ETAPE 8 : de St Martin D'Estréaux (350 km) à St Symphorien de Lay (400 km).

3/3

- Le Coteau - [Parigny] - L'Hôpital sur Rhins - Neaux - St Symphorien de Lay. [fin de l'étape]

 

Le Coteau km 0383

Longtemps simple hameau dépendant de la paroisse de Parigny (entre le Forez et le Beaujolais), Le Coteau doit son nom à sa situation élevée au dessus des balmes bordant le fleuve Loire.

A l'époque gallo-romaine, un premier hameau voit le jour à Varenne, en bord de Loire, du fait de la présence d'un gué sur le chemin de Paris en direction du sud. La bourgade se développe à partir du XVème siècle grâce au trafic fluvial et routier.

En 1755, un vaste programme de voirie eut lieu sur le plan national : la grande route royale de Paris à Lyon (future Nationale 7) est ouverte.
Cette voie va changer l'aspect du Coteau avec l'implantation de commerces et d'auberges.

Le véritable essor de la ville se fera après la vente du domaine de Rhins (en 1886) qui enserrait alors Le Coteau de toutes parts, permettant ainsi son urbanisation.

Source : http://www.mairie-lecoteau.fr/

 


Après le pont, la N7 s'élance rectiligne à perte de vue.

En route –

Pour rester sur le tracé historique de la N7-Route Bleue il faut bien entendu tenir sa droite et emprunter l'Avenue de la Libération, ancienne Rue Nationale.

La rue s'étend sur pratiquement trois kilomètres et demi de ligne parfaitement droite.
Faubourg commerçant et populaire dans son premier tiers, elle devient plus résidentielle en seconde partie, pour finalement se donner un faux air de campagne - entre deux zones commerciales- dans son dernier tiers.

Même point de vue pour ces deux clichés pris à l'entrée de l'avenue de la Libération, ex- rue Nationale.

Même point de vue, deux époques : La partie plus résidentielle de l'avenue de la Libération.


Le même point de vue de l'avenue de la libération - route de Lyon. Image réactive.
seuls points communs : la voie ferrée, la maison à droite et les tombes du cimetière que l'on aperçoit au fond à droite.

Nous l'avons vu, depuis 1997 une rocade permet d'éviter Roanne et Le Coteau.
Avant 1997, le trafic transitait donc par l'avenue de la Libération barrée en son milieu par le seul passage à niveau du département.
Comme la plupart des passages à niveau, celui-ci était gardé par un garde-barrière qui n'hésitait pas à interrompre la circulation pendant plusieurs longues minutes lors du passage des trains express.
Si les automobilistes respectaient à contre coeur la fermeture des barrières, ce n'était pas toujours le cas de certains piètons ou cyclistes indisciplinés, qui franchissaient la voie ferrée en toute impunité.

La course vélo Paris-Nice passait ici et l'arrêt du peloton, lors de la fermeture des barrières, donnait lieu à d'incroyables scènes de passage en force, au grand dam d'un gardien dépassé par les évènements.

Quelques photos incroyables qui illustrent la pratique du passage en force : http://www.lequipe.fr/premium/diaporama/Train-et-velo-les-liaisons-dangereuses/46126


Exemple de passage en force lors du Paris Nice le 12 mars 1974 à Montrond les Bains.


Dans son dernier tiers, l'avenue de la Libération retrouve un petit air de nationale 7.

Le Coteau prend fin au niveau de la concession Citroën. Dans un même élan, nous longeons maintenant la N7, la D207, et la voie ferrée.

Sur la droite, la ruine d'une Station Service Total, bien connue des amateurs de la Route Bleue fermée depuis 35 ans.
En partie mangée par la végétation, le totem semble être celui d'une station Ozo, marque de distribution rachetée par Total au début des années 1960.

Un temps, il fut question d'un projet de réhabilitation pour la petite station... projet peut-être avorté devant les normes draconiennes de sécurité et de dépollution du site ? Qui sait ?

Aux dernières nouvelles (début 2015) une bande d'affreux jojo motards, blousons noirs terrorisant toutes la région, envisage de faire revivre la station pour en faire le siège de leur association.
A la déclaration de cette annonce, une vive inquiétude s'est emparée de la population qui n'a pas hésité à interpeller la mairie.
Mais contrairement à ce qu'ils imaginaient, il ne s'agissait pas de réhabiliter la station service de leur quartier si tranquille, mais bien celle désaffectée se situant à la sortie du Côteau...ouf.

Plus sérieusement, le projet des motards du Club Seven Motor Corporate est génial. Souhaitons leurs de réussir... source : Le pays.fr mars 2015.


Une ancienne station OZO puis Total.


Fantôme de la route. (Photo ??)

Peu après l'échangeur, la très longue avenue de la Libération prend fin et fusionne avec la D207 qui retrouve là son tracé historique.

Quelques magasins de bricolage, quelques entrepôts de meubles, c'est tout ce que nous apercevront de la commune de Parigny ou plus précisément de son hameau "Le bas de Rhins".
Le Rhins, dont nous longeons la petite vallée parallèlement à la voie ferrée sur la gauche.

En 1789, PARIGNY, paroisse en Beaujolais comprenant le hameau du Coteau-en-Beaujolais, était traversé par le « grand chemin royal de Paris à Lyon » devenu successivement « route impériale n°7 » puis « route nationale n° 7 ».

Passer d'une rive à l'autre de la Loire, entre Roanne et Parigny, fut longtemps difficile par suite de l'absence de pont.

Le 13 décembre 1836, Le Coteau était érigé en paroisse distincte de celle de Roanne. Désormais l'histoire des deux communes était séparée.

Extrait : http://www.parigny.fr

Auberge du Dahu

"Au hameau du Bas de Rhins, une vieille maison, dite de Louis XIII, a conservé quelques fenêtres à meneaux de bois.
Elle aurait servi d'hôtellerie au roi Louis XIII, qui se rendant de Paris à Lyon, ne put coucher à Roanne, à cause d'une épidémie.
Le 15 janvier 1659, c'est Louis XIV qui y prit collation, en compagnie de sa mère Anne d'Autriche, du Duc d'Anjou, de Monseigneur Mazarin, et de Mademoiselle de Mancini."

Extrait : Le Forez pittoresque & monumental par Félix Thiollier 1889

Faute d'indications supplémentaires, je n'ai pas retrouvé la dite "maison Louis XIII" au Bas de Rhins.
Il n'y a plus aucunes maisons anciennes au hameau, à part peut-être l'auberge du Dahu, qui pourrait bien prétendre, selon moi, être l'hôtellerie en question. Qui sait ?

Il y a par contre, à moins d'un kilomètre de là, dans la ruelle principale de Parigny, un élégant manoir du XVe siècle avec fenêtres à meneaux de pierre, siège d'une petite Prévôté, devenue par la suite presbytère et qui vaut bien un petit détour photographique.

En route -

Passage devant le parc expo de la maison artisanale Grescolor, installée sur le bord de la route depuis 1950.

Au Pont Mordon, le café-hôtel-routier, semble définitivement fermé.


Auberge définitivement fermée ou simples vacances ?

Voici les premières maisons de L'hôpital sur Rhins.

L'Hôpital sur Rhins Km 0391

Situé à la confluence des rivières du Gand et du Rhins, le hameau appartient à la commune de Saint-Cyr-de-Favières.
On y trouve une chapelle et une ancienne gare (passage de la voie ferrée reliant Lyon à Roanne). (Wikipédia)

L'hôpital sur Rhins est à St Cyr de Favières ce que la City est à Londres, en cela que tout le pôle économique de la commune se situe en bordure de nationale et de voie ferrée.
On trouvait aux grandes heures de la RN7 de nombreux commerces : épiceries, stations service, relais de poste, cafés, restaurants et auberges.
C'est d'ailleurs la présence, dès l'antiquité, d'une hôtellerie sur le bord de la voie romaine qui aurait par la suite donné son nom au hameau.

Depuis 1989 le village est défiguré par un viaduc sur lequel passe l'actuelle N7 sur 2 x 2 voies.
A l'entrée du bourg, coincé sous le viaduc, le Relais Alsacien, bien connu de nos amis routiers.


Le relais Alsacien à l'entrée du Bourg. Image réactive.

On arrive rapidement au centre bourg, repérable à la grande place ombragée face à la petite gare ouverte en 1833.
Il faut savoir que le Forez a été la toute première région équipée du chemin de fer en France.
La première ligne reliait, dès 1827, Saint-Étienne à Andrézieux sur Loire et servait au transport du charbon Stéphanois.
En 1833, la ligne fut prolongée jusqu'à Roanne, traversant toute la plaine du Forez du sud au nord et passant par l'Hôpital sur Rhins.
Ce tracé fut abandonné en 1858 lors de l'ouverture de la ligne de Nevers à Lyon par Saint-Germain-des-Fossés et Roanne.
La gare de L'hôpital fut définitivement fermée en 1857, transformée successivement en office du tourisme et récemment en FabLab (Laboratoire de fabrication numérique).

Naturellement, en centre bourg, ne cherchez pas, il ne subsiste aucun commerce aujourd'hui.


La plaque de cocher s'est malheureusement décrochée et a disparu.


L'hôtel Restaurant Le Favières, époques 1970 et actuelle. Image réactive.

L'hôtel restaurant Le Favières, bénéficiait d'un emplacement privilégié et attirait une clientèle plus huppée que celle des relais routiers situés aux entrées du bourg.
Allez ! profitons de notre proximité avec le Rhins, pour aller voir à quoi ressemble la rivière que nous longeons depuis Roanne.
Prendre à gauche la route D9 qui passe sous la voie ferrée en direction de l'abbaye de Pradines. A peine quelques mètres pour atteindre le pont et les berges bucoliques du Rhins.


Le pont sur le Rhins. Un petit écart à la route nationale qui reste tout de même à portée de vue.

Rendez Vous Nationale 7 : Lundi 4 août 1969 – 08h00 L'Hopital sur Rhins.

Nous voila arrêtés comme hier au bord de l'eau, (voir Gretz sur Loing) et comme hier le même cérémonial, à savoir la préparation du café pour le thermos de la journée.
Premier arrêt pour notre second jour de route. Lever à l'aube et partis tôt de Lapalisse, nous ne nous sommes pas attardés au Lion des Flandres, le but étant de traverser rapidement Roanne.
Vous me direz, question embouteillage, Roanne le premier lundi du mois d'août ...ce n'est pas Lapalisse, en effet.

Encore dans les vapes nous avons du mal à émerger.
La voiture restée sur le bord de la route - ah le bon temps où l'on pouvait laisser la voiture portes ouvertes !- nous nous installons en contre-bas du pont sur une couverture à même la berge de la petite rivière de l'Hopital sur Rhins.
Alors que le petit transistor de mon père diffuse les dernières nouvelles, le réchaud Butagaz en action, nous nous préparons moralement (surtout les parents) à passer une seconde journée de voiture, tout en dégustant quelques biscuits secs.
Le gros morceau de la journée sera la traversée de Lyon, aussi ne traînerons nous pas plus d'une demi-heure ici.
Quelques ricochets ratés sur l'eau, voila le café passé, les biscuits avalés, le réchaud remballé. Retour à la petite Opel pour un départ immédiat vers de nouvelles aventures.

En Route -

Le carrefour suivant est célèbre pour sa carte postale d'un superbe relais Azur, ancien café, aujourd'hui relais routier, d'où la présence d'importantes aires de parking à proximité.


L'ancien relais Lagoutte, station essence Azur, restaurant, friture, grenouilles, escargots, café, boulodrome, taxi,
téléphone, réparations cycles et motos, régie tabac, que demander de plus ? Image réactive.

Jusqu'en 1837, la route vers Lyon était celle qui montait sur la gauche du relais.

C'est également à ce carrefour que se situerait la toute première hôtellerie, celle là même qui donna son nom à la ville.
Mais à ce sujet, deux écoles s'affrontent quant à l'origine réel du nom du bourg.
En latin Hospitium est un gîte, un endroit où l'on couche, en ce sens, l'on recevait ici l'hospitalité le long de la voie romaine.

Certains textes quant à eux, mentionnent la présence d'une léproserie et là, le terme Hôpital endosse le sens médical que nous lui connaissons aujourd'hui. Alors hôpital ou hospitalité ?
Quoi qu'il en soit, auberge ou maladrerie, l'endroit deviendra plus tard un Relais de Poste, situé ici même, juste en face de l'actuel relais routier.
C'est en fait le bâtiment occupé aujourd'hui par une entreprise de décapage.


L'ancien relais de poste de L'Hôpital sur Rhins (photo Chevaucheur Royal)

"La guide des chemins de France", édition de 1553 nous prévient : " à L'hôspital : brigandage". (oui "La" guide, il n'y a pas d'erreur..)
Aujourd'hui, il n'est pas rare que les poids lourds garés sur les aires de parking près des relais routiers soient fréquemment visités, comme quoi le brigandage perdure toujours en cette contrée.

Bien que plus rien ne soit indiqué aujourd'hui, au XVIIIe siècle la route royale de Paris à Lyon se poursuivait sur la gauche du relais, par le bois des morts et reliait directement la ville de Neaux .
Le chemin étroit et cahoteux gravissait la montagne de Tarare. La pente y était raide en montée, très dangereuse en descente, les accidents d'attelages nombreux et les embuscades habituelles.
Un parfait voyage d'agrément que les relais de poste n'hésitaient pas à surfacturer devant tant de difficulté et de dangers.
Une nouvelle voie empruntant cette fois la vallée du Gand, moins dangereuse, plus sinueuse et moins pentue, sera aménagée en 1837 et remplacera l'ancien chemin royal.
La nationale 7 était née.

En route -

Peu après la sortie de L'Hopital sur Rhins, un panneau nous annonce un important carrefour.

Voici un rond-point qui va requérir toute notre attention.
Nous sommes loin de la simple "patte d'oie" qui existait jadis entre les deux routes mythiques, car c'est ici que se séparent la Nationale 7 et la Route Bleue qui poursuit son chemin vers St Etienne sous l'appellation de Route Nationale 82.


La patte d'oie, simple bifurcation. Orientation Nord (gauche) Sud (droite)


Détail de la patte d'oie aujourd'hui.

Aujourd'hui la patte d'oie est devenue échangeur entre les anciennes routes nationales reléguées en départementales et les nouvelles nationales 7 et 82 sur 4 voies.

Attention donc aux appellations. Si vous suivez le tracé historique de la Route Bleue, il vous faudra prendre non pas la N82 /4 voies, mais suivre la direction de Vendrange, St Priest par la D1082.


Pour la nationale 7 c'est plus simple, c'est ici que prennent fin la D207 et la N7 / 4 voies. Nous retrouvons donc une seule et unique route : la N7 originale.

Pour la N7, suivre la direction de Villefranche sur Saône et Lyon.


Prospectus du Zoo des Etiveaux.

A la patte d'oie, dans les années 1960 se trouvait l'entrée du zoo des Etiveaux situé un peu plus loin en contrebas de la route.

Pour en savoir plus : http://saintsymphoriendelay.kazeo.com/m/article-1903873.html


Au pied de la côte Maréchal, le début des difficultés pour les voyageurs ayant opté pour cet itinéraire.
Hier et aujourd'hui. Image réactive.

On attaque la montagne de Tarare par la côte Maréchal, Lyon est annoncé à 75 bornes.

Nous traversons le Forez, une ancienne province de France, ancien comté de Bourgogne, un pays de caractère.
Forez se prononce comme forêt, dont il tire son nom.
Il faut imaginer ce pays de moyenne montagne entièrement recouvert de forêt, laissant aux voyageurs une impression de "contrée sauvage, aux chemins escarpés infestés de bandouliers, une plaine sans charme"....
La vie intellectuelle en Forez au XVIe siècle, Claude Longeon

Dans ses Oeuvres de 1850, Honoré de Balzac constate plus généralement : "À cette époque de troubles et de guerres intestines, il était rare qu'on osât s'aventurer hors des villes, et, si quelque affaire vous y forçait, ce n'était que bien armé ou même avec une escorte, tant était grande la crainte des bandouliers et des hommes d'armes en déroute qui infestaient les campagnes, employant leurs loisirs à détrousser et rançonner les voyageurs".

Nous roulons actuellement sur la route post-1837. Son tracé fort sinueux d'origine a été rectifié et adouci au cours des décennies.
Les courbes sont aujourd'hui plus négociables et il subsiste, pour notre plus grand plaisir, quelques délaissés d'asphalte, souvent transformés en aire de repos, qui apportent de précieuses informations quant à la physionomie de l'ancienne route.

Le coin est désert, la contrée semble en effet "sauvage". Nous longeons, en contre-bas, la vallée du Gand et le tracé de l'ancienne voie ferrée transformé en chemin de randonnée.

Quelques délaissés de l'ancienne Nationale 7

point satellite Google Earth


Ancienne route transformée en aire de repos. Image réactive.


Ancien triple virage à angle droit. Image réactive.


Quelques publicités encore visibles sous la végétation grimpante le long d'un muret qui borde ce virage délaissé de la RN7.
Virage C du cliché aérien ci-dessus.


Avant la rectification de son tracé, l'ancienne route passait au ras de la cabane à droite puis traversait notre route alors inexistante;
La réclame sur la cabane arbore encore de belles couleurs qu' il est bon d'immortaliser d'un cliché. Image réactive.

Virage B du cliché aérien ci-dessus


La route passait jadis au plus proche des habitations. Image réactive.

En observant les secteurs abandonnés de l'ancienne route, il est facile d'en retracer le parcours sinueux.


Côté descente, une section de virage rectifiée de l'ancienne nationale 7.

Un peu avant d'arriver à Neaux, au niveau d'un délaissé sur la droite, une stèle commémore le combat de Neaux.


Le monument commémoratif du Combat de Neaux.

Un peu d'histoire :

Le 18 août 1944, l'armée allemande en déroute évacue ses techniciens de l'arsenal de Roanne. Le convoi quitte Roanne et remonte la nationale 7 en direction de Lyon.
Un groupe de maquisards se prépare à attaquer. Ils tendent une embuscade à Neaux afin de prendre les Allemands par surprise.
Alors qu'ils attendent un convoi montant, les résistants français sont surpris par une colonne allemande de 160 hommes de la 3ème section de marine venue de Lyon et se rendant à Fontainebleau.
Pris à revers par cette colonne descendante lourdement armée de 80 véhicules dont deux automitrailleuses, le combat s'engage, inégal.
Les Allemands en surnombre restent maîtres du terrain et poursuivent les maquisards dans la campagne environnante. Ils vont également se livrer à des exactions envers la population civile des environs.
Les maquisards subissent de lourdes pertes malgré un combat acharné de plus de deux heures.

Ce combat est commémoré tous les ans par un dépôt de gerbes des associations locales d'anciens combattants sur la stèle en bordure de RN7.

Neaux Km 0395

Située sur la Via Agrippa qui reliait Lugdunum (Lyon) à Mediolanum Santonum (Saintes) via Rodumna (Roanne), le passé de Neaux est intimement lié à la circulation.
Le « grand chemin français » au XVe siècle traverse le village. Ce sera ensuite la Route royale de Paris à Lyon qui sera rénovée vers 1750 puis la route nationale 7 construite vers 1837.
Cette dernière abandonnera le tracé direct vers l' Hôpital-sur-Rhins, dangereux avec la traversée de la goutte du Bois des Morts, pour un trajet sinueux sur le versant de la vallée du Gand.


L'arrivée à Neaux. Une publicité pour la station service qui était située à la sortie du bourg.

La ville est connue pour ses carrières à ciel ouvert. Le granit bleu, celui là même utilisé pour les pavés de Paris, y fut exploité de 1830 jusqu'en 2000.


Un slogan tout trouvé.


Le centre de Neaux à Cent ans d' intervalle . Image réactive.

Sur ce site, une photo prise avant la restauration de la place : http://routenationale.7.free.fr/Rn7%20Paris-Lyon/peintures3/IMG_0001%20(68).JPG

Passage devant l'ancienne station service Totale de la Pierre Bleue. Le village est rapidement traversé.

La route poursuit son ascension. Le paysage de basse montagne vallonné et verdoyant incite à la méditation.
Pour un peu on en troquerait son short de plage, pour une paire de chaussures de randonnée.


Waow ! Vous ne rêvez pas, nous sommes bien sur la N7.

Ici aussi il est facile de retrouver le tracé de l'ancienne route.
Que diriez vous de parcourir une portion de cette route mythique conservée dans son jus, l'occasion de pique-niquer, de boire un café, ou simplement de faire une pause photographie dans ce petit coin où le temps s'est arrêté à l'aube des années 1960.
Un trésor de route sur près d'1.2 km. Surtout ne la réveillez pas. Vous promettez ? alors suivez le guide...
Après la borne 47, dès l'apparition des premières maisons de St Symphorien, la voie du milieu permet de tourner à gauche.
C'est là !. Rien n'est indiqué mais prenez à gauche.


A gauche, la route buissonnière à gauche


Image réactive. En couleur : la route actuelle à l'entrée de St Symphorien.
En noir et blanc : cliché de 1954. la route N7 originale. Point 1 et 2 les jonctions des 2 routes.


Sur la route des années 1950, si vous êtes attentifs, les fantômes du passé ressurgissent parfois. Image réactive.

Vous l'aurez remarquez, les stèles commémoratives sont par ici assez nombreuses. En bordure de chemin, la stèle de Paul Girin, lieutenant tombé là le 18 août 1944.

On rattrape la route un peu après l'entrée de St Symphorien Le Lay au niveau de l'ancienne station Esso. Du coup on rate la poêle géante qui trône en début de village.

Mais avant de continuer plus avant, je vous propose de nouveau une petite entorse à notre trajet.
Après la route des années 1960, allons voir le chemin de fer des années 1940.
Pour cela, au carrefour il suffit de traverser la N7 et de suivre la D80 en direction de Neulise.
La voie de chemin de fer n'existe plus, mais son tracé transformé en sentier de randonnée nous donne l'occasion de découvrir un beau site.


A pied sur le viaduc, ou en voiture en dessous.

Le sentier pédestre qui longe la route débute juste à la sortie de St Symphorien. Le truc s'est qu'il passe sur le viaduc désaffecté de la Roche, d'où l'on a une excellente vue sur la vallée du Gand.
En voiture, il ne faut qu'une minute pour rejoindre le plan d'eau et le pied du viaduc d'où l'on pourra faire un beau cliché de nos anciennes. (pas de nos femmes, mais de nos bagnoles...).

Il est temps de rentrer dans le vif du sujet et de retourner à :

St Symphorien de Lay. Km 0397


La Poêle géante à l'entrée du bourg

Ancien prieuré du XIe siècle consacré à Saint Symphorien et dépendant de l'abbaye de Cluny, la petite bourgade traversée par la route royale du Bourbonnais qui relie Paris à Lyon, prospère au fil des siècles grâce à l'activité générée par ses commerces et métiers dédiés à la circulation routière.
On y trouve auberges et cafés, relais postal et écuries, nombre de maréchaux-ferrants, charrons et autres postillons.

Avec la révolution industrielle du XVIIIe siècle la ville se tourne vers le textile. Saint-Symphorien devient un des centres directeurs des manufactures de toiles et de futaines du Beaujolais. Naissent alors des fabriques de mousseline, des filatures de coton, des teintureries, des ateliers de tissage. Une industrie textile qui demeurera jusqu'en 1980.

La ville des records :
Plus récemment, le 26 mai 1985 la commune entrait dans le Guinness Book des Records avec sa plus grosse omelette du monde cuisinée sur place. Sous l'égide de l'humoriste Yves Lecoq, (était-ce une volonté des organisateurs de rajouter un "coq" dans la basse-cour) 42470 œufs furent cassés pour composer l'omelette, soit le chiffre du code postal de la ville. Utilisée pour cet évènement, la poêle qui servit à cuire ce plat de plus de deux tonnes, trône aujourd'hui fièrement à l'entrée Est du village.

Le joyeux record fut hélas battu depuis, mais les Symphorinois surent se mobiliser de nouveau en 2009 pour retrouver une place dans le Guinness Book, en établissant une nouvelle performance toute aussi utile :-)). C'est en effet dans la commune qu'a été tricoté la plus longue écharpe du monde, d'une longueur supérieure à 3 km.

Source : Wikipédia, www.stsymphoriendelay.fr

En route -

Le bourg est donc une vieille étape sur la route nationale et nous n'allons pas tarder à nous en apercevoir.

Justement, dans la ruelle de la "tête noire", à droite au niveau du centre des finances publiques, se trouve une célèbre bâtisse, un relais de poste à l'enseigne de la "Tête Noire", surnom d'un capitaine de brigand Maure qui sévissait dans les parages lors de la guerre de cent ans.
L'hôtel est considéré comme le plus ancien relais de poste de tout notre itinéraire.


Il faut quitter la nationale et s'engouffrer quelques mètres pour trouver le relais et son enseigne à la Tête Noire.

Sur l'ancienne route royale de Paris, Lyon à Rome c'est l'une des maisons de Poste établies par Louis XI dès 1464 pour les courriers officiels.
Sur les grands itinéraires du Royaume, les écuyers-chevaucheurs du Roi entretenaient dans ces relais des montures prêtes à être chevauchées sur l'heure et accueillaient les voyageurs.

Le bâtiment restauré était "le logis noble" réservé aux hauts personnages. D'autres logis dans le voisinage accueillaient les autres clients.

Sous cette enseigne de grands personnages ont laissé des traces de leur passage dans l'histoire ou la littérature :

François Ier, Ronsard, Henri IV, Mazarin, Mme de Sévigné, Molière, Jean- Jacques Rousseau, Napoléon, le Pape Pie VII. ont séjourné ici.

Guillaume du Bellay, Gouverneur du Piémont, Seigneur de Langey et conseiller du Roi François 1er, mourut à l'auberge le 9 janvier 1543 alors qu'il se rendait à Paris en compagnie de son médecin dévoué François Rabelais qui dut pratiquer l'embaumement du corps de son ami avant de le rapatrier en la cathédrale du Mans.

L'essor du chemin de fer dans les années 1860 mit un terme à la fonction de relais du bâtiment, qui devint alors simple auberge.
Après le Relais de Poste Royal, fut installé dans ce bâtiment un hôtel, un bar-restaurant et une charcuterie, jusqu'en 1968.
Le bâtiment fût fermé au public jusqu'au début des années 1990, où la commune de St Symphorien de Lay engagea sa restauration avec l'aide de l'état, de la région et du département.

Poursuivons la traversée du bourg par la rue "Route nationale 7", c'est son nom.
Après la Tête Noire, l'un des tout premiers relais de poste, voici l'un des derniers construit vers 1836 :
Le Relais de La poste aux Chevaux, imposant bâtiment, aujourd'hui anonyme, en bordure de route nationale.
Seule une vieille et discrète enseigne, visible en venant de Lyon, permet de le repérer aujourd'hui.

Au passage on remarquera quelques plaques de cocher, à l'encoignure des rues adjacentes.

Un peu plus loin après la mairie et toujours en activité l'Hôtel de la Poste, lui aussi très ancienne étape hôtelière, qui aurait pu aussi bien s'appeler l'Hôtel des 400 Bornes.


à 400 km de Paris, l'Hôtel de la Poste, ambiance 70, et actuelle. Image réactive.


Nom loin de l'hôtel de la Poste, le garage Pontille est fondé en 1936 par Louis Pontille.


En 1975, le garage est repris par les deux fils de Louis, Henri et René Pontille, il ferme définitivement en 2007.
Aujourd'hui, l'enseigne perdure toujours à la sortie de la ville. Cliché collection Pontille / Le Progrès. Image réactive


Cherchez pas ! la borne en ciment n'existe plus.


Entrée Ouest de St Symphorien. Ravalement de publicité. Image réactive.

La route se poursuit rectiligne, le panneau de sortie d'agglomération ne tarde pas à apparaître.


"Nous, nous préférons CODEC", qui se souvient de ces supermarchés alimentaires ?

La borne 50 nous indique que nous avons parcouru 50 km depuis St Martin d'Estréaux, ou plus exactement depuis notre entrée dans le département de la Loire.

C'est donc ici que cette 8ème étape prend fin, nous sommes maintenant à 400 kilomètres de Paris.

Fin de la 8ème étape.

L'étape officiellement terminée, je vous propose un petit bonus sous forme d'un retour en arrière, afin de découvrir, comme lors de notre arrivée à St Symphorien, une alternative par l'ancienne route nationale 7 cette fois-ci en quittant la ville.
La section d'environ 3 km, débute à la sortie ouest de St Symphorien, juste avant la station service.
Il faudra alors prendre à gauche et rejoindre le hameau "Le Picard" en quelques ondulations au milieu d'un paysage bien agréable.
Il ne s'agit pas d'un délaissé abandonné, mais de l'ancienne route N7 déclassée vers 1970. Elle passait par le chemin de la "Fontaine Chevalier", puis celui de la "Croix Blanche" et par l'actuelle D80.1, jusqu'au hameau du"Picard".


L'ancienne route débute sur la gauche entre les deux rangées de platanes.


Sortie ouest de St Syphorien et la RN7 qui serpente jusqu'au hameau "Le Picard".


Paysage sympathique sur l'ex rn7 aujourd'hui D80.1

Si vous avez choisi cette option à la sortie de St Symphorien, l'étape prend fin au hameau "Le Picard" la où l'on retrouve la N7 actuelle.


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