ETAPE 7 : de Bessay sur Allier au Département de la Loire, de 0300 à 0350 km de Paris.

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Bessay sur Allier (départ) - Saint Loup - Chazeuil -

Notre point de départ se situe à la sortie de Bessay sur Allier, sur la route en direction de Lyon. Nous sommes dans le département de l'Allier (03) en région Auvergne.
Dans ce département, suite à son déclassement de 2005, l'ancienne route nationale 7 a conservé l'appellation de N 7, sauf dans certaines agglomérations qu'elle traverse sous l'appellation D 707 ou provisoirement N 2007.


Point de départ Google Earth

En route pour un nouveau voyage de 50 km environ.

Prochaine ville annoncée St Loup à 10 km.
Le paysage est plat, certes pas comme dans les plaines de la Marne, mais sommes nous vraiment en région Auvergne ?
En fait nous sommes en Sologne Bourbonnaise, région de bas plateaux sillonnée par de belles rivières où les nombreux étangs occupent le fond des vallons tandis que les hauteurs sont couvertes de bruyères, de bois et de taillis. (extrait wilkipédia)


Paysage de la Sologne Bourbonnaise et de la N7, à la sortie de Bessay sur Allier.

La voie ferrée prend la même direction que nous, visible à quelques centaines de mètres sur la droite.
La route sur 2 x1 voie est séparée par une ligne blanche, obligeant à rouler à la queue leu-leu sur de longues distances.
Heureusement quelques sections à trois voies permettent tout de même le dépassement, entre autres, des engins agricoles.

Nous voici sur "Les Terres de l'Etang du Milieu", selon la carte routière ou le GPS pour les moins traditionalistes.
Voici en tous les cas un nom tout trouvé pour un roman d'héroic fantasy. Attendez vous à voir surgir les gnomes sur le bas côté ...

La route s'étend sur plusieurs kilomètres sans rencontrer la moindre habitation.
Se pouvait-il qu'au temps des malles-poste il n'y eu aucun relais intermédiaire entre Bessay et St loup ?
Un hameau esseulé ou plus exactement un corps de ferme au nom évocateur de "La Vieille Poste", vient contredire cette théorie.


La Vieille Poste. Le nom évoque bien entendu l'emplacement d'un ancien relais de poste.

Rapidement voici "St Loup" dont la toponymie est sans rapport avec la présence de l'animal sanguinaire qui peuplait les campagnes de France en des temps reculés.
Le nom fait ici référence au "Saint Loup" évêque et libérateur de Troyes, très populaire au moyen âge.
Sans rapport ! sans rapport ! quoi que ...

Le terme de "Loup"qualifie ici le courage dont fit preuve l'évêque Vincent pour libérer la ville de Troyes face aux armées d'Attila en l'an 451.
Et du courage, il en fallut pas mal à l'homme de l'église face à celui que l'on surnomme le " fléau de Dieu".
Alors, St Vincent de Troyes "rusé comme un renard" ? sans doute, mais la légende lui a preféré "courageux comme un loup".

Pour en savoir plus sur l'évêque de Troyes

Saint Loup km 0310

Rendez Vous Nationale 7 : St Loup, octobre 1975, 20h30. (première partie)

La nuit était tombée, et maintenant la pluie était de la partie, ce qui n'arrangeait pas les choses.
Les insectes morts, amassés sur le pare-brise depuis tôt le matin, étalaient leur infime masse graisseuse sous le passage alternatifs des balais d'essuie glace, restituant une vision nocturne plutôt floue et hasardeuse de la route détrempée. Je levais le pied.
A une époque où le GPS n'existait pas encore, où la carte routière devenait illisible à la seule lueur du plafonnier, je repensais soudainement au générique de la célèbre série "Les envahisseurs" qui sévissait alors sur le petit écran :

"Une nuit sombre, le long d'une route solitaire de campagne, alors qu'il cherchait un raccourci que jamais il ne trouva.
Cela a commencé par une auberge abandonnée et par un homme devenu trop las pour continuer sa route...."

A quelques exceptions près, ça collait assez bien avec la situation du moment, sauf qu'en guise de route de campagne, je roulais sur la Nationale 7, déserte à cette heure où les familles terminent leur dîner devant le journal télévisé. J'étais las effectivement. Las d'avoir été retardé plus que de raison par un client pointilleux et indécis, avec cette vague impression de m'être fait avoir durant des heures.
Las d'avoir voulu regagner le temps perdu en prenant par un raccourci, me fiant à mon sens de l'orientation qui tout compte fait m'avait obliger à rebrousser chemin, me faisant manquer de peu la panne sèche en rase campagne.

La ventilation poussive du véhicule ne parvenait plus à éliminer l'excédent de buée qui s'accumulait maintenant sur les parois vitrées de l'habitacle. Même l'autoradio m'avait laissé tomber.
Résolument muet et grésillant, me privant de la seule compagnie qu'il me restait. L'envie d'une douche chaude et d'un bon repas me traversa l'esprit...
Au loin quelques phares d'un jaune blafard signalaient la présence de rares véhicules, comme moi, naufragés de la route...

Tout à coup dans la nuit sombre, un bâtiment au néon bleu et aux fenêtres desquelles émanait une lumière mordorée surgit sur ma droite. Après tous ces kilomètres avalés, un havre de paix et de chaleur me proposait enfin d' interrompre là ma course folle, pour me réfugier dans les draps secs d'une douillette chambre.
Je ne résistais pas, et me garais à proximité de l'entrée de l'établissement.
Je ramassais mes dossiers et emportait le petit nécessaire de toilette qui me suivait dans tous mes déplacements professionnels.


Hôtel Restaurant le Relais de la Route Bleue

Derrière le comptoir, le gardien assis, releva à peine le nez de son magazine.
En cette saison, l'hôtel était vide, le restaurant fermé, mais l'homme, sur ma demande, me tendit volontiers la clé d'une chambre située au premier. Je n'avais que l'embarras du choix.
La décoration de l'hôtel était ancrée années 70. Quoi de plus naturel alors que cette moquette au motifs en zigzag, ce papier peint aux losanges jaunes, et ces lampes aux abat-jours de tissus orange.
Les glorieuses années post soixante-huitardes étaient passées par là, et la mode se devait de respecter un tant soit peu le code couleur de cet âge psychédélique que nul ne pouvait ignorer.
Confort et modernisme telle était la consigne, et ma chambre ne dérogeait pas à la règle de la bakélite, des pieds de meubles chromés, et du dessus de lit aux motifs hippies.
La fenêtre donnait sur la nationale. Il bruinait maintenant. Seules quelques voitures stationnant sur le parking du Relais confirmaient le faible taux d'occupation des chambres.
J'avais bien fait de m'arrêter, la nuit serait tranquille ici. Maintenant que j'avais trouvé le logis, je devais me mettre en quête pour trouver à manger.
Le concierge se désola de la fermeture annuelle du restaurant de l'hôtel, mais en cette saison les clients se faisaient rares. Pour preuve, pour attirer le monde, il laissait les lumières des chambres allumées jusqu'à minuit, comme l'on fait pour attirer les insectes de la nuit, ruse qui pour mon cas avait parfaitement fonctionné ...

Il me conseilla toutefois un petit bistrot du bord de route à quelques kilomètres de là. "Toujours ouvert, même à cette heure-ci, vous ne pourrez pas le rater, il donne sur la nationale" ...
Je repris la voiture au moteur à peine refroidi et suivis la nationale en direction de Varennes m'enfonçant une nouvelle fois dans la nuit.
Comme pour me narguer, il se mit à pleuvoir de plus belle. (à suivre)


Le Relais de la Route Bleue, un petit matin d'hivers.

En Route -

Quelques mètres après le panneau St Loup, voici sur la droite le "Relais de la Route Bleue", toujours fidèle au rendez-vous depuis 50 ans au moins.
En ce lieu, de mémoire d'homme, il y a toujours eu une hôtellerie pour ravitailler les voyageurs de la route.
D'abord relais de poste au temps des diligences, puis petit routier station-essence avec l'arrivée des premiers véhicules automobiles, c'est en 1960 qu'est créé un peu en retrait de la station service
"Le Relais de la Route Bleue", un hôtel "Logis de France" sur deux étages, avec bar, salon, salle de séminaire et restaurant.
La station service quant à elle abandonnée, sera recyclée bien plus tard en un petit snack, sandwicherie.

Sources : Nationale 7: De l'Antiquité à la route des vacances de Thierry Nélias

Jouxtant le parking du relais, un petit snack routier occupe aujourd'hui les locaux de l'ancienne station service.
Derrière, en partie caché, un mur peint sert de support pour des réclames dédiées à la Ceinture Gibaud ou à l'apéritif Suze.


Derrière le snack, un mur peint.


St Loup, route de Moulins, à droite un routier et une station Mobil.

St loup a connu des heures glorieuses. En témoignent ses commerces, hôtels, cafés et garages qui jalonnaient la Route de Moulins.
Aujourd'hui, seul un oeil aguerri pourra en retrouver les emplacements exacts.


Sans doute une ancienne façade de garage.


Imaginez ! un garage, station service Mobil, à la façade immaculée, des pompes à essence,
et au fond de la cour, un café, avec terrasse, jardinières et parasols. Si ! si ! c'était comme ça avant !


La N 7 dans le centre de St Loup.

On trouvera également, dispatchées ça et là sur quelques murs de la ville, des plaques de tôle émaillée reprenant d'anciennes publicités pour Kub, Labo, Castrol, Poulain...
Si certaines semblent récentes et anachroniques, leurs charmes entretient tout de même la mémoire des lieux.


De l'huile moteur au bouillon cube...

Après la place de l'église, les habitations se raréfient et la ville se termine comme elle a commencée. Nous retrouvons la Sologne Bourbonnaise et quelques anciennes publicités.


En direction de Moulins, cette réclame Valentine aujourd'hui difficile à apercevoir.


Ce ne sont pas des murs peints, mais ces publicités sont devenues rares, car interdites par la loi Evin depuis 1991.


Toujours en direction de Moulins, ce mur demanderait à être restauré.
Remarquez l'écusson Noilly Prat sur la porte de la remise.


Sortie de St Loup.

Deux kilomètres plus loin, les premières habitations de Chazeuil font leur apparition.

Chazeuil km 0313

Chazeuil est une commune de l'agglomération de Varennes sur Allier.

A gauche, sur une hauteur, noyé dans la verdure, le château de Chazeuil domine la ville et embrasse toute la vallée de l'Allier.
La N7 passe au pied de ce château privé, entièrement reconstruit au XIXe siècle sur l'emplacement d'un château fort moyenâgeux dont il ne reste plus trace aujourd'hui.


Chazeuil, en 1969, son château, et la RN7.


Plaque de cocher (Photo Henry D.G)

La "route de Moulins", artère principale de Chazeuil, conserve encore quelques maisons basses datant de l'époque du château, on se croirait presque sur la route royale.
Immortalisez les en photos, certaines menace ruines, d'autres ont déjà été détruites.


Chazeuil, route de Moulins, vue en direction de Moulins : vieilles bâtisses sur la RN7.

Remarquez la similitude de couleur des murs décrépis avec la terre rouge du pays.
Tout ici reflète le passé. La ville semble s'être arrêtée de vivre dans ce décor immuable depuis plusieurs siècles.
Mais recherchons ici les traces d'un passé plus contemporain.

Une maison aux persiennes rouges et à la porte murée a camouflé son enseigne, mais on peut encore y lire "Café, Bar, Auberge du Château", signe d'une première hôtellerie.


A peine visible, l'enseigne de l'auberge, café, bar du Château, au pied du dit château.

Au carrefour, à gauche, les grilles de l'entrée du château, une vue immuable depuis des siècles.


L'entrée du château dont on aperçoit les toits au dessus des arbres. Image réactive.

De l'autre côté de la nationale, face aux grilles du château on trouvait au début du siècle dernier le très réputé hôtel Bonjon et son restaurant de la paix.
Aujourd'hui ne subsiste qu'un terre-plein.


Jour de fêtes au restaurant Bonjon.

Traversons le carrefour.
A droite la petite maison aux murs ocre et aux fenêtres en partie murées n'est autre que le défunt "restaurant des Touristes".


Le restaurant des Touristes, et son porte clés promotionnel en forme de pneu.

Difficile aujourd'hui d'imaginer le paysage du bord de route des années 1960.
Essayons tout de même de nous en rendre compte avec un "avant / après" du Café des Sports chez Fernande, juste en face.


Le café des sports, aujourd'hui et au temps de l'âge d'or de la RN7.
Remarquez le flipper et le marquage au sol. Image réactive.

La concurrence était rude à l'époque au carrefour, et ce n'est pas terminé.
A droite maintenant, une petite institution, dans le plus pur style snack routier, l' Etape, hélas lui aussi fermé.

Rendez Vous Nationale 7: Chazeuil, octobre 1975, 21h30. (seconde partie)

"Vous trouverez facilement, vous ne pourrez pas le rater" qu'il disait l'hôtelier.
Et pourtant sorti de St loup, rien en vue. Seule la pleine campagne et la route aux bas côtés inondés. C'était bien ma veine, le seul hôtel trouvé dans le coin ne faisait pas restaurant en cette période de l'année. Je poursuivais tout de même ma maraude, cherchant surtout à ne pas rater un établissement ouvert à cette heure avancée de la soirée.

Le halo cireux de quelques réverbères antiques éclairaient maintenant la rue d'un patelin sans nom, village fantomatique aux volets irrémédiablement clos,
théâtre d'ombres difformes et ruisselantes entrevues dans le faisceau de mes phares.

Puis, soudain, comme posé sur un vaste terre plein, la vision irréelle d'une magnifique gargote, formidable vaisseau lumineux, refuge de la dernière chance.

En quelques secondes à peine, j'avais garé la voiture, franchi les flaques d'eau et affronté les trombes de pluie glacée qui s'abattaient sur la région, pour pénétrer vivement dans ce petit snack hors du monde. J'eu la sensation gênante de m'incruster chez quelqu'un, sans avoir eu la politesse de m'essuyer les pieds avant d'entrer.

Personne.
La petite salle était vide. Les tables impeccablement rangées et les tabourets alignés au cordeau à égale distance du comptoir trahissait une certaine rigueur.
Le juke-box aux chromes astiqués n'allait pas jouer ce soir. Il était débranché.
Ici, le désordre n'était pas de mise. Quel contraste entre la tempête qui sévissait à l'extérieur et la sérénité intérieure du lieu.
Un son se fit entendre, celui d'une télévision dans une pièce située derrière le comptoir. Assurément le patron n'attendait personne ce soir, mais la buvette avait le mérite de rester ouverte à la clientèle de passage.

Je signalais ma présence en agitant mon trousseau de clé.
Une femme apparue : "je ne vous ai pas entendu entré, mais avec ce qui tombe ce soir, c'est bien parti pour la nuit. Vous désirez ?"
Comme pour me justifier, et m'excuser du dérangement, je lui expliquais rapidement ma mésaventure. Sans montrer la moindre compassion, elle me présenta une petite carte tout en me précisant qu'elle ne faisait plus les sandwichs."A cette heure, il n'y avait plus de pain ! ".

Je commandais une bière pression, une omelette-salade et une tartelette et m'installais à une petite table proche de la vitre, scrutant la nuit silencieuse et solitaire, savourant là, sans vraiment le savoir, un moment exceptionnel sur la route nationale 7.

En repassant devant la buvette, aujourd'hui fermée, je ne peux m'empêcher d'évoquer ce souvenir nostalgique vieux de quarante ans. Ma madeleine de Proust en quelque sorte.

En route -

Ne quittons pas Chazeuil, sans avoir rendu une dernière visite :

Au niveau de la station service, sur la gauche, un chemin creux vous mènera jusqu'à la chapelle de Notre Dame de la Ronde située 200 mètres plus haut. Une petite marche à travers cette coulée verte pour découvrir une antique chapelle romane du XIe siècle construite à proximité du château de Chazeuil, sur une éminence qui domine le carrefour et le pont de Chazeuil, point de passage sur l'Allier.
Ce lieu sacré est auréolé d' une mystérieuse légende..


La route nationale vue en direction de Moulins, et la montée vers la chapelle.

Tout commence au XIe siècle, avec l'apparition inexpliquée dans l'église du village d'Agonges, village du Bourbonnais, d'une statue de bois peint représentant la Vierge.
Suite à ce phénomène ressemblant fort à un miracle, la petite statue devenue pour les paroissiens "Notre Dame D'Agonges" trouva naturellement place au chur de l'édifice religieux.

La suite des évènements est plus vague. On ne sait trop pour quelles raisons les villageois décidèrent un jour de remplacer la statue miraculeuse, par une autre statue.
Une version laisse à penser que la statue aurait subie des actes sacrilèges de la part des villageois. Quoi qu'il en soit, la Vierge de bois fut dépossédée de son socle, remisée, et remplacée par une nouvelle statue.
Le lendemain, au grand étonnement des paroissiens, la statue initiale avait repris sa place, tandis que la nouvelle statue gisait à terre. La Vierge fut démontée à nouveau, et cette fois-ci enfermée dans une armoire de la sacristie. Mais comme la veille, la statue réapparut sur son socle, et il en fut ainsi plusieurs jours de suite.
Les villageois insistèrent, jusqu'au jour où la statue disparut pour de bon et nul n'en retrouva sa trace.

A la suite de cette disparition, de grands malheurs s'abattirent sur toute la contrée. Au fond des chaumières, les villageois savaient que la Vierge demandait réparation.

Un jour, un pâtre découvrit la statue de bois dans les ronces, sur une hauteur de Chazeuil, au lieu dit "la Ronde", à plus de 35 km de son lieu d'origine.
Les habitants de Chazeuil s'empressèrent de récupérer la Vierge, et afin de la protéger, lui construisirent une chapelle à l'emplacement du lieu de sa découverte.

Dès lors, les calamités cessèrent sur la région. Les habitants d'Agonges, repentants, vinrent tous les ans, pendant de longs siècles en pèlerinage à Chazeuil, en expiation.
A la révolution, la statue fut cachée puis retrouva ensuite sa place dans la chapelle.
En 1866, le comte de Montagnac, propriétaire du château de Chazeuil, en finança la restauration.
Tous les ans, le lundi de Pâques ainsi que le premier dimanche d'Octobre, les fidèles très nombreux lui rendent hommage.

La statue est d'époque romane en bois marouflé, polychrome, de 80 cm de hauteur.

Pour en savoir plus - Sources et extraits :

http://sanctuaires.coldev.org/index.php?r=cons&sr=cons&id=285

http://jacques.bechon.overblog.com/chapelle-notre-dame-de-la-ronde-de-chazeuil

Après cette petite halte agréable, il est temps de reprendre la route.

 


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textes et conception C@rl juillet 2014