Traversée de Lyon troisième Tracé

de 1973 à 1984

Distance à parcourir : 8.5 km

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Lyon Ouest : On suivra le tracé vert.

Nous l'avons vu avec les tracés précedents, les possibilités de traverser la ville de Lyon sont, somme toute, assez restreintes.
Au nord, le quartier de Vaise propose une sortie d'agglomération vers le Bourbonnais (N7) vers la Bourgogne (N6) ou vers Bordeaux (N89), au sud le quartier de la Guillotière offre le choix entre les Alpes (N6) ou la Méditerranée (N7).
La difficulté reste de relier le quartier de Vaise à celui de la Guillotière, en conservant un trafic urbain le plus fluide possible. Gageure ?

C'est ce que va tenter de résoudre le troisième itinéraire proposé officiellement dès 1973, mais dans la pratique déjà utilisé par bon nombre d'usagers, bien avant cette année là.
En dirigeant l'important trafic routier venant de Vaise vers le tunnel de la Croix Rousse inauguré en 1958, le parcours devrait ainsi désengorger la circulation des quais de Saône encombrés, et mener le trafic des routes nationales 6 et 7 directement sur la rive droite du Rhône.

Du coup l'itinéraire précédent est déclassé et réaffecté en D407. ( voir second tracé)

Sources et extraits :

La circulation routière dans l'agglomération Lyonnaise.
La circulation routières aux abords de Lyon.
Wiki-sara.

Comme pour les tracés précédents, le départ débute à Tassin la Demi Lune : Place Pierre Auboin, rond-point de l'horloge, qui pour le coup commence à nous devenir familière.


Place de L'horloge.

Ce troisième itinéraire reprend, dans sa première partie, l'intégralité du tracé initial (1790 1957) : allant de Tassin la Demi Lune, jusqu'au quartier de Vaise : place Valmy / Pyramide.
Je vous renvoie vers la description de ce secteur déja parcouru lors du premier itinéraire.


En vert, le 3e tracé reprend l'intégralité du tracé initial jusqu'à la place Valmy.


Place Valmy / Pyramide.

Revoici donc la place Valmy, ex place de la Pyramide dans le quartier de Lyon/Vaise. C'est là que le nouveau tracé de 1973 intervient.
Au lieu de bifurquer à droite par la Grande Rue de Vaise (1er tracé), continuons tout droit rue Marietton, jusqu'à rejoindre la Saône que nous franchissons sur le pont Georges Clemenceau.


Le Pont Clémenceau sur la Saône.

Pont Clemenceau : Ce pont récent construit en 1952, remplace l'ancien pont Mouton, détruit partiellement en 1944 par les Allemands, reconstruit en 1946 mais démoli une nouvelle fois en 1952 lors du percement du tunnel de la Croix Rousse.

Il a été conçu dans l'alignement du Tunnel de la Croix Rousse et de la rue Marietton, et non perpendiculairement à la Saône comme tous les autres ponts de Lyon.
A l'origine il devait servir de pont autoroutier, et devait recevoir un niveau supérieur ce qui explique la largeur des piles permettant d'y apposer les supports du tablier supplémentaire.
Sur l'autre rive, après l'avenue Birmingham, voici l'entrée du Tunnel de la Croix Rousse.


Entrée / sortie côté Saône, du Tunnel de la Croix Rousse. Image réactive.

Tunnel de la Croix Rousse : inauguré par Edouard Herriot le 19 avril 1952, le tunnel répond à un besoin important de la ville de Lyon de désengorger le secteur Terreaux - Bellecour, point de convergence de pas moins de douze routes nationales.
D'une longueur de 1 750 m , creusé à 80 m de profondeur sous le plateau de la Croix-Rousse, il met en relation les quais des bords du Rhône à ceux des bords de la Saône.


Tunnel de la Croix Rousse 1963,
Cliché G.Vernard, bibliothèque de Lyon

En 2009, débute le percement d'un tube supplémentaire destiné à accueillir "les modes doux" (cyclistes, piétons et transports en commun).
En 2012 le tube initial subit une restauration et une remise au norme qui durera 10 mois.
Les deux tubes sont finalement ouverts en 2013.


1952, construction du Tunnel de la Croix Rousse, côté Rhône.
Cliché Bibliothèque de Lyon

Pour en savoir plus :

http://www.archives-lyon.fr/archives/sections/fr/histoire_de_lyon/les_edifices3576/edifices/le_tunnel_de_la_croi/
https://fr.wikipedia.org/wiki/Tunnels_de_la_Croix-Rousse


Court reportage vidéo sur l'inauguration du tunnel. Cliquez sur l'image.

Attention dès la sortie du tunnel, il s'agit de prendre immédiatement à droite sans traverser le Rhône.
Du coup vous ne pourrez pas admirer, derrière vous, le beau point de vue sur la colline de la Croix Rousse.


A la sortie du tunnel, prendre imédiatement à droite.


La tête de tunnel de la Croix Rousse, côté Rhône.

Nous voici le long des quais sur la rive droite du Rhône.

Quai André Lassagne, anciennement quai St Clair :

Ce quai et ces façades ont fait l'admiration de tous les voyageurs.
Connu pour être le quai le plus beau d'Europe jusqu'au milieu du 20e siècle, trois réaménagements urbains viendront lui retirer une partie de sa grandeur et la quasi-totalité de son agrément de promenade.
Pendant l'entre-deux guerres, une partie de la foire de Lyon s'y tenait sous la forme de petits chalets de bois répartis le long du quai.


Le quai St Clair, la promenade de Lyon. Image réactive.

La Foire de Lyon, disparue depuis la fin du Moyen Âge, renaît de ses cendres alors que l'Europe est plongée en plein cur de la Première Guerre mondiale.
En 1916, le projet de relancer la Foire de Lyon, né de la volonté de concurrencer la Foire de Leipzig.
Une initiative portée par Édouard Hérriot, alors tout jeune Maire de la ville.
Jusqu'en 1920, la Foire ne dispose pas d'un bâtiment qui lui soit dévolu.
Les locaux municipaux l'accueillent d'abord, puis des chalets de bois lui sont destinés sur les grandes places, les cours, et les quais de la ville.

http://www.foiredelyon.com/


Foire de Lyon quai St Clair en 1916.

Quai jean Moulin :

Nous voici quai Jean Moulin, anciennement quai de Retz, d'où l'on aperçoit l'actuel Opéra de Lyon construit par Jean Nouvel.
Tout d'abord simple chemin le long du Rhône, le quai fut créé en 1740 à l'initiative du Duc de Retz.
Le prestigieux quai de Retz, qui hébergea longtemps les maisons de soieries, constituait une agréable promenade le long du Rhône de plus de 10 mètres de large, agrémentée de trottoirs et d'une chaussée bordée d'arbres.

En 1947 le quai prendra le nom du préfet de la République et du résistant Jean Moulin.

http://lesruesdelyon.hautetfort.com/tag/quai+jean+moulin

Dans les années 1960, priorité est donnée à la circulation automobile.
De grands aménagements urbains sont entrepris.
Faute de place, un élargissement de la voirie est pratiqué réduisant d'autant la largeur du fleuve.
Pour ce qui est du stationnement automobile, des places de parkings sont créées sur les quais, souvent à l'emplacement des anciennes promenades dont les arbres sont sacrifiés sur l'autel de la bonne cause.
Avec l'élargissement et les réaménagements successifs du quai, l'ancienne promenade à presque disparu et le quai a aujourd'hui perdu tout son charme.

http://blogs.grandlyon.com/developpementdurable/files/2013/02/Rénovation-des-quais-du-Rhône-1.-historique.pdf

On remarquera tout de même de belles façades, notamment l'immeuble des soieries Rosset au n° 9 ou encore l'enseigne au Louis d'or au n° 14

https://fr.wikipedia.org/wiki/Quai_Jean-Moulin

Dans la continuité architecturale des quais précédents, le quai Jules Courmont nous amène jusqu'au pont de la Guillotière, après avoir longé les 250 mètres de façade de l'hôtel Dieu, premier hôpital lyonnais, dont la présence est attesté depuis 1184.
Les bâtiments actuels qui longent le Rhône sont construits de 1741 à 1761 sur les plans de Soufflot.
Le grand dôme est achevé en 1764.


Quai Jules Courmont, ex quai de l'Hôpital, vu de la rive gauche du Rhône.

C'est ici que furent réalisées en 1896 les toutes premières radiographie par le docteur Etienne Destot juste après la découverte des Rayons X par le physicien allemand Wilhelm Röntgen.
L'hôpital devient en 1923 le second centre anticancéreux français.

C'est également en ces murs qu'au XIXe siècle eurent lieu les premiers essais de transplantation d'organes, mais hélas sans succès.

L'hôtel Dieu, fermé puis désaffecté depuis 2010, devrait être transformé partiellement en hôtel de luxe, et héberger également des activités tertiaires à l'horizon 2017.

Allez, on reste sur les extérieurs, de façon à franchir le pont sur notre gauche.


Reconnaissez -vous le lieu ? Nous sommes déjà passé ici lors de la visite du tout premier tracé.
(voir la description du tracé initial)

A droite : la rue de la Barre et à gauche le pont de la Guillotière.

Notre trajet post 1973 est pour ainsi dire bouclé, puisque pour gagner la route de Vienne, il suffit de continuer sur les traces du premier tracé, par les étroites rue de la Guillotière, ou plus aisément rejoindre le second tracé par la rue de Marseille puis l'avenue Berthelot (voir le second tracé).

Au fil des décennies, avec la multiplication des parcours proposés par les municipalités successives pour leur traversée de Lyon, l'automobiliste ne se restreignait plus à un seul et unique itinéraire, mais composait son propre transit en exploitant au mieux les nombreuses possibilités offertes.

En témoigne, par exemple, cette alternative au troisième tracé :


Alternative au 3e tracé (vert), le tracé blanc.

Au sortir du Tunnel de la Croix Rousse, plutôt que de passer rive droite, on franchit le Rhône par le pont "De Lattre de Tassigny", pont jumeau du pont Clémenceau, pour suivre les quais de la rive gauche du Rhône, tout en enfilade d'hôtels particuliers, de promenades, d'alignement de façades XIXe, de larges chaussées arborées, d'ornementations, de bâtiments austères, de squares agrémentés de bancs et de statues...

Il en sera ainsi des quais de Serbie, du Général Sarrail, de Victor Augagneur, qui croise le premier tracé venant du pont de La Guillotière, poursuivant par le quai Claude Bernard qui circule entre la piscine du Rhône et les bâtiments de l'université de Lyon 2 (lettres et les sciences économiques) et Lyon 3 (droit, sciences politiques, économie et langues), jusqu'au pont Gallieni, où nous retrouvons le second tracé et l'avenue Berthelot à gauche.


Les nouveaux bassins nautiques du quai Claude Bernard.

L' avenue Berthelot que l'on peut parcourir jusqu'à prendre à droite les directions de Moulin à Vent et Grand Trou par la peu engageante rue Paul Duvivier, qui nous mènera enfin Route de Vienne, point de jonction de toutes les traversées de Lyon de 1790 à 1984.


La morne rue Duvivier, une solution alternative à l'avenue Berthelot,
mais, à la nuit tombée, une rue digne d'un polar noir des années 1950.

Fin du tracé initial 1973 à 1984