanes. Image réactive.

Après le court cours... voici la place de la Fontaine et la Porte fortifiée St Nicolas, la porte Sud d'où débouche la Grande rue.


La place de la fontaine et la porte St Nicolas (sud)

Empruntons la rue des bourgades sur la droite.
Au rond point une surprise nous attend.
Une ancienne borne directionnelle.

Elle portait sur ses faces, des plaques de métal sur lesquelles étaient gravées les directions.
Aujourd'hui les plaques ont disparu.


Une ancienne borne de direction qui n'indique hélas plus rien ... était-elle royale ou impériale ?


Sur cette photo de 2011, les plaques sont encore en place,
Mais hélas pas de gros plan existant.
Photo Mario de Genève
.

On quitte les derniers faubourgs de la ville par la rue Duranton de Magny, qui nous amène, entre deux rangées de platanes jusqu'à la jonction sud avec l'actuelle N 7.


La route des vacances dans toute sa splendeur. Aujourd'hui.. un peu moins. Image réactive.


A la jonction sud des deux tracés.

Nous retrouvons la N7 actuelle, face à l'ancienne station service Esso.

En route -

En contrebas, l'esplanade des puces - brocantes, ancienne aire de stationnement du " Relais Mornas Sud ", qui lui n'existe plus.

A la sortie de Mornas, pas vraiment de zones commerciales désagréables comme on en rencontre si souvent aux alentours des villes.
La route longe toujours l'autoroute A7 de laquelle, par endroit, elle n'est séparée que de quelques mètres à peine. Étonnant !

Non vous n'avez pas la berlue !
Une gousse d'ail géante trône bien sur le bord de la route.
C'est que Piolenc est la capitale de l'ail Provençal.

Toutes les senteurs provençales concentrées dans une gousse, fallait y penser, Piolenc l'a fait.
A ce titre la ville possède sa fête de l'ail, sa confrérie de l'ail, son aïoli géant et ses étals de vente d'ail.

Piolenc km 0657

http://www.mairie-piolenc.fr

En langue d’oc et dans sa déclinaison provençale « puy » qui se prononce « pieu » ou « pio » signifie « sommet », « élévation ».
La première syllabe indique que l’habitat originel était construit sur un sommet.
Le « castrum » et l’habitat qui devait l’entourer se trouvaient sur une petite éminence.
Sorte de motte médiévale rocheuse naturelle : le « Pio ».
Quant à la seconde syllabe elle est certainement contemporaine de la donation du « castrum », vers l’An Mil, à l’abbaye de Cluny pendant l’abbatiat d’Odilon.
On lit dans les chartes « Podium Odolinum » et on suit l’évolution de cette graphie jusqu’au terme : « Piolen » puis « Piolenc ».
Toutefois le « c » apparaît définitivement avec la révolution française et reste encore énigmatique.

Source : Histoire de Piolenc Extrait de l’histoire de Piolenc en trois volumes.

Depuis 2015 l'entrée nord de la ville, par la route de Lyon puis l'Avenue de Provence, n'offre plus la fraîcheur ombragée de ses platanes.
Manifestement il y a eu coupe franche et définitive... remettant dès lors en cause tout l'attrait que pouvait procurer le centre-ville.
Pour une fois que la Route nationale 7 n'est pas déviée, les rues du centre, sans leurs platanes, ont perdu toutes leurs splendeurs.
L'ambiance s'en trouve toute chamboulée.
S'en est terminé du village typiquement provençal, le charme n'opère plus.
On est loin du cliché de la route ensoleillée...


Piolenc

Comme pour sa consœur Mondragon, Piolenc est un ancien bourg médiéval fortifié, construit autour de son église, ce qui lui donne cet aspect concentrique si caractéristiques des villages de Provence.

La présence humaine est attestée dès le néolithique.
Dans l'antiquité, le territoire actuel de Piolenc fait partie intégrante de la colonie romaine d’Orange, situé sur la via Agrippa.
L’effondrement de l’Empire Romain et de la plupart des structures socio économiques antiques, même sur une période de déclin relativement longue, marque bien une rupture :
A l’opulence a succédé la misère ; A l’ordre le désordre ; A la tranquillité, l’angoisse …
S’y ajoute une météorologie défavorable, des épidémies, l’insécurité due au passage même bref mais destructeur d’envahisseurs venus de multiples horizons

Le marquis de Provence Rotbaldus (993/1002) donne la partie de Piolenc lui appartenant à l’abbaye de Cluny.
Moins d’un siècle plus tard, l’évêque d’Orange cède à cette même abbaye, le prieuré et l’église St Martin.
In fine, les officiers apostoliques remettront l’autre « moitié » du fief à Cluny.
Ainsi vers 1540, l’abbé de Cluny est seul seigneur sur tout le territoire de Piolenc.

Jusqu’à la Révolution, Piolenc sera terre Clunisienne rattachée à St Martial d’Avignon

La révolution passée, les événements politiques sont ceux que connaît la France : La République s’y stabilise ;
La ville s’ouvre vers l’extérieur, le faubourg se développe, les remparts sont arasés …
La Grande Route (royale, impériale, nationale) est déviée vers l’ouest et des constructions nouvelles vont la longer et feraient presque de Piolenc un village rue, mais sa disposition circulaire autour de son « sommet original » marque encore le paysage urbain.

Source : http://www.mairie-piolenc.fr/piolenc-tourisme-patrimoine


Avenue de Provence, même point de vue, hier et aujourd'hui. Image réactive.

En route -

Si la route nationale traverse effectivement Piolenc, elle ne passe pas pour autant par le vieux centre, qu'il est toujours plaisant d'aller visiter au cours d'une balade pédestre, à la découverte de son petit patrimoine historique.
Quoi qu'il en soit, aujourd'hui, le long de notre route, il est assez difficile de retrouver l'emplacement exact d'un commerce ou d'un bâtiment par rapport aux anciennes photographies, tant la ville s'est transformée.
Certes Piolenc est toujours un village rue, traversé par la mythique route nationale 7, mais les lieux ont été reconstruits, ravalés, uniformisés, transformés... essayons tout de même de nous plonger dans le passé de la route glorieuse afin de retrouver la nostalgie des lieux.

Débutons la traversée.
Entrée nord, avenue de Provence, platanes rasés ... ça c'est fait...!


L'avenue de Provence, même point de vue, hier et aujourd'hui. Image réactive.

Étonnant ! Des étals de vannerie dans les rues de Piolenc ?
Vous pensiez que seule la ville de Lapalud pouvait revendiquer le monopole du Balais et autres paniers d'osier ?

Vous avez parfaitement raison !

Dans un chapitre précédent, nous avions vu qu'à Lapalud, Capitale du balais, la déviation de la route nationale 7, en 1957, puis l'ouverture de l'autoroute, avait précipité la fermeture des commerces de vannerie, les touristes ne s'arrêtant plus dans le village.
Cette désaffection des voyageurs pour la ville de Lapalud, poussa certains commerces à installer leurs étals de vannerie quelques kilomètres plus loin, dans les rues de Piolenc, toujours traversée par la N7, renouant ainsi avec la tradition de la vente directe..

Hélas quelques années plus tard, l'apparition des produits importés bon marché mit définitivement fin à ce commerce traditionnel local, aussi bien à Lapalud, qu'à Piolenc.


L'avenue de Provence, même point de vue, hier et aujourd'hui. Image réactive.


Ambiance Provençale. Même endroit que ci-dessus.


Dans notre cycle "c'était mieux avant" voici la station Shell Avenue de Provence. Image réactive


Causerie à l'ombre des platanes, face au Cours Corsin. Image réactive.


Ambiance automnale à l'angle de l'avenue de Provence et du Cours Corsin. Image réactive.

La ville n'est pas grande et la traversée se fait rapidement.

Sur la gauche nous arrivons à hauteur du Cours du Général Corsin.
Bardées de platanes, c'est la place centrale du bourg, typiquement Provençale, la promenade ombragée des Piolençois par excellence, paradis des boulistes avec ses bancs et sa fontaine...

Sauf qu'aujourd'hui, les boulistes ne jouent plus sur l'esplanade réaménagée en simple passage carrelé, fini la terre battue.


La Promenade Piolençoise

Jusqu'en 1830, la route Royale passait le long du cours, qui n'est à l'époque qu'un simple quai situé au pied du rempart Sud de la ville.
Le lieu dénommé le "Rempart du quay" sert effectivement de quai pour les voyageurs, voituriers ou forains qui arrivent du Sud.
Il permet la décharge des marchandises, les portes de la ville étant fermées une heure après la tombée de la nuit, "afin d’empêcher les surprises des malandrins ou des gens de guerre ".

Dans les années 1830, lors de travaux de rectification de la route royale N° 7, un échange de terrain entre l’administration des routes et la commune permet d’élargir le quai.
La municipalité cède quelques terrains communaux pour la construction de la nouvelle route, et récupère en échange l’ancienne route royale située au sud des remparts du quay.


A gauche le plan actuel de la traversée de Piolenc par la RN7. (jaune)
A droite le plan d'avant 1830 et la traversée de la route Royale (rouge)

Le 11 août 1839, le Conseil municipal de la commune autorise le général Corsin à y faire planter, à ses frais, deux rangées de platanes pour l’embellissement du faubourg.
Les habitants et notamment les boulistes, qui y jouaient depuis de nombreuses années, bénéficieront d’un espace plus grand, plus agréable et mieux ombragé : Une véritable promenade.
Peu à peu, le nom de "quai"sera abandonné au profit de Cours Corsin, en mémoire de ce grand bienfaiteur de la commune.

Sources et extraits : http://www.mairie-piolenc.fr

 


Le cours Corsin, anciennement Quay des remparts Sud

Il existe donc un ancien tracé de route qu'il est toujours facile de suivre aujourd'hui puisqu'il longeait le cours Corsin jusqu'à la porte Sud qui n'existe plus (emplacement du Crédit Agricole), puis empruntait à droite l'étroite rue de la république.


Au bout du Cours Corsin, à l'emplacement de la porte sud de la ville fortifiée. Image réactive.
A droite l'ancienne route Royale, abandonnée en 1830.
On se croirait dans un film de Jacques Tati.

Le tracé de la route nationale fut donc rectifié à partir de 1830, se prolongeant par la rue de Provence, jusqu'à la jonction avec son ancien tracé.


Entrée Sud de la ville, par la rue de Provence. A droite la rue de la République ancien tracé d'avant 1830. Image réactive.

A la jonction, nous quittons Piolenc, toujours en vue de l'autoroute A7.


Encore de belles couleurs pour cette publicité sans alcool. Image réactive.

Sur la gauche, un petit oratoire surplombe la route nationale.
Visible également de l'autoroute, le petit sanctuaire est dédiée à "Notre Dame de Bon Rencontre".


Notre Dame de Bon Rencontre

Jadis, sur les routes du Royaume de France, les mauvaises rencontres étaient fréquentes.
Mais ici le terme de "Bon Rencontre" ne signifie pas que l'on y croisait des voyageurs particulièrement bienveillants !
La "rencontre" était effectivement celle du voyageur avec une source d'eau fraîche et abondante.

Cette source d'eau bénéfique, voir vitale, aussi bien pour le voyageur et sa monture, que pour les animaux de trait ou pour les bergers lors des transhumances, en faisait une halte obligée.

N'oublions pas que nous sommes en région méditerranéenne, où l'eau douce est considérée comme un don de Dieu.
Dans le contexte historico-religieux d'une France Moyenâgeuse, cette source bienfaitrice ne pouvait qu’être attribué à la vierge Marie.

A la révolution, l'oratoire perd sa vocation religieuse et la statue de la vierge disparaît en 1793.
En 1870, l'oratoire est restauré, suite à la promesse qu'un habitant de Piolenc avait faite s'il revenait sain et sauf de la guerre.
En 1990, la statue de la vierge est dérobée.

Depuis 2012, la remise en état de l'oratoire est entreprise.
Sous l’égide de l’Association des « Amis du général Corsin et du patrimoine piolénois » une nouvelle vierge, œuvre de Patrick VINCENT - qui a sculpté quelques années auparavant le buste du général Corsin - est mise en place le 15 août 2016.

En route -

Quelques centaines de mètres plus loin, toujours sur la gauche, une étape obligatoire si vous êtes des nôtres depuis le début. Le musée mémoire de la N7 .

L'évocation d'une époque pas si lointaine...
Un lieu où le temps s'est arrêté quelques instants,
Le temps d'une pause sur la route des vacances...

Des voitures anciennes, des panneaux, des plaques Michelin, des bornes, des affiches et tous les souvenirs de la route joyeuse.
Une bonne bouffée de nostalgie à consommer sans modération, vraiment !


Cliquez sur l'image ci-dessus pour plus de renseignements

En route -

Allez ! Après le musée, je vous emmène au cirque, et pas n'importe lequel, puisqu'il s'agit du Cirque National Alexis Gruss.
Qui a dit que l'on s'ennuyait sur la nationale 7 ?

Le parc Alexis Gruss est installé 5 mois de l'année dans le parc de l'ancien Château Crochant, fief dépendant de la principauté d'Orange.

https://www.alexis-gruss.com/parc-piolenc


Après la visite du Musée mémoire de la nationale 7, je vous propose un tour au cirque.

En 1743, l’ancien château médiéval situé au sud-ouest du parc actuel, est délaissé au profit d’un nouvel édifice, œuvre de l’Avignonnais Franque. 
Cette construction de grande ampleur occupera quantité de main d’œuvre et le chantier durera plus de deux ans (1741 à 1743).


Le Château de Crochant

En octobre 1806, le château est vendu.
Il est acheté par le marquis Alexandre de Piolenc qui s’y installera avec sa famille.
Ses descendants, notamment la branche comtale, conserveront et résideront dans ce château pendant presque deux siècles.
L’occupation de Crochant par la famille de Piolenc sera à l’origine de multiples embellissements : Le château sera modifié et agrandi.
La création en 1873 d’un parc paysager de presque dix hectares lui servira d’écrin. 

Le Conseil général du Vaucluse dans le cadre d’un vaste projet d’aire autoroutière va se porter acquéreur et fera exproprier le château et son parc.
Ce dessein rapidement abandonné, Crochant est revendu en 1994 au cirque Alexis Gruss.

Source : http://www.mairie-piolenc.fr/piolenc-patrimoine

En route -

Face à la petite zone commerciale et aux concessions automobiles, plus aucune trace du Restoroute "Les Princes d'Orange".
Installé en bordure de nationale 7 dès les années 1950, l'établissement et ses pompes à essence disparaîtra totalement au milieu des années 1980.


Sur la droite, plus rien aujourd'hui ne permet de situer le restoroute des Princes d'Orange. Image réactive.


La suite de l'étape


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Rendez-Vous Nationale 7 @2019