ETAPE 10 : de Montcourant à Chonas l'Amballan de 0454 à 0500 km de Paris.

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← St Fons - Feyzin

Saint Fons Km 0471

Ne cherchez pas un rapport avec un quelconque Saint religieux... il n'existe pas de "Saint Fons" à Saint Fons.

Plusieurs versions sur l'origine du nom coexistent, mais l'on s'accorde à penser que la toponymie proviendrait du latin "Centum Fontibus", autrement dit les "cent sources" en rapport avec la nature hydro-géologique du sol.

Simple voie entre Vienne et Lyon dans l'antiquité, on y construit un relais de poste au XVe siècle.
A partir du XVIIe siècle, un moulin et quelques guinguettes viennent s'ajouter au paysage bucolique, composé principalement de coteaux et de vignes surplombant le fleuve.

La vie des quelques habitants tourne également autour des activités fluviales liées à la proximité du Rhône.
Au début des années 1800, Saint-Fons n'est qu'un hameau de Vénissieux composé d'un relais de poste aux chevaux et de quelques habitations.

Les habitants développent des activités artisanales (réparations de bateaux, tuileries, fabriques de colorants, etc.) qui serviront de base à l'industrialisation future de la région.
En 1852, la ville de Lyon souhaite éloigner les industries polluantes de son centre- ville et recule les limites du département du Rhône jusqu'à Vénissieux .
La famille Perret développe une production d'acide sulfurique et démarre la construction d'une usine en 1853 au lieu dit "Sans Fond" .
La proximité de Lyon, la présence du Rhône et l'arrivée de la voie de chemin de fer en 1855 confortent le choix de l'implantation dans le hameau.

Saint-Fons prend petit à petit la physionomie d'une petite ville ouvrière à partir de 1860.
La population ouvrière et urbaine du hameau n'a plus grand-chose en commun avec la population rurale du bourg de Vénissieux.
L'industrialisation croissante et l'urbanisation (3000 habitants dans les années 1870) transforment le petit hameau champêtre qu'était Saint-Fons.
L'idée d'en faire une commune autonome germe chez de nombreux notables.

C'est le 21 mars 1888, que le Sénat vote un projet de loi déposé à la Chambre des députés en juin 1887, érigeant Saint-Fons en commune autonome.

Sources : wikipédia + http://www.saint-fons.fr/


Avenue Jean Jaures. Avant / après. Image réactive.

En route –

On pensera ce que l'on voudra, mais ici, la mixité sociale est de mise et à présent beaucoup d'anciens commerces font la part belle aux commerces ethniques et autres cuisines du monde.
Le kebab, selon une enquête récente, n'est-il pas le sandwich le plus apprécié des Français ?

A l'approche du carrefour des 4 chemins, la rue se fait plus vivante, étonnamment provinciale avec quelques vieux commerces et cafés de quartier qui ont bien traversés les âges.
Tant mieux.


Le Bar - Brasserie du Centre. C'est tête en l'air que l'on redécouvre l'histoire de la route.
Carrefour des 4 chemins. Remarquez l'orthographe de St Fonds avec le D et le S. Image réactive.


Le Café du Centre au carrefour des 4 chemins.

Un coup d'œil sur la droite pour entrevoir en bout de rue le fameux château d'eau, emblème de la ville.


Avenue Gabriel Peri, anciennement Route Nationale 7. Avant / après. Image réactive.


Ambiance de quartier vintage rue Gabriel Peri. Photo urbalyon


On poursuit tout droit par l'avenue Gabriel Péri qui débouche sur la montée des clochettes.
D'ici viendrait peut-être la seconde hypothèse du nom de la ville et de la déformation du lieu dit "Sans Fond" situé au pied de cette colline truffée de galeries, vestiges des anciennes carrières de pierre connues depuis l'antiquité déjà.


Arrivée devant le monument aux morts, la route nationale tounait à gauche et
empruntait, la montée des clochettes. Image réactive.

Depuis l'inauguration de l'A7 en 1965, l'intense circulation qui caractérisait la route nationale 7 s'est détournée vers l'autoroute du Soleil. En 2005, elle a même été rétrogradée de RN 7 en route départementale, la RD 307.

Un mythe s'est effacé, symbole de Provence, promesse de vacances, que Charles Trenet chantait tout guilleret : « Nationale 7, il faut la prendre qu'on aille à Rome, à Sète ; à 2 à 3 ou même, à 7 ; c'est une route qui fait recette ». Quel rapport avec notre ville ? C'est que la « plus belle route de France », et aussi la plus importante puisqu'elle reliait Paris à Marseille et à la Méditerranée, a voyagé dans le passé vénissian pendant plus de 2000 ans.

Durant l'Antiquité, elle fut une voie romaine. Tantôt dallée, tantôt cailloutée, elle courait en ligne droite de Vienne à Lugdunum. Contrairement à l'autoroute actuelle, les Romains l'avaient tracée loin des rives du Rhône afin de couper au plus court. Le passage sur les crêtes des collines plutôt qu'en fond de vallée leur permettait aussi de voir arriver au loin un éventuel ennemi. Pendant des siècles, des flots de marchands et de simples passants, les soldats des légions impériales et les empereurs eux-mêmes en foulèrent la chaussée.

Après la chute de l'empire romain, la voie de Lyon à Vienne se dégrade inexorablement, au point qu'au Moyen-Age, la plupart des voyageurs préfèrent embarquer sur les bateaux du Rhône au lieu de risquer leur vie sur un itinéraire qui n'a plus de route que le nom.

Au début du règne de Louis XIV, en 1664 précisément, le pape envoie son neveu le cardinal Chigi en ambassade auprès du roi de France. Un personnage d'une telle importance méritant tous les égards, le roi ordonne que la route reliant Avignon à Paris soit réparée d'urgence.

Le tronçon entre Lyon et Vienne donne du fil à retordre au responsable des travaux, le « grand voyer en Dauphiné ». Planter des traverses en bois pour arrêter les éboulements, « rompre les grosses pierres qui embarrassent le passage », reboucher les nids de poules et « secher le mieux que faire ce pourra ledict chemain » mobilise longuement les riverains.

En 1710 le travail est à refaire, « le chemin étant devenu impraticable » et même transformé en mare à canards car enfoui « presque partout beaucoup plus profond que les terres labourables ». La « montée de Saint-Fond après la poste en venant de Lyon », à l'emplacement de l'actuel boulevard Yves Farge, s'avère notamment si étroite et dans un tel état qu'on préfère la convertir en fossé d'écoulement des eaux et construire une nouvelle chaussée à côté.

Ce mauvais état digne d'une piste de la forêt amazonienne oblige à emprunter des moyens de transport un peu particuliers. Depuis le 16e et au début du 17e siècle, les routes royales sont équipées de relais. L'un d'eux se situe à « la poste de Saint-Fons » et l'étape suivante à Saint-Symphorien-d'Ozon. Mais là, au lieu de chevaux, on vous propose d'autres animaux mieux adaptés à l'obstacle…

Le décor change radicalement sous le règne de Louis XV. La création des ingénieurs des Ponts et Chaussées puis de la corvée royale pour effectuer les travaux à des prix imbattables – les paysans besognant gratuitement -, permet de quadriller la France d'un réseau impeccable. La section vénissiane de la « grande route de Lyon en Provence » est ainsi réaménagée à partir de 1743, puis régulièrement entretenue par les habitants du village et des communes voisines. Le transport des marchandises et des personnes s'accélère et atteint une ampleur inédite.

Alain Belmont. Archives de l'Isère.
Extrait du site : http://www.expressions-venissieux.fr/2011-09-03-la-route-nationale-7-2000-ans-dhistoire/


Vu dans la montée des clochettes.


La montée des Clochettes, boulevard Yves Farge. Vue générale sur St Fons vers les années 1950.
A gauche les HLM sont toujours présentes. Remarquez la publicité pour la plus grande station service d'Europe.
Il s'agit de la concession Citroën rue de Marseille à Lyon.

En route -

En cours de montée, sur notre droite, un bloc de Calcaire s'expose en bordure de route.
Il s'agit du Bloc erratique de Saint-Fons. Une raison de plus pour s'instruire le long de la nationale.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bloc_erratique_de_Saint-Fons


Comment , comment ? La fonte des glaciers daterait du crétacé ? et la COP 21 qui affirmait que ça venait de la pollution actuelle...
Levons le pied, roulons mons vite et si possible en voiture électrique, ça devrait réduire les gaz à effet de serre et peut-être qu'un de ces jours,
un nouveau glacier descendra dans la vallée pour reprendre ce bloc déposé sur le bord de la nationale 7 un beau jour du crétacé...


Nous roulons actuellement sur le plateau des Minguettes.
La cité du même nom, qui défraye régulièrement la chronique des faits divers, se situe plus haut sur notre gauche.
On en aperçoit quelques tours lors de la descente.
St Fons prend fin à l'approche du BUS, le Boulevard Urbain Sud, que l'on ne tarde pas à franchir pour arriver à Feysin.


Dans la descente vers Feyzin.

Feyzin Km 0474

http://www.ville-feyzin.fr
http://feyzin.passe-simple.over-blog.com/article-26114466.html

Feyzin vient du latin : fascis signifiant en français : fagot. Ce qui indique que la commune en des temps reculés, était avant tout une commune agricole.
Cette seigneurie dépendante en partie du comté de Savoie, restera une enclave savoyarde en Dauphiné, jusqu'en 1355.

Six cents ans plus tard... C'est pas qu'il ne se soit rien passé à Feyzin en 600 ans.... mais à cette allure là, nous ne sommes pas rendus à Menton.

Après la seconde guerre mondiale, l'explosion démographique de la région lyonnaise provoque un essor rapide de la commune qui cependant, avec sa zone industrielle et sa raffinerie, évite de devenir une ville dortoir à la périphérie de Lyon comme bien d'autres cités.

Initialement rattachée au département de l'Isère et au canton de Saint-Symphorien-d'Ozon, la commune de Feyzin est transférée au département du Rhône le 29 décembre 1967.
Cette décision fait suite à l'explosion du 4 janvier 1966 de la raffinerie de Feyzin, qui avait fait 18 morts et une centaine de blessés et à la difficulté d'organisation des autorités qui dépendaient à l'époque de Grenoble, préfecture de l'Isère, et non de Lyon pourtant beaucoup plus proche.


La catastrophe de Feyzin

La catastrophe.. quelques mots :
La catastrophe de Feyzin le 4 janvier 1966, est considérée comme l'une des premières catastrophes industrielles.
La mauvaise gestion du sinistre était en partie due au fait que les pompiers de Feyzin, ville située en Isère, étaient beaucoup moins bien équipés que ceux de Lyon.
De plus, les pompiers du département du Rhône n'étant administrativement pas autorisés à intervenir sur le site, il s'ensuivit de nombreux dysfonctionnement dans la chaîne de commandement.

Cette catastrophe, contribuera, entre autres, au transfert de la commune de Feyzin vers le département du Rhône.
Le 31 décembre 1967, 23 communes de l'Isère, intègrent le département du Rhône en vue de la création de la future Communauté Urbaine de Lyon inaugurée en 1969.
C'est le cas de la commune de Feyzin, qui se situe à l'époque à la limite nord du département de l'Isère.


La borne limite des départements du Rhône et de l'Isère. Photos Claude.K 2017


Vue aérienne situant l'emplacement de la borne limite de département. Cliché IGN.

Sur la route nationale 7, l'imposante borne limite de département (presque 2 m de haut) qui marquait la frontière entre St Fons et Feyzin n'a plus lieu d'être et disparaît, suite au rattachement départemental de la commune.
La borne fut heureusement sauvegardée, elle coule aujourd'hui des jours heureux.... non loin de la nationale 7.... mais ceci est une autre histoire.

Remerciements à Claude.K pour ses recherches, ses découvertes et ses photos.

En route -

Les habitués de l'autoroute A7 connaissent surtout de Feyzin : sa raffinerie, ses usines pétrochimiques et ses cuves de carburants qui bordent l'autoroute du Soleil le long du Rhône.

Rien à voir avec le Feyzin que traverse l'ancienne nationale 7, aujourd'hui D307.
Un petit village propret, aux haies bien taillées, aux alignement d'arbres impeccables, qui respire la quiétude, à cent lieues de l'effervescence qui règne en bordure de fleuve.

Après avoir gravi la petite côte au milieu d'une zone pavillonnaire, nous voici rapidement quartier de la Bégude, en provençal : "le quartier où l'on boit", centre du village avec ses maisons en pisé, mélange de glaise et d'argile caractéristiques de la région.

Hélas, le paysage bouge et le village perd de son authenticité à coup de programmes immobiliers pas toujours en phase avec l'âme du bourg.


Quartier : La bégude, au sommet de la côte. Image réactive.


Feyzin, quartier La Bégude, destruction du mur qui supporta la plaque Michelin durant tant d'années.
Plaque aujourd'hui disparue.


Vieille maison en Pisé.


Feyzin, entrée sud du village, comme un petit air de village provençal. Image réactive.

La route de Vienne redescend ensuite, bordée de chaque côté par une piste cyclable. Ce qui ne fut hélas pas toujours le cas.

Fait divers.

Feyzin, le 21 octobre 1939 15 h00,

Un cycliste, père de 3 enfants, perd la vie sur la RN7, renversé par un chauffard ayant poursuivi sa route sans même s'arrêter.

Arrêté lors d'un barrage de gendarmerie à Loriot dans la Drôme, le chauffard présumé (comme on dirait aujourd'hui) déclara qu'il venait de la route de Saint-Étienne et n'était, par conséquent, pas passé par Feyzin. Il donna en outre quelques explications fantaisistes quant à la carrosserie endommagée de son véhicule.

C'est à Avignon, que le chauffeur, sans doute pris de remords, décida de se rendre au commissariat afin d'avouer son crime.
Ce chauffard n'était autre que l'acteur de cinéma Raimu.

Jugé pour homicide par imprudence, Raimu fut condamné à 2 mois de prison avec sursis, 3000 francs d'amende et s'engagea à payer à chacun des trois enfants de la victime, une rente de 3.000 francs jusqu'à l'âge de leur dix-huit ans.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Raimu

En route –

Encore quelques descentes et montées, puis nous retrouvons la pleine campagne, premier paysage champêtre que l'on avait plus rencontré depuis.... bien avant Lyon.


Après Feyzin, c'est la campagne on vous dit.



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Rendez-Vous Nationale 7 @2016-2017