ETAPE 11 : de Chonas l'Amballan km 500 à Tain l'Hermitage km 550

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← Chanas - St Rambert d'Albon - Le Creux de la Thine - Bancel - Champblain - Laveyron - Saint Vallier →

Chanas Km 0516

Le nom de la ville, provient du latin Casnus.. et comme les cours de latin sont loin et oubliés.. Casnus à donné le mot "Chêne".
Le village aurait donc pu s'appeler "Les Chênes"
L'arbre est d'ailleurs toujours présent aujourd'hui sur de nombreuses parcelles de terrain de la petite commune rurale. http://www.mairie-chanas.fr

Au rond point du Dolon, si l'on suit le tracé historique, il faudra abandonner la N7 et emprunter la D807 en direction de St Rambert d'Albon, car depuis 1956, la nationale 7 contourne les communes de Chanas et de St Rambert d'Albon par l'Est.
Comme pour la commune de Péage de Roussillon, cette première déviation sera rapidement intégrée au tracé de l'autoroute A7.

Mais ici, contrairement au Péage, une seconde déviation est mise en service en 1985 et longe l'autoroute tout d'abord sur 2 x 1 voie avant d'être doublée sur 2 x 2 voies en 2007.


Rond Point du Dolon - Actuellement et au temps de la première déviation. Image réactive.
Remarquez les réclames peintes dont celle pour Chevrolet toujours en place aujourd'hui.

Etonnante surprise que de retrouver à 500 km de distance, un beau mur peint pour le garage Duvivier à Paris.
Nous avions déjà pu observer cette publicité sur un mur du Coudray-Monceaux, au km 0036 de notre voyage.

Ce mur peint aux couleurs encore éclatantes, est en bien meilleur état du fait qu'il fut partiellement protégé, pendant de longues années, par un enduit aujourd'hui disparu, et par le lierre qui selon les périodes de l'année recouvre intégralement la publicité.


La publicité Chevrolet - Duvivier - rond point du Dolon. Photos Claude.K - juin 2016. Image réactive


Si la page hôtellerie est définitivement tournée, l'activité de restauration perdure le long de la nationale 7.
Image réactive.


Le secteur est riche d'anciennes publicités peintes.
Ici la marque "Rasurel" le sous-vêtement de Santé mis au point par le Dr Rasurel en 1884.


Ambiance....accident entre une charrette et un camion le long de la nationale 7 à Chanas

A la sortie de Chanas, un panneau nous annonce notre entrée dans le département de la Drôme (26), en région Auvergne Rhône-Alpes.

Déclassement de la route nationale 7,  par la réforme 2005  : dans le département de la Drôme :
l'axe Vienne Orange reste non déclassé et conserve sa numérotation principale de N7, hormis les anciens tracés déclassés avant réforme qui pourront prendre l'appellation D807, D257 etc...

 

St Rambert D'Albon Km 0519

Petite paroisse du diocèse de Vienne et de la communauté d'Albon, l'église de St Rambert appartenait à l'abbaye Lyonnaise de l'Isle Barbe (quartier du 9e arrondissement de Lyon) fondée par St-Ragnebertus au VIIIème siècle.
St Ragnebert également connu sous le patronyme de St Rambert donna donc son nom au hameau.
Rattachée à la commune d'Albon, la bourgade devient en 1793, St Rambert d'Albon.


Borne de limite de département

Le 30 mars 1349, après 300 ans de souveraineté, le Dauphiné finit par tomber aux mains des rois de France .
St Rambert possédait alors plusieurs moulins, plusieurs péages routiers étaient établis et une forteresse était construite sur les ruines romaines à l'emplacement actuel de la Gare.
La centralisation du pouvoir royal (notamment à partir du règne de Louis XI) allait mettre fin à la toute puissance des seigneurs locaux, et les châteaux-forteresses qui surplombaient la vallée du Rhône dans la région allaient tomber un à un.

Dans le même temps, avec l'avènement de la poste, et l'activité qu'engendrait son relais de poste pouvant héberger jusqu'à 27 chevaux, la petite bourgade pris de l'importance et devint, par ordonnance du roi Louis Philippe, commune à part entière le 20 mai 1839.

A partir du XIXe siècle la ville prend réellement son essor.
Tout d'abord avec la construction dès 1855, d'une gare de chemin de fer qui, grâce à sa position au croisement de l'axe Nord-Sud et de l'axe Est-Ouest occupa jusqu'à trois cent cheminots.

En 1890 St-Rambert devient le plus important marché aux pêches de France, son arboriculture florissante et ses industries chimiques, textiles ou métallurgiques attirent des milliers d'employés venus des campagnes voisines.
Ces activités n'auraient sans doute pas connu un tel développement sans une position géographique propice au transport.
Aujourd'hui encore, alors que la plupart des activités dites de fabrication ont disparu du paysage local, celui-ci est gagné peu à peu par la logistique.

Source et extraits : http://ville-st-rambert.fr/

En route -

La présence de la borne de limite de département fait de St Rambert, la ville la plus septentrionale du département de la Drôme.
Nous débutons par l'avenue de Lyon, faubourg rectiligne, où de grosses maisons cossues, blotties au fond de leur parc, côtoient des programmes immobiliers récents et des immeubles de quartier d'un autre âge.


Le secteur du Passage à Niveau, vu en direction de Vienne. A gauche la gare. Image réactive.

Le bout de l'avenue est marqué par la place du monument aux morts et la présence d'un passage à niveau.
Cette ancienne ligne de chemin de fer, aujourd'hui entièrement reconvertie dans le trafic de céréales et d'engrais, date de 1857.
Elle reliait St Rambert à Rives.
Seconde ligne ferroviaire du département de l'Isère, ce fut la première à atteindre la ville de Grenoble, en 1858.

La ligne fut officiellement inaugurée en 1860 par Napoléon III , qui effectua le voyage de Saint-Rambert à Grenoble avec l'impératrice Eugénie.
Aujourd'hui partiellement déclassée, la voie est utilisée entre Saint-Rambert-d'Albon et Beaurepaire.


Le secteur du passage à niveau, vu en direction de Valence. Image réactive.

En route -

Après le passage à niveau, la rue Steinberg, toute en montée en direction de Valence, est séparée en deux par une rangée de platanes et de places de parking qui lui confèrent une allure de cours.


La rue Steinberg, vue en direction de Vienne. Image réactive.

La rue se fait peu à peu plus commerçante, jusqu'à atteindre la place du marché sur laquelle se déroulait au début des années 1900 le fameux marché aux pêches, considéré à l'époque comme le plus important marché aux fruits de France.


Le fameux marché aux fruits au début du XXe siècle. Image réactive.
Sur la place, aujourd'hui, beaucoup moins d'ambiance mais surtout moins de fruits.


Une photographie extraite des archives de la Drôme, vue en direction de Vienne en 1959. Image réactive.

Un peu plus bas sur la droite, sur l'esplanade de la mairie, une stèle nous rappelle le décès de l'aviateur Jules Védrines ainsi que de son mécanicien Marcel Guillain, survenu lors de la première tentative de liaison postale aérienne Paris Rome.

http://www.aerosteles.net/stelefr-strambertalbon-vedrines

Le 21 avril 1919, Jules Védrines, domicilié à Bussière-Dunoise, lieutenant aviateur au groupe des missions spéciales à Paris, en service commandé, entreprend avec son mécanicien Marcel Guillain, le raid Paris/Rome sans escale.

Au décollage de Villacoublay à 6 heures du matin, ils emportent 1600 litres d'essence dans le Caudron C 23, lourd biplan bimoteur, baptisé « La Cloche » du fait que ce 21 avril est le « Lundi de Pâques » et qu'ils se rendent à Rome!!!

Arrivés dans la vallée du Rhône, par un vent de nord violent, l'appareil en panne du moteur droit et, après plusieurs passages sur la région, est plaqué au sol par une rafale de vent, et s'écrase dans les vignes, sur la commune de Saint Rambert d'Albon dans la Drôme.

Les deux hommes sont tués sur le coup. Jules Védrines, 37 ans et Marcel Guillain, 31 ans, né le 1er mars 1888 à Anzin dans le Nord, sont « Morts pour la France » le 21 avril 1919 à 10 heures 30 du matin.

Extraits : http://www.airmemorialcreusois.fr/wp-content/uploads/2016/04/VEDRINES-_bio_.pdf

Rue de Marseille, nos amis littéraires auront une pensée émue pour le poète Jean Marc Bernard qui logeait chez sa mère au n° 21.
Dans cet appartement familial, se réunissait un petit groupe d'amis poètes s'inscrivant dans le mouvement de l'école fantaisiste.
Un cercle de poètes disparus en quelque sorte.


Détail de la fresque murale esplanade de la mairie

Une autre surprise nous attend rue de Marseille.
Une plaque Michelin émaillée, bien préservée car entièrement intégrée à la façade de la maison.
La borne avec logo du Touring Club de France nous annonce Valence à 45 Km.


Rue de Marseille, Plaque Michelin. Photo Claude.K - 2016

La rue de Marseille n'en finit plus.

Elle nous promène en droite ligne, toute bordée de platanes, à travers ses faubourgs aux faux airs de village méridional, puis s'éloigne au milieu de lotissements récents, jusqu'à atteindre la zone industrielle où elle retrouve la déviation N7 de 1985.

jonction des routes.


Borne et mur peint après St Rambert.

Radiola était une marque d'électronique grand public, issue de la Société Française Radio-électrique (SFR) créée par Émile Girardeau en 1910.
Bénéficiant d'une forte renommée en France, Radiola fut une marque de produits bruns (téléviseurs, radios...) tout comme de produits blancs (électroménager).
Toutefois, la marque Radiola devint progressivement une sous-marque du groupe Philips, avant de disparaître en 2002.
En mai 2016, suite à un accord de licence signé entre Philips (propriétaire de la marque) et Schneider Consumer, Radiola fait son retour dans le commerce avec un logo modernisé.
Elle distribue désormais des produits fabriqués en Asie.

Source et extrait : wikipédia.

Sur notre gauche, nous passons devant l'hôtel Ibis de Lyon Sud, et nous arrivons rapidement à :

Le Creux De La Thine. Km 0521.

Le Creux de la Thine, hameau rattaché à la commune d'Andancette, sera vite traversé si rien ne vous y retient.
Le bourg rectiligne, n'y présente que peu d'intérêt.

En cas de petit creux (de la Thine ;-) ne comptez plus faire arrêt au "Nationale 7".
Le brave snack a désormais fermé ses portes.


"L'arc en Ciel" et dans le prolongement l'ex "National 7". Image réactive.
Même point de vue aux grandes heures de la route.

Juste à côté de l'ancien "National 7", un beau mur peint représentant un Biker, libre sur sa Harley, bandana au vent, sur la route nationale 7... à défaut de route 66.


Fresque signée Robespierre

Nous sommes ici devant l'ancien siège des "Outlaws MC France", un Club de Motards, qui longtemps fit les gros titres de journaux et d'émissions télévisées.
Le président du MC Outlaws fut assassiné... et sa mort fut vengée !
Alors que le JDD titrait "Meurtres en série chez les Bikers", le programme Tv " Faites entrer l'accusé " en fit à l'époque une de ces émissions phares.

Bref, du viril tout ça !! Et si soudainement, il vous venait l'envie de boire une grenadine ou un Vichy rondelle... attendez plutôt le prochain bistrot. Y' en a qu'ont essayé... ;-))

Vous aviez emprunté la Route Bleue afin d'éviter Lyon en passant par St Etienne ?
Alors c'est sur la commune d'Andance, à quelques centaines de mètres de là, que vous trouverez le premier pont vous permettant de rejoindre à nouveau la RN7.
Construit en 1827 par Marc Seguin, en remplacement d'un bac à traille, il s'agit du plus ancien pont suspendu encore utilisé sur le Rhône.
Le pont est aujourd'hui toujours ouvert au trafic routier, malgré un tablier étroit rendant les croisements assez délicats.
Le milieu du pont marque la frontière entre le département de la Drôme et celui de l'Ardèche.

En route -
Si vous avez manqué la Stèle Jules Védrines sur l'esplanade de la mairie de St Rambert, alors ne ratez pas celle qui se situe à la sortie Du Creux de la Thine, à l'entrée de l'aéroclub sur notre gauche.
Un peu en retrait, une seconde stèle est érigée à la mémoire du Marquis d’Arlandes, né à Anneyron (dans la région), premier navigateur aérien avec Pilatre de Rozier le 21 novembre 1783, sur le ballon des frères Montgolfier.

Védrines : http://www.aerosteles.net/stelefr-strambert-vedrines
Mongolfier : http://www.aerosteles.net/stelefr-strambert-ballon


Magnifique vue aérienne de l'aéroclub. Vue vers le nord. Image réactive
On constate que l'entrée actuelle de l'aérodrome se situe à l'emplacement d' une station-service aujourd'hui disparue.

(Archives de la Drôme)

En route -

La route, maintenant sur 3 voies alternées, longe le terrain d'aviation.

L'aéro club d' Annonay occupe cet ancien « Champs d'aviation » depuis 1935.
Né de la passion de cinq co-fondateurs, ces pilotes aventuriers, ont permis l'évolution du club à travers les époques.

1947, La première attaque contre les nuages dans le ciel de l'aéro-club d'Annonay.
Fin 1947, la pluie fait défaut sur la région annonéenne...
Le président de l'Aéroclub et le maire d'Annonay décident alors de mettre sur pied une opération visant à faire pleuvoir !
La technique : lancer une bonbonne d'acide carbonique à partir d'un avion dans le nuage afin de faire pleuvoir.
Mais durant le vol, le copilote laisse malencontreusement la bonbonne lui échapper des mains.
Résultat : pas de pluie mais à l'impact de la bonbonne sur le sol, celle-ci explose et givre tout dans un rayon de 150 mètres... un véritable paysage lunaire !
Ce jour là, sur le plateau de Talencieux, Hiroshima n'avait jamais semblé si près...

Un des hangars de l'aérodrome, accueille depuis 1974 l'association Aéro-rétro qui a pour objectif la préservation et la remise en état de vol d'anciens aéronefs.
L'occasion, si c'est ouvert, d'admirer une bien belle collection d'avions.
Renseignements ici : http://www.aeroretro.fr

 


A la sortie du Creux de la Thine, sur le cliché satellite de 1969, on distingue bien une station service sur la droite.
On retrouve aujourd'hui les vestiges de l'ancienne piste de la station, rongée par la nature.

En route -

D'ici, il est facile de deviner où se situe la vallée du Rhône, le fleuve serpente au pieds de la chaîne de collines, qui s'étend sur notre droite.
Après le garage Renault et le relais routier de la Tour d'Albon, nous retrouvons une route nationale standard sur 2 voies alternées.


En 1976, dans un registre plutôt psychédélique et certes beaucoup moins glamour que le calendrier "Pirelli",
le relais routier de la Tour D'Albon fait la "une" du calendrier "Berliet". Image réactive.

Après avoir franchit le pont sur la rivière Le Bancel, voici "Bancel" le bourg.

Bancel km 0524

Après le hameau du Creux de la Thine, voici le second hameau appartenant à la commune d'Andancette.
Bancel est un hameau discret, pratiquement inconnu des aficionados de la RN7.
Vous me direz qu'il passe assez inaperçu !

C'est ici, plus exactement au niveau du pont, que l'on situe l'antique station Gallo-romaine de Figlinae, station équivalente à nos relais de poste, où le voyageur trouvait le gîte et le couvert lui permettant de passer la nuit.

N'oublions pas que nous sommes sur le tracé de la voie Agrippa.

Une borne milliaire fut même retrouvée dans les fondations du pont.
Elle est actuellement exposée au musée de Valence.

 

Pour voir de près la borne milliaire :

http://www.museedevalence.fr/fr/valentia-et-son-territoire/borne-milliaire-de-maximin-le-thrace


Mur peint pour les huiles Berliet. Image réactive.


Bancel et la nationale 7 vue en direction du Creux de la Thine, même emplacement que la photo ci-dessus.


A la sortie de Bancel, ce mur peint est aujourd'hui impossible à déchiffrer .

Le hameau de Champblain, aux maisons éparses le long de la nationale, a perdu son dernier commerce.


Ce n'est pas là que nous casserons la croûte ce midi, hélas ! Image réactive.


Jaugez là, Jugez là, l'huile Hafa (depuis 1953)


Sur ce cliché 2008, la maison tombe en ruine.
La baraque est aujourd'hui difficilement visible, mangée par la végétation... et la borne N7 a disparu.

Sur notre droite, en bordure du Rhône, on aperçoit des bâtiments, qui de loin, pourraient faire penser à une centrale Edf.

Il n'en est rien.
Il s'agit en fait de la papeterie Emin Leydier, un groupe industriel né de la fusion en 1975 de l'ancienne papeterie Leydier déjà implantée à St Vallier et de la cartonnerie Emin située à Oyonnax dans l'Ain.

Et voici un ouvrage SNCF pour le moins curieux. Un pont asymétrique, que les gens du coin appellent le Pont Biais.

Pour comprendre cet ouvrage datant de la fin des années 1950, il faut examiner les photos aériennes.

On s'aperçoit qu'avant 1957, le chemin de fer se présentait de biais par rapport à l'axe routier,
C'est la route nationale qui effectuait un petit décrochement juste avant le croisement, afin de passer le plus perpendiculairement possible sous les voies ferrées. (photo 1950)

Le nouveau pont construit en 1957-58, va permettre de conserver le tracé rectiligne de la route, sans pour autant modifier celui du chemin de fer, qui voit passer à l'époque le fameux train Mistral, qui intégrera en 1965 le réseau du Trans Europe Express.


Le Pont Biais, recto / verso.

Laveyron. Km 0527

Le rond point de la Croix des mailles date de la fin des années 1990.
Depuis 2014 une borne N7 géante décore le carrefour.
Elle nous indique le kilométrage restant jusqu'à Valence, Lyon, Paris, mais également Marseille, (alors que la nationale 7 ne passe pas par Marseille).


Rond-point de la Croix des Mailles, borne géante et au premier plan un étrange mécanisme sur socle de béton.

Toujours sur ce rond point, à proximité de la borne N7, trône un étrange mécanisme sur une chape de béton...
Quid de cette ferraille rouillée qui semble tout de même avoir son importance pour être exposée là ?

Il s'agit d'un ancien mécanisme retrouvé sur un pilier de pierre en bordure du Rhône, que l'on suppose être l'ancien dispositif du bac à traille de 1826.
Le bac permettait la traversée du fleuve dont le cours tumultueux, à l'époque, n'était pas encore maîtrisé par l'aménagement de digue ou de barrage.

Entre 1800 et 1840, on trouvait à Laveyron, un relais proposant des chevaux, mais ceux ci n'étaient pas destinés à la poste, ni même aux diligences, mais à la traction batelière.
Le nom du quartier de la Croix des Mailles, où nous nous trouvons actuellement, proviendrait de ce lieu en bordure du Rhône, où les bateaux tirés par les chevaux, se croisaient.
En terme de batellerie, la corde de halage se dit « Maille ».
On imagine donc ici le trafic de nombreux convois de bateaux remorqués par des chevaux de halage, se croisant pour changer de rives.

Le carrefour routier, n'a quant à lui pas résisté à l'appel du "rond-point" si cher à nos élus. Du coup le quartier s'en trouve profondément modifié.


Laveyron, vue en direction de Lyon. Image réactive.

En route -

Passons rapidement les quelques kilomètres qui nous séparent de St Vallier.
Une banlieue vouée à la zone industrielle coincée entre voies ferrées et Rhône, suite ininterrompue d'entrepôts, d'entreprises de transports, de hangars, de stations services , de "car-wash " et de fabriques moribondes.


La belle bâtisse des anciennes "tuileries mécaniques de la Drôme", construite en 1856.

Saint Vallier Km 0530

 

Flèches rouges le tracé actuel de la nationale 7, en bleu le tracé avant 1958.

Débutons par un petit peu d'Histoire :

Présente dès l'antiquité sur la via Agrippa, cette station romaine fut nommée Ursuli, en référence à des ours aperçus sur une colline environnante.
C'est au Moyen-Âge, que la ville prend le nom d'Orsolles, toujours en référence aux ours, pour ensuite devenir Saint Vallier en hommage à Saint Valère (aussi appelé Vallier), un des premiers évêques de Viviers, capitale du Vivarais et puissante cité épiscopale sur la rive droite du Rhône.

Au IXe siècle, la cité s’enferme dans des remparts dont il ne reste aujourd'hui que quelques traces.
Saint-Vallier est rattachée à la maison de Bourgogne jusqu'en 1270, avant d'être transférée par dot à la famille de Poitiers.

Au XVe siècle, les habitants négocient avec leur seigneur Aimar VI de Poitiers, le remplacement de la "taille" par un droit de villefranche.
C'est également au XVe siècle que fut construit le château de Diane de Poitiers. Bâtiment carré avec tours d’angle, plus tard entouré d’un parc dessiné par Le Nôtre.
Diane de Poitiers est née dans ce château en 1499.
Comtesse de Saint-Vallier, Duchesse de Valentinois, elle sera pendant plus de vingt ans la favorite d'Henri II, roi de France, et la dame de compagnie de sa rivale Catherine de Médicis.
A sa mort en 1566, c'est sa fille, Louise, qui hérite du Château.

Au XIXème siècle, s’installent à proximité des cours d’eau, les entreprises de moulinage et de tissage. La main d’œuvre est surtout constituée de femmes et d’enfants.
Au milieu du XIXème siècle, les activités industrielles augmentent. Le réseau ferroviaire se développe, donnant à Saint-Vallier un avantage d’accès.

A la fin du siècle, la modification des sources d’énergie (houille…) et la maladie du ver à soie entraînent la fermeture de plusieurs usines de soierie.
Au XXème siècle, avec la proximité du Rhône comme source d’énergie et voie fluviale, une nouvelle papeterie s’installe au nord de Saint-Vallier, ainsi qu’une usine de pièces détachées pour l’aviation.

Sources : wikipédia; https://www.saintvallier.fr

Le débarquement allié en Provence a lieu le 15 août 1944. Pour préparer l’avance des troupes et freiner le retrait des troupes allemandes, l’aviation américaine effectue de nombreux bombardements le long de la voie stratégique qu’est la vallée du Rhône. 
Le 16 août 1944, l’aviation américaine bombarde le sud de l’agglomération visant les ponts routiers enjambant la rivière La Galaure, détruisant un nombre important de maisons.
On relève près de 100 morts et de nombreux blessés.
C’est le quartier du Champ-de-Mars qui a été le plus touché par les bombes.
La photo est prise de la nationale 7 en direction de l'est.
Au fond, on aperçoit deux arches du viaduc du chemin de fer intact.
Le pont routier sur la Nationale 7 et le pont du chemin de fer, visés par le bombardement, n’ont pas été détruits.

http://museedelaresistanceenligne.org/index.php

Bon voilà pour ce court survol historique de St Vallier, qui bien entendu, n’exclut pas de votre part une visite plus approfondie de la cité.

En route -

L'avenue du Québec longe la voie ferrée, ancienne ligne Paris-Lyon-Marseille construite en 1850.
Encore quelques centaines de mètres et nous arrivons au rond-point, où nous retrouvons le Rhône et le pont de St Vallier.
C'est ici qu'il était d'usage, pour ceux ayant emprunté la route Bleue par St Etienne, de rejoindre la Nationale 7. (si vous n'aviez pas déjà rejoint la route par le pont d'Andance).
Ce pont contemporain, fut bâti en 1971, en remplacement de l'ancien pont suspendu de 1835 qui était situé un peu plus en aval et qui fut partiellement détruit en 1940 et 1944.


le pont suspendu détruit pendant la guerre.

L'ancien pont suspendu avait été construit selon des plans attribués à Marc SEGUIN.
Achevé et mis à la circulation en juin 1835, détruit en 1940 et 1944, il a vaillamment rempli son office jusqu'en 1970, année de son remplacement par un ouvrage moderne un peu plus au Nord.
En effet, la hauteur insuffisante du tablier de l'ancien pont ne permettait plus aux péniches de passer en toute sécurité après la montée du niveau du fleuve occasionnée par les aménagements de la C.N.R.
L'emplacement de l'ancienne travée du pont, côté Drôme, est situé square Charles GRENIER, dans l'avenue Jean JAURES à Saint-Vallier.

source : https://javise.net/vmhzyxjd

Au rond-point :

L'ancien tracé de la route nationale 7 passait sur la gauche, par l'avenue Jean Jaurès, et ce jusqu'en 1958.
Aujourd'hui à sens unique, dans notre sens de circulation, n'hésitons pas à l'emprunter, tout en nous rappelant que la circulation s'effectuait alors dans les deux sens.
Nous reviendrons ultérieurement sur ce second parcours post 1958.


Les rues Jaurès et Wilson conservent quelques commerces d'antan..

La rue Jean Jaurès est la rue commerçante de la ville.
S'y côtoient encore quelques commerces pour certains désuets bien dans le ton de la nationale 7 historique.
De l'ancienne mercerie aux bistros de quartier, de l'antique quincaillerie aux récents et branchés vendeurs de kebabs, la rue affiche malheureusement un franc déclin.

Après avoir parcouru une cinquantaine de mètres environ, une trouée entre les maisons nous permet d'apercevoir le Rhône.
Nous sommes ici à l'endroit même où débouchait l'ancien pont suspendu, jusque vers les années 1970.
En venant de Sarras et de la route Bleue, les vacanciers désireux de rejoindre la nationale 7, traversaient le pont et effectuaient un virage à 90° pour gagner la rue Jean Jaurès.
Imaginons les ralentissements que cette jonction devait engranger.


L' ancien pont aux lattes de bois, débouchait rue Jean Jaurès.

Signe des temps modernes, à proximité de la place Aristide Briand, le vieil hôtel des Voyageurs, institution du début du siècle dernier, a définitivement fermé ses portes en 2002, promis à une destruction certaine par la municipalité.


La Place Aristide Briand, la rue Jean Jaurès, et l'hôtel des Voyageurs.

Sur la place, si vous levez les yeux, vous apercevrez la plaque Michelin indiquant la direction à suivre vers Valence ou Tain l'Hermitage.
Preuve que la nationale7 passait bien par ici.
Suivons la flèche et empruntons la très étroite rue du président Wilson, qui comme la rue Jaurès tente de maintenir un tant soit peu l'attractivité du centre-ville.


La place Aristide Briand. Juin 2016, Photo Claude.K

Cette plaque émaillée fut sans doute apposée vers 1927 suite aux délibérations du conseil municipal.

Délibérations du Conseil Municipal du 17 novembre 1926 :

"Sur proposition de M. FRACHON, premier adjoint, le Conseil Municipal décide :
Comme suite à une lettre en date du 17 novembre 1926 du Chef de Service de la signalisation des routes du Touring Club de France,
de demander à celui-ci un certain nombre de plaques indicatrices à installer en des emplacements qui seront désignés par la commission."

Source et extraits : https://javise.net/vmhzyxjd/


La rue Wilson .. bien avant et bien après. Image réactive

La rue du président Wilson débouche sur le pont de pierre sur la Galaure.


Le pont de pierre sur la Galaure, au débouché de la rue Wilson. Image réactive.

Construit près de l'embouchure de la rivière Galaure, le pont de pierre fut édifié entre l'hiver 1810 et l'hiver 1811.
Renforcé en 1893 par une armature métallique pour le passage du tramway, le pont de pierre reprit son autonomie en 1902 après l'adjonction à ses côtés d'une passerelle métallique supportant les rails de la ligne de tramway.

Résistant à la crue de l'hiver 1937 qui endommagea sévèrement les berges de la rivière et sonna le glas pour la passerelle métallique du tramway, il échappa de justesse aux bombes américaines du 16 août 1944 qui visaient le viaduc ferroviaire et ne fut que légèrement endommagé par des explosifs lors de la retraite allemande, à la fin du mois.

Une grande longueur du parapet en pierre fut remplacée par une rambarde métallique dans les années 1960, pour élargir la route.
Ses 3 arches de 13 m sont presque noyées depuis 1970, les travaux d'aménagement de la C.N.R. ayant entraîné une montée du niveau du Rhône de plus de 4 m.

Restauré en 1993, ce pont bi-centenaire continue de remplir son office, malgré les colères occasionnelles de la Galaure comme en 2008.

Un second pont sur la Galaure sera construit en 1958 et à partir de cette année là,  la N7 passera par les quais du Rhône et sur ce second pont.

Source et extraits : https://javise.net/vmhzyxjd/

 

A gauche cliché IGN 1950. Seul le pont de pierre permet à la route de regagner l'autre rive de la Galaure, affluent du Rhône
Ci-dessus cliché IGN 1961. Le second pont est construit depuis 1958, la nationale 7 est détournée vers la rive du Rhône et l'embouchure de la Galaure.

L'avenue Désiré Valette, maire de la commune entre 1912 et 1941, nous entraîne sur le parvis de la salle de spectacle du même nom, à la façade classée "art déco".
Ouverte au public en 1934, la salle résiste au bombardement du 16 août 1944, à l'exception des vitraux de la façade principale, de la porte d'entrée et de la verrière sur le toit.

Rénovée après-guerre, la salle est toujours équipée de son plancher inclinable en bois d'origine, de type "Eiffel", et continue d'accueillir encore aujourd'hui de nombreux spectacles.

Source et extrait : https://javise.net/vmhzyxjd/


Aujourd'hui un Parvis , hier un simple perron. Image réactive.

Au niveau de la croix de mission sur notre gauche, on gagne l’avenue Eugène Buissonnet, beaucoup plus large. Nous sommes dans les faubourgs de sortie de ville.


La croix de mission érigée en 1847, marque l'ancienne limite sud de la ville.

A gauche la carte actuelle et les 2 tracés. A droite une carte de 1950 et la route historique.
Les flèches noires indiquent le sens de circulation actuel.

On quitte St Vallier au niveau du garage Peugeot.
Pour rejoindre la nationale 7 actuelle, il suffit de suivre les panneaux en direction de Valence qui nous mèneront rapidement sur la 4 voies.
Pour les puristes qui souhaiteraient suivre l'ancien tracé jusqu'au bout, sachez qu' un sens interdit (dans le sens nord-sud) vous empêchera d'aller plus loin, sinon de vous perdre au milieu d'une petite zone industrielle, singulière façon de quitter St Vallier.


Une sigulière façon de quitter St Vallier.

Avant de quitter définitivement St Vallier, intéressons nous maintenant au second tracé. Celui des années 1960.
Retour donc, au rond-point de départ.

En Route -

Cette fois-ci empruntons la rive droite du Rhône.
La vue sur le fleuve est majestueuse. En face sur l'autre rive, c'est le département de l'Ardèche.

Nous passons cette fois-ci devant l'ancienne pile du vieux pont suspendu, dont il ne reste qu'un mur, sur la gauche.


Sur la gauche, le dernier pilier du pont suspendu.

La balade est vraiment agréable, presque inchangée depuis les années 1960.


Une vue en direction de Lyon en 1960. On aperçoit au fond le pont suspendu sur le Rhône. Il sera remplacé en 1972.


Gageons que ce garage était déjà là dans les années soixante. Image réactive.

Après le pont sur l'embouchure de la Galaure, qui double l'ancien pont de pierre depuis 1958, on quitte l'agglomération de St Vallier, au niveau d'une ancienne bâtisse de pierre.

Il s'agit ici des ateliers des anciennes Filatures de vers à soie Baboin, construits en 1861.


A la sortie de St Vallier, les anciennes filatures Baboin de 1861.

On récupère la jonction des deux tracés, aux abords de la zone industrielle.


La suite de l'étape


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Rendez-Vous Nationale 7 @2017