ETAPE 7 : de Bessay sur Allier au Département de la Loire , de 0300 à 0350 km de Paris.

2 / 3
Varennes sur Allier - Saint Gérand Le Puy - Périgny -

On quitte maintenant Chazeuil, pour entrer à Varennes sur Allier.

Varennes sur Allier km 0317

Petite chronologie historique :

Ville gallo-romaine dans l'antiquité, ville close et fortifiée par le duc Louis II au moyen-âge, Varennes sur Allier, fief de la maison de Bourbon est assiégée en 1440 par le roi Charles VII, contre lequel s'est rebellé le cinquième duc de Bourbon.
En 1591, inversement, c'est par sa fidélité au roi Henri IV que Varennes se distingue au terme des guerres de religion .
A la fin du XVIIe siècle, le bourg d'à peine 400 âmes n'est plus qu'une ville ruinée par le multiple passage des guerres.
Il faudra attendre le XVIIIe siècle pour retrouver la prospérité.
A la fin de la révolution, la ville s'unit aux paroisses voisines pour former la commune et devenir chef lieu de canton en 1790.

Source : wikipédia.

Mais voyons plutôt ce qu'offre aujourd'hui la municipalité de 3500 habitants.



La traversée de Varennes sur Allier

Pour le moment, avenue de Chazeuil, la ville est dans la continuité des précédents villages traversés.
D'un côté de la rue, quelques récents pavillons de banlieue, de l'autre, des maisons basses bien plus anciennes, et toujours des trottoirs de terre battue rougeâtre.


Du Nord (haut) au Sud (bas), la nationale 7 traverse Varennes sur Allier.

A droite dans le virage, des bâtiments style caserne.
Il s'agit de l' EAA 606, Entrepôt de l'Armée de l'Air, rattaché à la base de Clermont Ferrand, spécialisé dans le stockage et l'entretien de matériel aéronautique.
L' EAA 606 fermera ses portes définitivement le 31 décembre 2015.

On arrive quartier de Vouroux qui prête également son nom à une rue et à un square.
C'est au niveau du square que l'on situe l'antique cité gallo romaine de "Vorocium" pour les latins, qui deviendra "Vouroux" pour les gaulois, puis finalement "Varennes sur Allier".


Le quartier de Vouroux. Tout droit la rue de Vouroux, à gauche le square, berceau de la cité gallo romaine.

Poursuivons tout droit par la rue de Vouroux. Une étroite rue sans commerce, où se succèdent quelques anciennes maisons cossues du 18e et 19e siècles.
La rue est aujourd'hui en sens unique en direction de Lyon.


Même point de vue de la rue de Vouroux en direction de Moulins.
80 années se sont écoulées entre ces deux clichés. image ractive.

Après la rue de Vouroux, la rue Claude Labonde , ex rue de Paris, quartier commerçant plus vivant, où subsistent encore quelques désuètes boutiques, témoignage d'un autre temps.


La rue Labonde et la boutique du photographe toute droit sortie des années 70.

Si vous êtes féru de mots croisés, si vous ne ratiez aucune émission du jeu télévisé "Le mot le plus long" devenu aujourd'hui "Des Chiffres et des Lettres", alors en passant devant le numéro 7 de la rue, vous aurez une pensée émue pour Max Favalelli qui vécu dans cette maison familiale. Son père exercait la profession de médecin à Varennes.

Sur le trottoir d'en face, la maison aux murs décrépis, date du 16e siècle.


Avant/après de l'ex rue de Paris, aujourd'hui rue Labonde. vue en direction de Moulins.
Image réactive.

Au numéro 22 de la rue, bien que rien ne l'indique, la jeune Gabrielle Chanel venait passer ses vacances chez une tante couturière.
C'est d'ailleurs dans les ateliers de coutures situées à deux rues de là que la jeune et délurée Gabrielle se prend de passion pour la couture.
Gabrielle Chanel plus connue sous le nom de Coco Chanel deviendra créatrice de mode et fondera la fameuse maison de haute couture que l'on connaît.


L'ex rue de Paris et sa pharmacie. Vue vers la place de l'église.
Rue Labonde et toujours la Pharmacie. Image réactive

Place de l'église rien n'a changé. A droite l'église Sainte Croix édifiée en 1881 en bordure de nationale dans un style néo-roman. Mêmes les commerces de la place sont inchangés.


La place de l'église et ses commerces durables dans le temps. image réactive.

Après l'église c'est la rue Jean Jaurès, ex rue de Lyon.
Quelque soit l'époque, la rue a toujours été jalonnée de petits commerces de proximités.


La rue Jean Jaures, ex rue de Lyon, vue en direction de Moulins. Image réactive.


Le Bougnat a rajouté les produits pétroliers aux sacs de charbon.

Le bas de la rue est la partie la plus ancienne de la ville.
On y trouve un puits encore visible sur la droite, quelques anciennes maisons avec échauguette ou pigeonnier cachés, vestiges du temps où la ville était close.
L'actuelle salle restaurée de la Grenette, accueille les associations, il s'agit de l'ancienne halle aux grains.
En face de l'ancienne halle aux grains, l'hôtel de la poste, point relais important du 18e siècles au temps de la malle-poste. Napoléon y fit halte le 10 juillet 1805.


L'ancien relais, l'hôtel de la poste, fermé depuis longtemps.

En cette soirée du 10 juillet 1805, Napoléon logeant à l'hôtel de la poste, rédige un courrier destiné à Cambacérès

"Varennes, 10 juillet 1805,

Mon Cousin, je m'arrête ici un moment pour souper; je serai demain jeudi, à dix heures du soir, à Fontainebleau. [..] "


L'hôtel de la poste au temps des diligences.

Au carrefour suivant, la rue retrouve son double sens. Une plaque Michelin indique aux voyageurs venant de Lyon la direction à suivre, tracé original aujourd'hui à contresens.
Il faudra donc emprunter un tracé alternatif pour traverser Varennes dans son sens Sud - Nord.


En venant de Lyon, ne vous fiez plus à la plaque Michelin. S' il s'agit bien de la RN7, son sens est interdit.

Pas bien loin, dans le virage en contrebas, juste avant le pont, on trouvait l'Auberge du Coq Hardi, une institution réputée et étoilée sur la Nationale 7.
Le Coq Hardi déménagera et s'associera avec le relais fleuri de Pouilly sur Loire.


Côté rue la baraque ne casse pas des briques,
elle fut pourtant longtemps prisée par les voyageurs gourmets de la nationale 7.
Image réactive.


Côté cour, la campagne provinciale.

On franchit le pont sur le Valençon, confluant de l'Allier, et nous voici avenue de Lyon.
Sur la droite, au niveau d'un petit carré de verdure, au pied d'une ancienne publicité murale pour "Unic" aujourd'hui partiellement recouverte par une publicité pour hypermarché,
on trouve le buste en Bronze du Dr Sabatier, signé Paul Landowski et daté de 1934, édifié par le comité des amis du docteur.


Le bronze du Dr Sabatier, et l'ancienne pub UNIC, aujourd'hui recouverte.

Pendant la guerre, le buste échappa de justesse à la réquisition par les Allemands en quête de métaux à fondre.
La veille de la saisie, quelques villageois soucieux de conserver leur patrimoine et par là même trop heureux de jouer un mauvais tour aux allemands,
démontèrent la statue et l'enterrèrent jusqu'à la fin de la guerre dans le jardin du président du comité.
Le buste retrouva sa place à la libération.

Un peu plus loin sur la gauche, une porte de garage vintage photographiée de multiples fois, pour son fameux Oil Drop Man de Esso.
Aïe aïe ! une petite restauration soignée serait la bienvenue avant sa disparition totale.


La route joyeuse avec l' Esso Oil Drop Man. Photo prise en 1998 par Julien Ecnarfed.


Aujourd'hui l'enseigne ESSO a disparu, et le bonhomme, hélas, a été mal restauré.

Au rond point de sortie d'agglomération, la nationale 7 croise la nationale 209 qui part en direction de Vichy.

Derrière une rangée de peupliers, L'auberge de l'Orisse vieille étape sur la RN7 accueille toujours le voyageur.


Même si l'auberge existe toujours aujourd'hui, ne teléphonez pas au n° indiqué sur cette carte.

Les sources sur Varennes/A :

http://www.varennes-sur-allier.fr/
Arkéocité
et le Centre Régional de Documentation Pédagogique Clermont Ferrand.

En route -

Lapalisse est annoncé dans 20 bornes. Pour le moment c'est retour à la campagne.


Un ptit tour à la campagne...

On amorce bientôt la longue côte rectiligne de Bellevue en haut de laquelle nous devrions avoir une ...belle vue. En attendant on découvre encore quelques murs peints.


Au recto de cette grange, une publicité pour UNIC à Clermont Ferrand.


Au verso, toujours Unic.

En tous les cas, au sommet de la côte, plus question de s'arrêter boire un verre à l'ancien café-resto routier de Bellevue.


Le café de Bellevue. Image réactive


Belle publicité pour le routier qui occupait le lieu.

Un peu après, au niveau des aires de stationnement, avant la descente, on trouvera un petit resto routier, façon chalet.
Après Bellevue, une succession de coteaux, (attention au radar dans les descentes) nous mènera jusqu'à St Gérand Le Puy.


St Gérand Le Puy Km 0328

St Gérand semble comme suspendu dans le temps. Pas uniquement au temps glorieux de la route bleue, mais également celui plus lointain des malles-poste et des diligences.

Sentiment indescriptible de traverser un village authentique encore bien conservé, tout en sachant parfaitement que plus rien n'est tout à fait comme avant.
Bientôt dévié, le petit bourg se traverse aujourd'hui avec facilité.

Petit tour du propriétaire :

Le quartier de "la Demoiselle", nous accueille avec quelques publicités murales et la façade d'un antique garage.
Vient ensuite l'avenue Georges Clemenceau, du plus bel effet avec son enfilade de maisons anciennes du 19e, voir du 18e siècles.


Attention : Cordial Médoc, "la liqueur qui réjouit le coeur", à ne pas confondre avec : médoc cordial (médicament réconfortant) .


Garage à l'entrée de St Gérand...enfin ce qu'il en reste...

Au bas de la côte, une grande place au monument aux morts, ancienne place du "poids public", permet de faire une halte. ( le poids public était une balance publique utilisée principalement pour la pesée des animaux destinés à la vente sur le marché)
N'hésitez pas à marquer une pause, histoire de parcourir à pieds les rues adjacentes à la recherche des commerces disparus, facilement identifiables.


La place, et la route nationale. image réactive.

En coin, l'Hôtel De La Paix, aujourd'hui bar-restaurant, maintient la tradition.
Voila plus d'un siècle qu' il accueille les touristes de la RN7. Une référence des guides gastronomiques, et toujours d'actualité s'il vous plaît !


Ne ratez pas les plaques de cocher, témoignage d'un autre temps ... (grand merci à T. Uberti pour ses photos de plaques)


L'hôtel de la Paix hier / aujourd'hui, rien n'a vraiment changé. Image réactive.

Derrière un muret, un peu en retrait de route, un bon vieux garage a pris sa retraite pour de bon.

En face, une belle bâtisse arbore une plaque de cocher.
Il s'agit de la mairie-école, celle d'avant la première guerre, dont on distingue encore le lettrage au dessus de la porte.
Après son déménagement sur la place, le bâtiment deviendra l'Hôtel des Sports et accueillera les touristes de la route bleue.


Du temps de l'hôtel des Sports (vue en direction de Moulins).

De la vieille pierre, du lierre, et la route bleue tranquille.. le coin est propice à la photographie.


Un pigeonnier en bordure de la route Bleue.

Une petite pensée pour le poète et romancier Irlandais James Joyce qui séjourna à St Gérand en 1940, un dernier mur peint et nous retrouvons la campagne vallonnée Bourbonnaise.


Evolution et viellissement des peintures murales.
Méli-mélo d'anciennes publicités. Si on distingue encore facilement la pub Total (---AL),
celle pour le "Champagne Duchène - Reims" est plus difficile à apercevoir aujourd'hui. Image réactive.

Quelques côtes et quelques descentes plus tard nous voici à Périgny.

Périgny Km 0331

Dans son livre "Périgny", cahiers du Bourbonnais 1991, Jean Jacques Bayle caractérise Périgny comme "une petite paroisse sur le grand chemin de Paris à Lyon".
En fait le hameau est très vite traversé.
On retiendra à l'entrée du bourg, la croquignolette "Auberge Fleurie", que "griso1200" usager régulier de ce parcours qualifie de "super endroit style bistrot de village des années 70 ".
Quelques mètres plus loin sur la gauche, un autre relais routier pour déguster, là aussi, une cuisine familiale à bon prix.


Le Centre de Périgny, à droite l'Auberge Fleurie, à gauche le relais de Périgny.
(merci à "griso1200" pour son témoignage.)

Petit reportage sur les restos routiers de la RN 7.
Cliquez sur l'image ci-dessous.


Retour vers le passé, ici le temps s'est arrêté il y a 50 ans.

Si la ville de Vichy, située à quelques kilomètres de là, est connue, entre autres, pour ces célèbres pastilles, Périgny n'est pas en reste.
Le Docteur en pharmacie Louis Guyot, originaire de Périgny, est l'inventeur des pastilles... Guyot.
Les pastilles de goudron, conditionnées dans la célèbre boîte de tôle rouge, en forme de livre, à l'intérieure de laquelle on trouvait le portrait du Dr Guyot, soignent "le rhume, la bronchite, les maux de gorge, et les toux opiniâtres".

Aujourd'hui si les pastilles n'existent plus, les boîtes de métal s'échangent à prix respectables sur le marché des collections.


Le centre bourg de Périgny

En route -

Passage devant l'aérodrome de Périgny-Lapalisse, celui là même d'où partit le dirigeable République le 25 septembre 1909, avant sa chute fatale un peu avant Villeneuve sur Allier. (voir étape 6 ).

A propos de chute justement ... le site de l'aérodrome est aujourd'hui entièrement dédié à la chute libre ;-) Si l'aventure vous tente..

http://www.tandem-chute-libre.com

 


Retour au sommaire

textes et conception C@rl juillet 2014