ETAPE 8 : de St Martin D'Estréaux (350 km) à St Symphorien de Lay (400 km).

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[Départ] - St Martin d'Estréaux - La Pacaudière - La Ricarde - Changy - [St Forgeux Lespinasse]-

 

Cette nouvelle étape débute à la frontière des départements de l'Allier et de la Loire. Voici le point kmz
Nous quittons la Région Auvergne et le département de l'Allier pour entrer dans le département de la Loire (42) en Région Rhône-Alpes.

Déclassement de la route nationale 7, par la réforme 2005 : dans le département de la Loire, l'ancienne RN 7 conserve en partie son numéro de N7, ou prend l'appellation de N2007, D207 ou parfois D307 dans les traversées de certaines villes.

En route -

Sur notre droite, la nouvelle N7, prolongement de l'A77 passe ici en contrebas évitant au possible la traversée des villes. Quant à nous, suivons le tracé original numéroté N2007.
Après 500 mètres d'une petite côte, nous arrivons à St Martin d'Estréaux.

St Martin d'Estréaux Km 0352

La traversée de St Martin d'Estréaux
Flèches rouges : 4 voies N7. Flèches orange : le tracé original aujourd'hui D307 ou N2007.

En fait les premières maisons rencontrées appartiennent au hameau de Gathelière.

Si aujourd'hui, aucune borne ne délimite plus ici la frontière entre les départements ou les régions, on trouve pourtant sur la commune de Gathelière une croix dite "Croix de Gathelière" qui marquait avant la révolution de 1789, la frontière entre le pays du droit coutumier (droit en usage dans la moitié nord de la France) et celui du droit écrit (régime juridique en vigueur dans la moitié sud du Royaume de France). Pour faire simple, la croix marquait la frontière entre le Pays d'Oc et le pays d'Oil.

On peut toujours l'apercevoir à quelques mètres d'ici, le long de l'ancienne route royale, en prenant la première route à droite au hameau de Gathelière.

http://www.lapalisse-tourisme.com/135_4_Sites-insolites.html

Saint Martin d'Estréaux : le nom de cette ancienne paroisse provient du Latin "Sanctus Martinus de strada".
Si Sanctus Martinus fait référence à Martin le Miséricordieux, qui deviendra par la suite évêque de Tours, la strada n'est autre que la voie romaine dont on a retrouvé la trace lors de fouille à proximité de la nationale 7. (Voies romaines et vieux chemins en Bourbonnais Par Lucien Fanaud).


"A votre service depuis plus de 40 ans" dit la pub des établissements Gouin, dont la devanture inchangée prouve l'ancienneté de la concession.

Quelques mètres plus loin, une croquignolette station service ESSO.
Il est assez rare de nos jours de rencontrer ce genre de petite station service en ville et toujours en activité.


Derrière la station, un mur peint expose une demi publicité pour Texaco.

En 1967, l'Union Générale de Distribution (UGD) propriétaire, entre autres, des marques Texaco et Caltex pour la distribution de ses carburants sur le territoire français, transforme tous ses points de vente sous l'unique marque ELF. Cette publicité est donc bien antérieure à 1967.


Vous la reconnaissez ? hier comme aujourd'hui toujours fidèle au poste. Image réactive.

Pas mal de commerces moribonds le long de la rue principale. Pour s'en rendre compte il suffit de comparer avec quelques cartes postales anciennes.


Deux époques, une rue. Image réactive.

Attention, au bout de la rue ne passez pas sous l'arcade !
Nous arrivons à la bifurcation du centre bourg, reconnaissable à sa superbe fresque murale en trompe l'il et celle-ci mérite que l'on s'y intéresse un instant.


Un avant / après du mur peint.

"Située le long de la nationale 7, dans le nord de la Loire, cette fresque joue la carte du trompe-l'il architectural,
pour créer une ouverture sur un paysage inspiré des peintures impressionnistes du XIXe." http://www.pascal-camacho.com/

Nous sommes ici à la jonction en "Y" de deux tracés de la route nationale 7.
Le plus récent, conçu après guerre pour désengorger le cur de ville, emprunte la courbe et passe sur la gauche de la fresque. Il y subsiste une ancienne plaque de cocher et une plaque Michelin.

A droite de la fresque, c'est l'antique tracé qui serpente par les ruelles et passe devant l'église. Faisons comme Google-Street, empruntons cette direction.
Nous sommes "rue du commerce" où l'on retrouve des boutiques peu nombreuses, certes, mais strict nécessaire au maintien de la vie sociale de la commune.


La rue du commerce vue en direction de Lapalisse. Image réactive.

Le vieux tracé poursuivait sur la gauche par la rue du commerce, (sens interdit aujourd'hui), pour arriver sur la place de l'église St Martin.
Là, trône un étonnant petit monument aux morts, "La curiosité" de Saint Martin.


La place du village, son église, son café et son monument au mort.

Inscrit à l'inventaire des monuments historiques depuis 1989, ce monument se veut-être "Un farouche réquisitoire contre la guerre".

L’histoire du monument débute par une délibération du conseil municipal en date du 8 décembre 1918.
Pierre Monot, agriculteur, maire et conseiller général radical-socialiste, veut « quelque chose de bien qui ait son originalité locale, sinon il préfèrerait ne rien faire du tout ».

Le monument est érigé en 1922 sur la place de l'église. Il comporte trois panneaux et une colonne.
La façade du monument liste les 64 noms des morts et chose assez rare, en représente leurs photos en un culte iconolâtre.
Le verso du monument se veut quant à lui résolument pacifiste. Sur trois panneaux, des textes gravés invitent à la réflexion sur l'horreur de la guerre et font l'apologie de la paix.
"Maudite soit la guerre et ses auteurs", "des innocents au poteau d'exécution "...


Un des triptyques du monument.

Oeuvre du sculpteur Picaud de Roanne, le monument ne put être officiellement inauguré qu'en 1947 lors de l’inscription des victimes de la guerre de 39-45.
Les textes pacifistes rédigés par le maire assisté du directeur de l’école, M. Hugenneng, firent polémiques, et le monument fut vandalisé à deux reprises en 1930 et en 1932.
Chaque 11 novembre, des militants pacifistes se réunissent devant le monument aux morts.

Source et extrait :
http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/actualites/maudite-soit-la-guerre-et-ses-auteurs-15061

Quelques liens pour en savoir plus :

http://moulindelangladure.typepad.fr/monumentsauxmortspacif/2007/12/saint-martin-de.html

http://www.st-martin-destreaux.fr/Le-monument-aux-Morts

En route

Sur la place de l'église, avant de poursuivre sur la gauche par la rue du commerce, on passait inévitablement devant le Relais de Poste : l'Hôtel du Lion d'Or.
Ce n'est pas la première fois (et pas la dernière non plus), depuis notre départ de Paris, que nous rencontrons un établissement à l'enseigne du "Lion d'or" .
Il s'agit en fait d'un petit calembour taquin utilisé par les aubergistes pour signaler aux voyageurs, même aux plus illettrés, qu'ici ils trouveraient un lit pour dormir : "Au lit, On dort !".


A l'angle de la Place de l'église et de la rue du commerce :
Le Café de l' Union et les grilles de l' Hôtel du Lion d'Or, Relais de Poste.
Dans la cour on aperçoit les écuries et des attelages hippomobiles.
Même point de vue aujourd'hui. Image réactive.

Rendez-vous nationale 7 : St Martin d'Estréaux. Relais de Poste "Au lion d'Or", le 20 décembre 1832.

Aux premières lueurs du jour de cette froide journée de décembre 1832, un étrange équipage se présente devant les grilles du Relais de Poste, l'Hôtel du Lion d'Or à St Martin d'Estréaux. Jugez un peu !
Un convoi comme on en a encore jamais vu dans cette contrée. Composé d'une voiture attelée transportant quelque personne importante, de chariots de matériel et de personnels à pied accompagnant.... un éléphant.

Il ne s'agit pas d'un cirque, mais plutôt d'un montreur d'animaux, propriétaire de l'animal, qui voyage de villes en villes avec cet éléphant aussi imposant qu'effrayant.
En général la troupe circule de nuit pour garder toute la surprise, gagne pain nécessaire à l'équipe de baladins.

Après une virée à Paris et Bordeaux, la prochaine tournée est pour Lyon. Voila donc les saltimbanques en provenance de Lapalisse et arrivés à St Martin d'Estréaux en cette journée de décembre, occupant une bonne partie du Relais de Poste, seule auberge disposant de locaux assez vastes pour accueillir l'éléphant et sa troupe.

Un éléphant ça trompe ...

Le 27 décembre, au petit matin, alors que la troupe se prépare à reprendre la route pour Lyon, un drame survient.
Pour une raison qui nous est inconnue, l'éléphant dans un accès de colère tue son cornac.
Le procès-verbal rapporte une "suite de mauvais traitements perpétrés par l'éléphant à l'égard de son soigneur, ayant entraîné la mort de ce dernier". Pour le moins étonnant !

Aujourd'hui, avec un peu de recul, il est facile de soupçonner l'inverse : les mauvais traitements infligés par le cornac auraient déclenché la colère de l'animal qui n'en était apparemment pas à son premier forfait, puisque deux personnes seraient mortes lors d'une précédente exhibition à Bordeaux.

Le soigneur, Joseph Albertarie, âgé de 26 ans était d'origine italienne, nous apprend le rapport de décès.
La déclaration de décès faîte en mairie de St Martin, le convoi repris la direction de Lapalisse, la dépouille de la victime transportée sur le dos de l'éléphant.
Joseph Albertarie y fut inhumé peut-être anonymement, car aucun registre paroissial ne mentionne ni l'endroit, ni le fait.

L'étrangeté de ce fait divers fut oublié de tous, même de la mémoire orale de nos anciens.

Sources :

Alain Bouchery historien du cirque. via un article du blog de Chevaucheur Royal
Consultation personnelle du Registre de décès, années 1832, St Martin d'Estréaux des archives départementales de la Loire.

Aujourd'hui, la seule trace qui subsiste de l'hôtel du Lion d'Or, c'est le vieux portail en fer forgé avec le nom de l'établissement encore inscrit en lettre de métal..

En route -

Le tracé de la nationale 7 se poursuit par la rue du commerce qui rejoint la N2007 et la sortie de St Martin d'Estréaux.
Google Street View n'ayant pas couvert cette zone, il faut passer en mode de vision satellite sur une distance de1.5 km environ.

Quoi qu'il en soit, les commerces de la rue ont tous disparus, et c'est une ruelle déserte qui serpente, jusqu'à rejoindre la N2007.
Sur la gauche, l'architecture d'un bâtiment, fermé lui aussi, attire l'attention.
Il s'agit de l'ancienne usine de vêtements pour enfants "Anik", qui confectionnait entre-autres des blouses pour les écoliers.


La RN7 à la sortie sud de la ville, au premier plan la fabrique de vêtement Anik.

700 mètres après le cimetière, au rond point, nous rejoignons la N7 post-2013 qui termine là sa déviation de St Martin d'Estréaux et retrouve ainsi son tracé original.

Nous retrouvons également ici la vue Google Street.


Prochain arrêt dans 4 bornes.

On amorce rapidement une longue descente à 6 %, puis la route se fait voie express.
La Pacaudière est annoncée, il nous faut quitter la N7 et prendre la sortie N° 59 pour suivre le tracé original, ici D307, qui traverse la ville.


Ne pas rater la sortie vers La pacaudière.

A l'entrée du bourg, un alignement impressionnant, que je crois être tout d'abord un camping pour mobil-homes, s'étend dans un champ à gauche.
En fait c'est un garage spécialisé dans la réparation et la vente de poids lourds, véhicules industriels et travaux publics.
Sous nos yeux, une incroyable diversité d'engins.

La Pacaudière Km 0360

http://www.la-pacaudiere.fr/

La Pacaudière est une bourgade campagnarde intéressante à plus d'un titre. Mais je perçois déjà votre désillusion...
Attention, je n'ai pas dit que c'était Versailles non plus, j'ai juste dit...intéressante.


La Pacaudière, route de Paris

Description routière et géographique de l'empire Français
en 1813

Située sur la Route Royale et Impériale, La Pacaudière mérite une halte.

Halte d'ailleurs nécessaire jusqu'au XIXe siècle, du fait que l'on y trouvait un relais de poste.
Les voyageurs profitaient là d'une escale cosy et gourmande savourant la douceur des terrasses de cafés et la bonne cuisine des auberges réputées.

Simple hameau au XVe siècle, La Pacaudière du nom de la famille Pacaud qui y résidait, doit sa prospérité à la route royale et à tous les voyageurs non moins célèbres qui s'y arrêtaient.
Autour de la place centrale animée, rendez-vous des foires annuelles et autres marchés, traversée par ce qui deviendra la future nationale 7, se développèrent commerces, "hostelleries" et administrations royales.

Jusqu'en 1794, la route était barrée par un guichet à péage situé dans le centre de la ville.

Aujourd'hui, l'arrêt du voyageur est toujours bienvenu car le bourg présente un beau patrimoine architectural, réminiscence de cet âge d'or de la route royale qui commencera à péricliter avec l'arrivée du train et la fermeture officielle des relais de postes en 1873.

Sources :

- site officiel de La Pacaudière
- Wikipédia
- Forez info

En route -

Le bourg débute par la bien nommée "Route de Paris" jalonnée de petits immeubles de ville aux ravalements crasseux et aux volets clos.
Quelques traces de commerces fermés à tout jamais, quelques pignons peints par ailleurs.

La fraîcheur toute relative des publicités peintes témoigne du déclin irrémédiable de la route nationale.

Passage devant l'église de l'assomption, construite en 1838 et dont l'architecture n'est pas sans rappeler celle d'un temple antique était-ce la mode à l'époque ?

Nous voici rapidement sur l'ancienne place de la bascule, au cur même de la cité.
A gauche, la maison Notre Dame, avec sa tourelle échauguette.
Bâtie vers le XVIe siècle, c'est une ancienne hôtellerie réputée sur la route de Paris à Lyon, qui accueillit nombre de visiteurs historiques dont le Duc de Condé.


La maison Notre Dame, deux points de vues, deux époques. Images réactive.

A droite, Le Petit Louvre, construction de style Renaissance et gothique bâtie dès les premières années du XVI siècle.
Tour à tour, rendez-vous de chasse pour le connétable de Bourbon, hôtellerie confortable qui accueillit les rois François 1er, Henri IV ou encore Louis XIII, presbytère en 1850, Le Petit Louvre devint en 1678 un relais de poste important sur la route royale.


Au milieu des années 1970, il était sans doute jugé inutile de mettre en valeur le patrimoine historique.

De ce fait, sur cette carte postale, ni la supérette, ni le bar- tabac, ni le revêtement de pierres grises ne contribuent à la mise en valeur du "Petit Louvre"

A cette époque, les affaires allaient bon train. La route drainait suffisamment de voyageurs participant à l'économie de la ville. Il n'y avait donc pas lieu d'attirer spécifiquement le touriste par une quelconque restauration de patrimoine.

Aujourd'hui les bâtiments sont rénovés, mais les voyageurs détournés vers d'autres axes routiers, ne sont hélas pas toujours au rendez-vous.

Image réactive.

Jusqu'en 1949, la place centrale, ou place de la bascule, formait une large esplanade d'un seul tenant avec la route qui la traversait.
Après la guerre, la place fut surélevée et ceinte de balustrades.


Avant 1949, aucune séparation entre la place et la route nationale 7.


Après les travaux de 1949, la place réduite surplombe la route nationale.

Au bout de la place : La maison Morin construite vers 1420 est la construction la plus ancienne du Bourg.
Située à l'endroit le plus étroit de la route, la bâtisse était affectée jadis à la poste et à l'accueil des chevaux.
Elle abritait également le guichet à péage et logeait la maréchaussée.


La façade de la Maison Morin

Je vous l'avais dit, La Pacaudière ce n'est pas Versailles, mais c'est tout de même pas mal pour un si petit pays.
Si vous souhaitez prolonger le plaisir, n'hésitez pas à faire un crochet par la cité médiévale de Crozet, un joli village de caractère situé à 2 km à peine de la Pacauciere.
Vraiment une bonne surprise, et puis c'est par là que passait la toute première route royale avant d'être détournée vers La Pacaudière.

A la sortie sud du bourg, sur la gauche, un parking situé à l'emplacement des anciennes forges.
On retrouve sur le pignon d'un mur une fresque en trompe l'il, du même artiste que la fresque de St Martin d'Estréaux


Sur ce cliché, vu en direction de Lapalisse, le mur est prêt à accueillir la fresque. Image réactive.

En route -

On quitte la bourgade par la route de Lyon / D307
et nous retrouvons rapidement la campagne environnante.


On traverse alors quelques hameaux solitaires et déserts, dont les noms ne figurent pas toujours sur les panneaux indicateurs, la Croix des rameaux , La Valette, La Ricarde...


A la Valette, ce mur peint pour une Station Total située à St Germain l'Espinasse.

Au XVe siècle, époque ou le chemin royal passait encore par le village médiéval de Crozet évitant le hameau presque inconnu de la Pacaudière, le relais de poste était situé à La Ricarde.
Le relais déménagera au Petit Louvre, lorsque le tracé de la route royale fut modifié traversant désormais La Pacaudière et se détournant définitivement Du Crozet.

Cette section de route est restée authentique en témoigne une belle moisson de publicités peintes, somme toute encore bien conservées.


A La Valette, en direction de Roanne, la publicité pour le chocolat Poulain commence à blanchir au soleil.


A La Valette, en direction de La Pacaudière, encore de belles couleurs pour la "Reine de la bière d'Alsace".

Sur ce mur décrépi, une publicité partiellement disparue indiquant Roanne à 22 Km


La Ricarde centre, vue en direction de La Pacaudière, publicité pour le Vermouth Noilly-Prat.


Centre de La Ricarde, quelques pans de murs peints, vu en direction de Roanne. Image réactive.

En route -

Hameaux et lieux dits défilent, Pont Poulet, Picardière.
Un bourg plus important se profile, nous arrivons à Changy "Le Village de la Nationale 7", "Ville étape de la Route Bleue" comme l'indique le site Internet de la commune. http://www.changy.fr/


Traversée de Changy. En orange la nouvelle nationale 7.

Changy Km 0364

Depuis 2010, Changy est dévié par la nouvelle nationale 7. Un mal nécessaire pour les habitants du bourg qui retrouvent aujourd'hui un peu de tranquillité.
Il faut dire qu'avant cette date, la ville était un des points les plus étroits rencontrés sur la vieille nationale. Ajoutez à cela un trafic incessant, des poids lourds qui peinent par endroit à se croiser sans emporter un peu de la façade des maisons bordant la rue principale et des piétons qui rasent les murs pour ne pas se faire happer par le tourbillon de la circulation...

Dans sa chronique "Les routes du soleil", Monique Vialla résume la ville ainsi : "Changy, ce "village rue" dont les habitants profitent soit de la bonne humeur, soit de l'exaspération des vacanciers".
Ce qui, ma foi, s'avère être un bon résumé.

Bon, j'exagère un peu, mais pour vous faire une idée, regardez cette vidéo tournée avant la déviation...: http://youtu.be/OJdhw9JJhC8


La station Total de St Germain Lespinasse est régulièrement annoncée depuis La Ricarde.

La déviation a réglé le problème. Maintenant l'ancienne N7 est devenue la D307.
On entrait à Changy par la route de Paris, pour en sortir par la route de Roanne. Entre les deux c'était la rue Nationale.

Changy date de la préhistoire et a subi pas mal de bouleversement au gré des guerres de religions, des invasions, des révolutions.

"Le calme revenu, nombreux de hauts et grands seigneurs et de nobles dames font de Changy leur séjour, c'est que ce bourg était l'un des plus importants de l'époque, rebâti à la fin du XVe siècle autour de l'église et de la chapelle seigneuriale, plus près de la route royale, c'est un lieu de passage très pratiqué. [...]
Sa position géographique valut à Changy d'être traversé, à toutes époques, par d'illustres voyageurs : Charles VII avec son armée y campa en 1440, François 1er en 1523 visita Changy, plus tard Napoléon 1er et le Pape Pie VII pour le sacre de l'Empereur. Changy vit passer les armées autrichiennes en 1814 et 1815. Extrait du site de la municipalité de Changy.

La commune est restée inchangée depuis plusieurs dizaines d'années et... ça se voit. Ce qui en fait toute son authenticité.


Un avant / après de la rue principale. Image réactive.

Le bourg semble aujourd'hui fatigué, comme épuisé par tant de traversées.
La rue principale aux murs marqués par le temps, aux peintures délavées, aux façades meurtries, a connu sans nuls doutes des jours meilleurs.


Devanture du café de la place de l'église.


Au carrefour, place de l'église, deux panneaux indicateurs N7 et sur la côté une plaque de cocher.

Après la place de l'église, quelques habitations arborent des façades repeintes et ravalées, signe de la reconquête et de la réhabilitation du quartier par ses habitants, en témoigne le Pique-nique de la RN7 organisé tous les ans par la municipalité.


Encore un commerce disparu.


Sortie du bourg par la route de Roanne.
Sur le côté une plaque de cocher (photo Henry D.G), et une publicité pour les huiles Polaroil. Image réactive.


Dans le sens des retours cette fois-ci, cette pub pour Picon en partie cachée par une maison récente.

En quittant Changy, on aperçoit au loin sur la droite, une étonnante tour dressée en plein champ.
Difficile d'en savoir plus à son sujet. Il s'agirait en fait d'un pigeonnier. Rien n'indique son histoire, ni son ancienneté, s'agit-il d'un monument historique ? Dommage.


Le monument gagnerait à mieux être signalé aux touristes de passage.

Au carrefour du "calvaire des petits champs", la route se poursuit tout droit.
Quelques 200 mètres plus loin, on aperçoit sur la droite un "délaissé" de la vieille route.
Jusque vers les années 1950, la route passait par là et traversait le hameau de "l'auberge du pont". Curieusement devenu "l'aubergé du pont" sur les cartes.
A partir de 1958 la nouvelle route coupait au plus court en déviant à jamais le hameau. Puis en 2010, vint s'ajouter la rocade.


Image réactive.
- Cliché 1952, la nationale 7 bordée d'arbres traverse le hameau de "l'auberge du pont".
Cliché Google : (1) La rocade N7, (2) la D307, (3) la vieille route.

Aujourd'hui le délaissé (en sens interdit) nous donne un bel aperçu du type d'ombrage que pouvaient apporter les rangées de platanes. Ombrage ici prétexte au pique-nique.


Pique-nique sur l'ancienne nationale 7, à l'entrée du hameau de "l'aubergé du pont".


Ici, de droite à gauche, en direction du sud, se côtoient chronologiquement les 3 tracés de routes nationales :
A droite, l'ancien tracé sur lequel devait se situer une auberge qui depuis a donné son nom au hameau, aujourd'hui un délaissé de la route.
Au milieu, la nationale 7 jusqu'en 2010 puis D307 enfin, sur la gauche la nouvelle rocade nationale 7.

Une centaine de mètres plus loin, au hameau des Issarts, il est temps de prendre à gauche pour rejoindre la seule, la vraie, l'unique nationale 7 qui perd son statut de rocade à 4 voies et retrouve enfin ses deux voies alternées.

Un peu avant St Forgeux Lespinasse, un beau mur peint pour Veedol, l'huile moteur choisie entre autres par Ford pour son modèle de la Ford T, ou pour le Graf Zeppelin lors de son premier tour du monde. Même si la publicité sur ce mur est plus récente, tout cela ne nous rajeunit pas....


Devant nous, une caravane en direction du sud.

Nous voici en périphérie de St Forgeux Lespinasse.

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, la route n'a jamais traversé le village et ce depuis toujours.
Seules quelques maisons éparses le long de la route signalent la proximité du bourg.


L'ancien Café-garage n'attend plus de clients depuis bien longtemps.

La route était à l'époque bordée de platanes. Mais ligne droite et virage ne font pas bon ménage. Les arbres furent abatus après qu'un camion vint percuter le mur du café situé en bord de route.


La nationale 7 au carrefour de la croix verte. Image réactive.

Un autre accident vint agraver la réputation du secteur :

La Sentinelle, 27 juillet 1964 :

"Jean Barrès, ténor à l'Opéra de Paris, s'est tué samedi, sur la route des vacances. Jean Barrès avait quitté la capitale samedi matin, en compagnie d'une jeune femme, Mlle Jeanine Renaud, comédienne elle aussi, pour se rendre à Marseille, sa ville natale. C'est à quelques kilomètres de Roanne que l'accident s'est produit. Jean Barrès a été tué sur le coup, sa passagère a eu un pied coupé. Tous deux ont été conduits à l'hôpital de Roanne."

Jean Barrès repose au cimetière de St Forgeux Lespinasse.

Après le carrefour de la Croix Verte, au niveau de l'entrée N-E du bourg, une cour aujourd'hui clôturée, condamne désormais l'accès à la station "Total" de St Forgeux.
A l'origine station de la marque Stelline, celle-ci passera sous la franchise Total en 1967 et ce jusqu'en 1993. C'était la seule station du coin ouverte le dimanche.
Si vous êtes un brin observateur, vous remarquerez dans la cour la présence de l'édicule qui recouvrait les pompes à essence..


L'ancienne station service Total, vue vers Changy. Image réactive.


A la sortie de St Forgeux, une publicité pour le garage Flauraud de Clermont et Roanne

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La suite de l'étape ....

 


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textes et conception C@rl décembre 2014