ETAPE 8 : de St Martin D'Estréaux (350 km) à St Symphorien de Lay (400 km).

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- Saint Germain Lespinasse - Mably - Riorges - Roanne -

 

Trois kilomètres de route de campagne après St Forgeux et les premières maisons de St Germain Lespinasse se profilent déjà.


Humour ou art champêtre ?

Si depuis 1994 la nationale 7 contourne le bourg de St Germain Lespinasse, son tracé original renommé D18 passe bien par le centre de la ville.
Il nous faudra donc abandonner la déviation (bientôt prévue sur 2x2 voies), et serrer sur la droite pour suivre l'authentique itinéraire.


1- Cliché aérien de 1960 : la RN7 traverse la ville du nord (en bas à gauche) au sud (haut).
2- Cliché actuel couleur : la déviation de 1994 contourne le village par l'est. Image réactive.

St Germain Lespinasse 0370 km

St Germain Lespinasse est situé dans la plaine du Roannais, à la croisée de deux axes de circulation importants : la grande route de Lyon à Paris devenue Nationale 7, et la route transversale reliant Belleville à Vichy devenue la D4.

 

Quelques fermes et quelques prairies plus loin, nous nous retrouvons rapidement au centre du village, village évidemment désert, aux commerces moribonds.


Si le monument aux morts, qui trônait sur la place du bourg, est aujourd'hui déplacé à proximité de l'église,
la borne Michelin, que l'on aperçoit au croisement de la N7/D4, a quant à elle, officiellement pris sa retraite.
Elle coule aujourd'hui des jours heureux, à proximité du cimetière. Image réactive.

Au croisement des routes D4 et D18 (exN7), sur la droite, on peut admirer un pigeonnier et son porche, unique vestige de l'antique bourg de Lespinasse, entièrement détruit par un incendie en 1590.


Un coup d'il sur la droite pour voir le pigeonnier, unique rescapé de la ville médiévale.


La N7 en direction de La Pacaudière. Au carrefour la police veille au grain. Image réactive.


Qui se souvient encore des magasins alimentaires Codec ?

Passage devant l'hôtel, où plutôt ce qui fut l'hôtel du "Lion d'Or"...( tient donc !) dont il ne reste que l'enseigne.


A droite l'hôtel du Lion d'Or, à gauche un café tabac et une pharmacie..
et aujourd'hui ? Plus rien . Image réactive.

Les derniers commerces de la ville, en l'occurrence garages et distributeurs d'essence, se concentraient à la sortie du bourg, route de Roanne.
Dès l'apparition des premières automobiles, on vit naître sur le bord des routes, les dignes remplaçants des relais de poste aux chevaux.
De nouveaux métiers voient ainsi le jour : distributeurs d'huile et de carburant, garagistes. Nous sommes encore loin du concept de la station service.


Dès les années 1920 on trouvait route de Roanne, le garage familial, situé entre l'hôtel du Lion d'Or et le coiffeur pour dames
dont on aperçoit l'enseigne au dessus de la porte.
Ambiance.. étalage de plaques émaillées publicitaires sur les murs et automobile Ballot garée devant.
(avec l'aimable autorisation de Guylaine Camozzo Dolliat). Image réactive.

Très belle photo du garage familial Route de Roanne, années 1920.
Revue de détail de gauche à droite et de haut en bas :
Char amovible distributeur d'huile Essolube.
Plaque publicitaire Spido : l'huile de sécurité Spidoléine de la société anonyme Alexandre André et Fils.
Plaque publicitaire bougies Champion.
Distributeur d'essence bijaugeur de marque Aster, type Gex monté sur chariot citerne.
Plaques publicitaires bougies AC et Gergovia.
Plaque huile Yacco, marque concurrente de la Spido.
Plaque huile moteur Gargoyle Mobil.
Plaques publicitaires Bougie KLG, et huile Castrol.

Enseigne Huiles Renault.
Plaque Kervoline : l'huile qui s'impose par ses qualités, des établissements Quervel Frères.

Caisse de bidon d'huile Antar, d'un beau rouge vif, et caisse de bidon d'huile Essolube.

(avec l'aimable autorisation de Guylaine Camozzo Dolliat)

Les années d'après guerre vont sonner le début de ce que l'on nommera les trente glorieuses. Le garage familial s'agrandit et s'installe de l'autre côté de la rue sous licence Esso.


Le garage flambant neuf vers 1930. Bien que concessionnaire Citroën,
c'est une Renault 4 CV qui trône à l'entrée.
A comparer avec la vue actuelle du même lieu. Image réactive.
(avec l'aimable autorisation de Guylaine Camozzo Dolliat)


Vu ici dans le sens des retours, l'ancienne station service n'a pas résisté à la pression commerciale et .. à l'envolée des normes si chères à nos politiciens.

Quelques mètres plus loin, un garage Total. Il s'agit de la station-service régulièrement annoncée par les peintures murales depuis La Pacaudière.
Inversement à son homologue Esso, une premiere station s'installa tout d'abord côté gauche de la route de Roanne, pour ensuite déménager en face.
Concession Citroën, elle a parfaitement survécue.


Sortie de St Germain Lespinasse, route de Roanne. On devine encore à gauche l'emplacement de l'ancienne station-service.


En venant de Roanne, à peine visible, un mur peint indique l'ancienne station Total en face...


L'entrée sud du bourg et sa station Total.

En route -
L'ancienne "route de Roanne" maintenant D18, rejoint les trois voies de la récente N7 qui termine là son contournement de St Germain Lespinasse.


Attention ! croisée de chemins.

500 mètres environ après la borne du kilomètre 23 , à l'endroit où la route passe de 3 à 2 voies, au niveau d'une petite ferme désaffectée, le "chemin du Moulin" débouche sur la droite, traverse la nationale 7 et rejoint de l'autre côté le "chemin du Pèlerin".
Il s'agit en fait d'un chemin de St Jacques de Compostelle sur lequel les pèlerins trouverons une recommandation de prudence avant de traverser la N7.

D'ailleurs, vous avez dû le remarquer, depuis la sortie de St Germain, les abords de la route sont jalonnés de nombreux calvaires.

Entre les bornes 23 et 25 km, quelques publicités peintes.
Si nos parents ont bien connu ces réclames peintes flambants neuves du bords des routes, nous en sommes devenus les derniers témoins et avons encore la chance aujourd'hui de pouvoir les admirer et les identifier sur place avant leur totale disparition d'ici les prochaines années. Quant aux futures générations, elles n'en connaîtront hélas que de nostalgiques photographies.


Le célèbre Dubo, Dubon, Dubonnet.


Publicité pour un hypermarché disparu, mais lequel ? Mammouth, Euromarché, Rallye, Continent, Suma, Codec....

On trouvera aux abords de la borne kilométrique 25, de nombreuses habitations laissées à l'abandon ou tombées en ruine.
Du coup le hameau des "Baraques" n'a jamais aussi bien porté son nom.


ruines aux Baraques

Un peu avant le rond-point vers Villeneuve et les Baraques, Le "Relais de Roanne" est annoncé à grand renfort de panneaux publicitaires.
C'est un rescapé, un hôtel tout droit sortit des années 1970, façon motel usé et endormit qui n'a pas vraiment changé depuis. On y accédait à l'époque directement de la nationale.
Un petit tour sur le site Tripadvisor, pour consulter les avis de clients, devrait vous convaincre d'y séjourner .. ou pas. :-(


Le relais de Roanne, trois étoiles en 1970 mais aujourd'hui ?

Deux kilomètres avant Roanne, la circulation devient de plus en plus dense. Il va falloir composer avec la présence des nombreux poids lourds qui masquent en partie le paysage.

Mably Km 0376

Mably, ancienne station Gallo Romaine du second siècle, s'établit le long du chemin menant de Roanne à Autun .

Il semblerait qu'au Moyen-âge, la route franchissait la Loire par un gué. Le croisement du fleuve et de la route, allait ainsi permettre l'établissement des premiers commerçants dans ce secteur.

Depuis, la ville est devenue une importante cité industrielle avec l'installation de nombreuses fabriques de tuiles au XIXe siècle, et l'implantation d'un arsenal militaire en 1917.

 

Et dans notre rubrique "le saviez vous ?" aujourd'hui : André Citroën à Mably :

En 1919, suite à sa transformation, la commune de Mably se trouve dans l'obligation d'ériger une école et une mairie, mais plus aucun terrain proche du bourg ne réunit les conditions de surface pour les recevoir. L'attention des élus se porte alors sur une belle propriété, située en plein bourg, qui comprend un château en parfait état, des bâtiments annexes et sept hectares et demi de terrain.

Cette propriété étant libre et les bâtiments fermés, le conseil municipal examine les possibilités de leur utilisation pour les besoins de la commune. Le projet semble si avantageux, que l'achat en est décidé. Le château abritera les services municipaux et postaux, les deux bâtiments annexes l'école. Il sera possible aussi d'installer le bouilleur de cru dans une dépendance répondant aux exigences de l'administration.

Ce château a été occupé en 1918, par André Citroën venu à l'Arsenal pour diriger une ligne de production d'obus. Dès l'armistice du 11 novembre 1918, Citroën rentre à Paris.
Il produira en mars 1919 ses premières automobiles.
Le 17 mai 1920, le maire, Monsieur Buchet, informe le conseil qu'il a obtenu une promesse de vente du château par Monsieur Citroën et fait voter le principe de l'achat du château et de ses dépendances, au prix de 132000 F.

André Citroën a fait de nombreuses opérations immobilières sur Roanne entre 1918 et 1925. Tout le monde pense qu'il est propriétaire du château de Mably. Il est probable que Citroën devait en devenir le futur propriétaire et il espérait certainement réaliser une opération financière.
Il a entretenu des liens avec Mably et fait envoyer en 1927, six automobiles jouets pour l'arbre de Noël des enfants et offre un don de 500 F pour les pauvres.
Le maire lui adresse ses remerciements pour l'acte de générosité et ses félicitations pour sa nomination au grade de commandeur de la Légion d'honneur.

Source : http://www.ville-mably.fr/

En route -

Route de Paris, nous voici "quartier des Tuileries", qui doit son nom aux nombreuses fabriques de tuiles et de briques installées à Mably à l'ère de la révolution industrielle.
Voici d'ailleurs l'ancienne tuilerie Cancalon ou plutôt ce qu'il en reste aujourd'hui.


Les derniers instants de la Tuilerie Cancalon. Image réactive.

Etablie en bordure de nationale 7 dès 1825, cette fabrique de tuiles et de briques sera la plus importante de toutes les usines de l'agglomération.
Elle employait près de 800 personnes, et cessa son activité en 1986.
Aujourd'hui entièrement détruite, un éco quartier de 240 logements devrait voir le jour en lieu et place des anciens bâtiments industriels.


Spécialités de la région, les tuiles vernissées.


Même point de vue, même endroit, mais avec cent ans d'écart. Image réactive.

Mably, est en fait la zone d'activité commerciale et industrielle de Roanne.


COOP

Nous voici en plein cur de la zone commerciale de Mably / Roanne, avec ses enseignes identiques à toutes les zones commerciales de France, ses entrepôts d'ameublement, ses concessions automobiles, sa restauration rapide, ses jardineries, bref, on ne se sent aucunement dépaysé parmi cette jungle d'enseignes redondantes.

Mais pas question de se laisser distraire, car c'est à partir d'ici qu'il faut décider de la suite de notre itinéraire.

La traversée de Roanne.

Traverser Roanne ou pas ?

Le tracé initial de la nationale 7 passait bien entendu par le centre ville de Roanne, franchissait ensuite le pont en pierre sur la Loire pour rejoindre, sur l'autre rive, la ville Le Coteau.
Le plus difficile va être de retrouver le tracé original de la route bleue à travers les rues du Roanne d'aujourd'hui.

Comme pour beaucoup de villes, le trafic intense dans les rues étroites obligea la municipalité à dévier la circulation des automobiles par une nouvelle rocade construite au milieu des années 1960.
Ce premier contournement n'empêchait toutefois pas les véhicules de bouchonner devant le pont de Roanne, unique franchissement urbain de la Loire.

En 1997, une nouvelle rocade est finalement inaugurée. Elle relie, sur 2x2 voies Roanne nord à Roanne sud, en un large contournement par le nord-est, franchit la Loire sur le pont de La Loire ( à ne pas confondre avec le pont de Roanne) et prend officiellement le nom de N7.

Nous nous retrouvons donc avec trois tracés successifs de nationale 7- route bleue : l'initial, le post-1968, et le post-1997.

Au niveau du double rond point de la Demi-lieue, (cercle rouge) abandonnons le dernier tracé, trop récent, et laissons filer la nationale 7 vers St Etienne, Clermont Ferrand et Lyon pour suivre maintenant la D207 en direction de Roanne, itinéraire pour l'instant commun aux deux premiers tracés.


Au double rond-point de la demi -lune, on abandonne l'actuelle N7.

La rue Alfred de Musset / D207, plus pavillonnaire, moins dense, retrouve ici une tranquillité toute relative.

Riorges km 0378

Hormis les soupçons d'agapes orgiaques auxquelles s'adonnèrent ici les légions romaines de l'antiquité qui baptisèrent le lieu, selon certains historiens, du nom de Riorgiarum, du latin ridière et orgia, (heureuses orgies), la ville est connue pour être, entre autres, le pôle ferroviaire de Roanne.

La petite ligne de Tacot, puis l'implantation du PLM (Paris, Lyon, Marseille), le centre de triage, le dépôt des locomotives, les ateliers de réparations et le centre d'apprentissage, feront de Riorges une cité ouvrière prospère jusque vers 1950.

Sources et extraits : http://www.riorges.fr/Cadre-de-vie/Tranche-d-histoire

Sur la droite, l'architecture d'une défunte station Midas, m'interpelle. Construite un peu sur le modèle de la station service à l'entrée de Lapalisse.
Il s'agit de l'ancien "Relais de Paris" situé à l'entrée de Roanne, l'alter ego du "Relais Bleu" qui lui était situé à la sortie de la ville au niveau du pont de Roanne.


Image réactive. Le Relais de Paris, les années 1920.


Image réactive. Le Relais de Paris et la nat 7 vers les années 1940.


En bordure de nationale 7, l'Auberge du Pontet,
étape de gourmet à la sortie de Riorges. Image réactive.

La D207 / avenue Charles de Gaulle, traverse le boulevard de l'ouest, nous sommes maintenant Avenue de Paris à Roanne.

Roanne km 0380

Roanne, n'est pas tout à fait une ville comme on l'entend avec un centre ville bien déterminé regroupant administrations et commerces autour duquel se serait développé le reste de l'agglomération.
Il faut plutôt considérer la ville comme un ensemble d'arrondissements, une union de plusieurs quartiers qui se sont construits au fil des siècles par rapport à une situation géographique, un intérêt économique ou un attachement historique.

Nous voici dans l'un de ces quartiers : le Faubourg de Paris.

Vers 1750, Trudaine, un des créateurs du réseau routier en France décide de l'aménagement du vieux chemin entre Paris et Lyon.
Sur cet ancien marécage, tout un quartier se développe de part et d'autre de ce nouvel axe routier élargit qui deviendra la nationale 7.


mur peint faubourg de Paris

Tout en longueur, l'Avenue de Paris, porte d'entrée de la ville, a tout de l'ancien quartier populaire provincial, avec ses immeubles bas, ses maisons de quartier vieillissantes, ses commerces de proximités.


Avenue de Paris

Ici, les anciennes bâtisses côtoient des édifices récents voir même plus modernes comme la médiathèque ou l'université.


Enseigne "so seventies"


Mélange hétéroclite d'habitations urbaines

C'est au niveau du campus d'université Pierre Mendes France, que se situait la caserne Werlé qui fut un temps le véritable moteur économique du quartier, construite en 1874 elle accueillit le 98e RI.


La caserne Werlé, Dépôt du 98e Régiment d'Infanterie.
Le campus Pierre Mendes France. Image réactive


La rue de Paris, vue de la place Louis Flandre. Image réactive.
Edicule à sanisette (à gauche), colonne Morris (à droite), pavés et rail de tramway...


Subsiste encore la colonne Morris

Nous voici place Louis Flandre.

Au Moyen-âge, Roanne semble être le carrefour obligé des routes du Royaume de France. En conséquence, auberges, relais et autres logis abondent dans les rues de la ville.
Il y en a pour toutes les bourses et de toutes conditions.
Les hôtels portent la plupart du temps le nom évocateur d'un fait divers géographique ou historique, ou encore de personnages ayant marqué le souvenir, jugez plutôt :
Aux trois Mares, Aux trois Moines, Au Chapeau-Cardinal, A la grâce de Dieu, Au Dauphin, Le Coq Hardi, le Saint Germain ...

Au coin de la place Louis Flandre et de la rue Mably (actuelle rue Roche) la célèbre auberge "Au Loup enchaîné" y fut construite en 1590.
Nombre de grands seigneurs aimaient à s'y arrêter. "Au Loup enchaîné" on y mangeait comme un prince, on y dormait comme un empereur.
Lorsqu'un hôte de marque y séjournait, l'aubergiste n'hésitait pas à ôter l'enseigne de son établissement de manière à ne plus être importuné par d'autres voyageurs en quête d'un gîte.

Mais trêve de discussion, il nous faut maintenant choisir la suite de notre itinéraire.



Souvenez vous, il nous reste deux possibilités pour traverser Roanne.

De la place Louis Flandre : tout droit, par l'avenue de Lyon (en rouge) c'est le tracé post-1968, celui construit pour désengorger le tracé original.

A droite, rue Alexandre Roche (ex rue Mably), c'est le tracé de la route bleue historique. (en jaune).
Hélas, une bonne moitié de cet itinéraire se trouve aujourd'hui en sens unique ou en zone piétonne.

Suivre ce tracé en voiture s'avèrera donc impossible.

Reste, pour les puristes, la virée piétonnière (tout au plus 1.5 km aller) ou la solution Google Street-view.

Ci-contre :

Du carrefour Louis Flandre (point rouge)
deux possibilités de traversée.

Peintures "rupestres" visibles place Louis Flandre et Rue Roche.

La route bleue / N7 historique dans sa traversée de Roanne avant 1968.
Version pédestre :

Empruntons tout d'abord la populaire rue "Alexandre Roche" (ex rue Mably) sur la droite.


A l'entrée de la rue Mably, L' hôtel de France ne craignait pas la concurrence de ses nombreux
confrères regroupés autour de la place. Image réactive.


Le tout nouvel établissement de la Poste. Image réactive.

La rue débouche sur l'agréable place de l'église St Etienne.
Nous sommes maintenant quartier du centre, le plus vieux quartier de la Ville où se situent entre-autres le palais de justice, le donjon et l'église.


Il fut un temps pas si lointain, où la ville devait s'ouvrir à l'automobile.
Aujourd'hui, on revoie la copie. Image réactive.

Le donjon et le bâtiment attenant sont les seuls vestiges du château du XIIe siècle.

C'est le plus ancien bâtiment de Roanne, il est fait de galets de la Loire. Dans la seconde moitié du XVe siècle, il devient le tribunal et abrite ses prisons.

Classé monuments historiques en 1931 à cause de la voûte de sa bibliothèque recouverte de blasons peints, et acquis par la municipalité en 1997, le donjon avec la maison attenante abrite aujourd'hui l'office de tourisme.

http://www.terredetresors.com

L'église St Etienne, construite à l'intérieure de l'enceinte du château de Roanne, en 1312, est tout d'abord une chapelle castrale dédiée à Saint-Etienne.
Devenue paroissiale, elle renferme des parties élevées vers 1534 dans le style gothique flamboyant, ce que ne laisse pas présumer son architecture extérieure,
résultat des deux agrandissements successifs de l'édifice, de 1822 à 1845, et en 1926.
L'ensemble reste tout de même harmonieux et les éléments de style néogothique parfaitement intégrés à l'architecture primitive.

www.roanne.fr
On s'engouffre ensuite (virtuellement ou à pied) dans la rue Charles de Gaulle, ex rue du Lycée, étroite ruelle aujourd'hui essentiellement piétonnière et commerciale.
On remarquera de belles portes cochères, maisons fortunées de sous lesquelles sortaient les attelages équestres.


Point de vue identique de la rue du Lycée, mais avec 80 ans d'écart.

Quatre cents mètres plus loin, nous arrivons au carrefour des rues Jean Jaurès, Anatole France et Alsace-Lorraine.
Le carrefour est connu sous le nom de "carrefour Helvétique", car s'y trouvait le siège de la "Compagnie Franco-Suisse" qui finança le canal de Roanne à Digoin.
Aujourd'hui, le bâtiment de la compagnie Suisse est occupé par la Sous-Préfecture.

Carrefour Helvétique

"Jusqu'au milieu du 20e siècle, la nationale 7 passait à cet endroit, comme se croisaient au même lieu les voies nord-sud et est-ouest des deux lignes de tramways.
C'est le centre indiscutable de la ville. Qui ne connaît pas le "carrefour Helvétique" ne connais pas Roanne". Robert Bouiller, le Pays Roannais.


Le célèbre carrefour Helvétique. Image réactive.

L'immeuble en forme de semi rotonde aujourd'hui occupé par une chaîne de fast-food, n'est autre que l'emplacement des "Grands Magasins",
dont le premier fut Les "Dames de France" totalement détruit par un incendie en 1962 .

INCENDIE DES MAGASINS LES « DAMES DE FRANCE » ET « PRINTAFIX » DE ROANNE

8 juillet 1962

Le gigantesque incendie ( 2 000 m2 ) qui a détruit hier à l’aube deux grands magasins de Roanne met au chômage 160 personnes (40 hommes et 120 femmes) ; plus d’un milliard d’anciens francs de dégâts.

Pour en savoir plus : http://saintsymphoriendelay.kazeo.com/avec-bernard/incendie-des-dames-de-france-et-du-printafix-de-roanne,a487477.html

En route -

La route bleue historique retrouve ici la circulation automobile alternée. Descendons la rue Jean Jaurès, à gauche.
Cette ancienne voie Ducale devenue rue Impériale, date de 1755. Elle a été élargie au moment de la construction du pont sur la Loire, car située dans son prolongement direct.
Elle remplace l'étroite rue des Minimes qui reliait la ville haute à la ville basse.
Désormais, cette nouvelle rue doit pouvoir absorber le trafic de la grande route de Lyon à Paris dans la traversée de Roanne.
De nombreux commerce de luxe s'y installent, tailleurs, perruquiers, libraires, confiseurs, traiteurs, bijoutiers. Un théâtre y est aménagé en 1776. Des hôtels s'ouvrent.
En 1787, un édit de Louis XVI réunit la poste aux chevaux et la poste aux lettres. Le relais de poste s'installe dans le bas de la rue impériale à proximité du pont.
Lors de son départ pour l'île d'Elbe le 22 avril 1814, Napoléon y passera la nuit.

Sources :
Les petites villes françaises du XVIIe au XIXe siècle: aspects du paysage et de la Société. Presses Paris Sorbonne.
Chevaucheur Royal


La rue abrite encore de beaux bâtiments, des banques, des terrasses de cafés, un théâtre, la place de l'hôtel de ville, la taverne Alsacienne ...


La Rue Jaurès, vu vers le carrefour Helvétique. Image réactive.

Dans son dernier quart, la rue devient ruelle à sens unique et débouche au rond-point face au pont sur la Loire. C'est ici que devait se situer le relais de poste.


La rue Jaurès débouche au rond-point du pont sur la Loire.

Ici prend fin la traversée de la ville par le tracé initial de la route bleue/nationale 7.

Reste à parcourir le dernier tracé, le post-1968. Retour au carrefour Louis Flandre.

En route -

Empruntons maintenant l'avenue de Lyon tout droit.
Remarquez sur la droite un fameux trompe l'il, qui reproduit en partie le vieux quartier détruit en 1968 lors de l'aménagement de la nationale 7.


Bluffant, tout un quartier en trompe l'il.


Le Roanne des années 1960, avant la destruction complète du vieux quartier. (photo le progrès)
L'hôtel St Isidore rescapé du XVIème siècle, situé à l'emplacement des actuels trompe-l'il, ne dépassera pas l'année 1968.

Nous circulons maintenant au milieu des barres d'immeubles et des grands ensembles immobiliers, paysage urbain hérité des années 1970.
Un rapide passage devant l'église "Notre Dame des Victoires" et nous voici rendu en deux coups de cuillère à pot au rond-point du pont de Roanne où nous retrouvons le tracé historique de la route bleue.
Assurément, cette option de contournement a dû révolutionner en son temps la traversée de Roanne et soulager quelque peu la circulation du carrefour helvétique.


La nationale 7 flambant neuve, traverse les tout nouveaux quartiers urbains.

Avant de poursuivre la route, et pour tordre le coup à une idée reçue... Non ! le meilleur restaurant du monde, à savoir la maison Troisgros, n'est pas situé en bordure de nationale 7.
L'établissement réputé se trouve en face de la gare SNCF, à l'angle du cours de la République et de la place Jean Troisgros.
Il vous faudra donc faire un petit détour si vous souhaitez vous régaler les papilles...

Les prix ! les prix ! les prix ! semblent me crier les lecteurs curieux de cette rubrique.
Quand on aime..... on ne compte pas ! diront les défenseurs de la Grande Cuisine Française.
... Allez, je vends (un peu) la mèche, comptez une centaine d' Euros pour le menu du jour.
A la carte, les prix s'échelonnent entre 50 et 120 Euros par plat, sans les vins.

Le bon plan, "Le Central", Maison Troisgros toujours, un restaurant-épicerie immédiatement voisin, avec des menus un peu plus abordables.

La maison Troisgros devrait quitter définitivement Roanne en 2017 pour s'installer à quelques kilomètres de là, sur la commune d'Ouches.

Où en étions nous ??

La ville de Roanne est traversée, il ne nous reste plus que le pont à franchir.
Le pont sur la Loire, souvent dénommé Pont de Roanne ou Pont du Coteau, selon que l'on soit Roannais ou Costellois, date de 1834.


Roanne, Le Pont sur la Loire.

A l'origine il y avait deux ponts, car une île se situait au milieu du fleuve. Un premier pont reliait donc Roanne à l'île et une seconde passerelle "à sec", reliait l'île à la ville du Coteau.

Un peu d'histoire :

Jusqu'au milieu du dix septième siècle, aucun pont n'avait été construit sur la Loire. Du moins, aucun souvenir n'en était resté.

Hormis les dangers inhérents au brigandage et autre accidents de parcours le long du grand chemin de Paris à Lyon, le franchissement de la Loire à Roanne, s'avérait être une épreuve supplémentaire pour bon nombre de voyageurs.
Seul un bac, frêle embarcation, servait alors à franchir le fleuve et à transporter les voyageurs d'une rive à l'autre.

Et de un :

Un premier pont, fragile passerelle de bois, fût bâti en 1630. Mais construit dans de mauvaises conditions et avec beaucoup trop d'économie, peu d'année après son achèvement il tombait déjà en ruine. La crue de 1680 l'emporta complètement, et le bac traditionnel reprit du service malgré les plaintes et les sollicitations des riverains et des voyageurs.
Pendant soixante dix ans, la traille continua de grincer nuit et jour entre Roanne et le Coteau.


Traversée périlleuse sur le Bac à traille de Roanne en 1695.
(Histoire & Patrimoine des Rivières & Canaux)

Et de deux :

Vers 1750, un intendant de Lyon, personnage important qui voyageait avec sa famille, se vit dans l'obligation de prendre le bac.
L'esquif traversa ce jour là une Loire démontée. L'accident arriva, le notable faillit bien mourir noyé.
Après son accident et sous l'emprise de l'émotion, l'intendant fit décider la construction immédiate d'un pont.
Un pont de bois de charpente fut construit en deux parties, l'une reliant Roanne à l'île et l'autre l'île au Coteau.
En ce temps là, la Loire passait entre Roanne et l'île des Minimes, laissant à sec la partie de son lit située entre l'île et le Coteau.
En 1786, cette partie de pont à sec devant subir quelques réparations, il fut décidé de la supprimer pour la remplacer par une levée de terre, obstruant ainsi définitivement le second lit de la Loire.

Lors des crues de novembre 1790, les eaux ne purent s'écouler suffisamment par l'unique et étroit passage si parcimonieusement mesuré. Elles refluèrent en arrière et se précipitèrent dans l'intérieur de la ville.

Le pont écrasé, brisé, fut emporté. Les quais minés par les eaux, furent balayés en quelques minutes.
Plus de cent maisons renversées donnait au quartier l'aspect d'une ville dévastée.
Les marchandises en dépôts dans les magasins du port furent entraînées. Un grand nombre de victimes trouvèrent la mort dans les flots.

A partir de ce jour, les communications entre Roanne et Le Coteau furent interrompues. Devant le nombre de plaintes, l'administration supérieure, après six mois de réclamations, comprit enfin qu'il était impossible de laisser ainsi interceptée une route aussi importante que celle de Paris à Lyon.
En 1791, sous le directoire, la construction d'un pont de pierre fut envisagée.

Et de deux et demi :

Le projet prévoyait hélas la reconstruction de la levée des terres, celle là même qui avait été la cause des inondations de 1790. Les habitants de Roanne et le maire s'insurgea contre ses travaux. Le projet fut abandonné.

La construction pris du retard, et le nouvel emplacement décidé par les ingénieurs, ne convenait à personne.
Pendant le terrible hivers 1795, c'est la Loire gelée qui servit de pont et vint remplacer le service du bac.
Toute communication entre les deux villes fut à nouveau interrompue.

Plusieurs personnes périrent en voulant passer sur la glace. Le maître de poste perdit huit chevaux en essayant de traverser le fleuve gelé pour envoyer une dépêche importante. Chaque hivers les travaux du pont furent suspendus.

En 1798 les citoyens se cotisèrent et firent des souscriptions publiques pour construire une passerelle provisoire qui fut achevée en 1799.
Par contre, aucun travail ne se fit sur le pont de pierre de 1803 à 1810.

En 1814, se rendant à l'île d'Elbe, après son abdication, Napoléon 1er ne put que constater le retard des travaux du pont de pierre auquel manquait les dernières clefs de voûte.


Vers 1814, cinq arches sur sept étaient voûtées. A l'occasion on remplaçait les deux arches qui manquaient
par des madriers et une passerelle mobile.

Et de trois :

Sous Louis XVIII, le pont reçut son tablier. Enfin en 1834, le pont était terminé dans toutes ses parties.
Il avait coûté 3 500 000 francs et dépassé les devis de 1 000 000 de francs.

Source et Texte :
Le pont de Roanne et les inondations de la Loire : notice historique, Auteur : Pothier, Francisque, Éditeur : Chorgnon (Roanne), Date d'édition : 1868

En route -

Juste à l'entrée du pont en direction du Coteau, aujourd'hui au niveau de l'esplanade, se situait le Relais Bleu de Roanne, station de ravitaillement en carburant et syndicat d'initiative.


Roanne Essence, le Relais Bleu, Syndicat d'initiative.

Franchissons ce fameux pont aujourd'hui sur 4 voies, qui a depuis longtemps abandonné ses rails de tramway.

De l'autre côté c'est la ville : "Le Coteau".

La suite de l'étape


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