ETAPE 6 : de Magny-Cours à Bessay sur Allier, de 0250 à 0300 km de Paris.

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St Pierre le Moûtier - St Imbert - Villeneuve sur Allier -

En route -

C'est parti pour près de 15 km kilomètres de double voie rectiligne où se succèdent stations service et aires de repos.
Sur l'une d'elle, une ancienne station service reconvertie en petit café-resto, façon routier, propose des menus routiers, snack et friterie.


Le Diabolo, une ancienne station service reconvertie.

On y mange jusqu'à 22h00 et on peut y boire un café à partir de 4h30.

Pour vous garer ne cherchez pas, il y a de la place pour tout le monde. Une étape sympa, et sans chichis. http://restoroutier.free.fr/fiche_58_chantenay.htm

En route -

Nous parcourons ici une des plus longue portion rectiligne de la nationale 7.
Dans la montée du Gras, au lieu dit les Chervis, difficile aujourd'hui de retrouver le Saloon Tex-Mex "Le Tomahawk" et ses Tipis qui accueillaient les routards façon Route 66.
Pour se repérer : c'est à deux pas de la borne du km 99. Juste au pied du peuplier.
Il n' en reste que la route et la dalle en ciment. L'établissement a été frappé d'alignement et rasé en avril 2013 dans le cadre de l'élargissement de la nationale 7.


01 - "Le Tamahawk", seuls, les restes d'une route partiellement bitumée indiquent l'endroit. Image réactive
02 - L'établissement désaffecté avant destruction. / Souvenir d'une belle journée (photo MC Oldkats Clan)

En route -

Quelques maisons annoncent St Imbert, hameau situé à 1 km de Chantenay St Imbert. Nous sommes à 268 km de la capitale.

St Imbert km 0268

La route prend ici l'appellation de "Route de Paris". Le hameau possède encore de belles demeures anciennes dont un remarquable pigeonnier (les Genevrières).

Accident sur la RN 7.

 

C'est ici, en juin 1934 que le très célèbre ténor et acteur Georges Thill, amateur de puissantes automobiles et passionné de vitesse, est victime d'un accident de voiture, au volant de son Hispano Suiza J12 Type 68.

Souffrant d'une fracture du fémur, il sera évacué vers l'hôpital de Moulins et retrouvera la capitale en août pour sa rééducation.

 

 

 

 

A gauche un extrait de la revue Cinémonde 1934

Sur notre droite, pas toujours visible, la voie ferrée où circulent aujourd'hui les trains TER Bourgogne de la ligne n° 09, entre Nevers, Moulins et Clermont-Ferrand.
Au carrefour face au relais Renault, à moins de cent mètres sur la droite, la petite gare de St Imbert est mise en service en 1853 par la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans et dessert alors la ligne de Moret-Veneux-les-Sablons à Lyon-Perrache.


A 100 mètres de la route, la gare de St Imbert, au début du XXe siècles.
et au début d'avril 2013. Image réactive.

Le bien nommé "Hôtel de la Gare", Restaurant, Café, Tabac, judicieusement situé en bordure de nationale et juste derrière la gare, accueillera durant près de 150 ans aussi bien les voyageurs du rail que ceux de la route. Située du même côté de la chaussée, une station essence apparaîtra vers les années 1970 afin de compléter l'offre de service de cette étape.

Au début des années 2000, le projet de sécurisation et d'élargissement de la route nationale 7 à 2 x 2 voies sur la commune, refait surface.
Dans le même temps, la SNCF programme la fermeture définitive du bâtiment voyageur de la gare, transformant St Imbert en simple halte pour TER.

Tous les bâtiments situés à l'ouest de la RN7 vont être frappés d'alignement et seront rasés les uns après les autres, entraînant entre autres, la disparition de l'hôtel centenaire, ainsi que la station service.


cliché 01 : La route de Paris, actuelle vue en direction de St Pierre le Moûtier (sud-nord).
cliché 02 : même vue 100 ans plus tôt avec l'hôtel de la gare en bordure de route.
Image réactive.

Photo n & b : vue aérienne de 1997. Tout un côté frappé d'alignement :
1- ferme au carrefour de la route de Paris et de la rue St Imbert.
2- Station service route de Paris.
3 - Gare de St Imbert.
4- Hôtel de la gare .
Vue actuelle Google Earth couleur : tous les édifices situés en bord de route ont disparu. (exceptée la gare)


Difficile de retrouver l'emplacement exact de la station service. Image réactive.
Heureusement les arbres servent encore de point de repères, plus pour très longtemps.

Le bâtiment de la gare voyageur fermé et désaffecté depuis 2000, sera quant à lui totalement détruit en avril 2013, toujours en prévision de l'élargissement de la route.


Derniers coups de pelleteuses, pour la gare de St Imbert 2013.
(photo le journal du centre)

Au passage, vous remarquerez sur la gauche, une publicité peinte pour Total / Rasurel, ainsi que le beau pigeonnier des Genevrières.


De Total ou de Rasurel qui fut la première à être peinte sur le pignon ?


Bien avant les procédures d'alignement qui frappaient tout le côté ouest de la RN7,
on trouvait cette belle borne Michelin à la sortie de St Imbert.

En route –

La sortie de St Imbert est agréable. La route est ombragée sur plusieurs kilomètres, bordée par deux belles rangées d'arbres.
Mais ce qui la différencie d'avec "La route enchantée", c'est sa barrière de sécurité qui longe les bas-côtés afin de protéger les platanes ou les automobilistes de toutes collisions, ou bien encore les mesquines bornes routières en plastique et en 2 D qui ne jouent pas vraiment la carte de la nostalgie.

Mais les rangées d'arbres, se sont aussi des nuisances occasionnées par des colonies de corbeaux freux qui ont élu domicile dans les branchages.
Par arrêté préfectoral, des tirs aux corbeaux sont organisés depuis déjà plusieurs années entre Saint-Pierre-le-Moûtier et Tresnay, sous la stricte surveillance des lieutenants de louveterie.

Quatre kilomètres de ligne droite plus loin, à Tresnay, au carrefour de la N7 et de la D201, un bâtiment ressemblant à un ancien entrepôt affiche pour enseigne "Au rendez-Vous-Café Restaurant".
On y trouve une aire de lavage pour poids lourds, ainsi qu'une vieille enseigne "Au Bon routier". Quelques camions stationnent sur le terre-plein en partie bitumé.

Je ne sais pas si l'établissement est en activité, il n'est pas affilié aux restos routiers. Quelqu'un a t'il déjà testé cet établissement ?


"Au Bon Routier" bar restaurant au carrefour de la N7 et de la D201.

Au hameau de Cacherat, un panneau publicitaire pour un Snack de bord de route utilise le thème de la bonne vieille borne routière.


Fausse 3D pour cette pancarte publicitaire originale.

Un peu plus loin, un panneau nous informe de notre entrée en région Auvergne.
Nous quittons donc la Région Bourgogne, chantée par Charles Trenet, ainsi que le département de la Nièvre, pour entrer dans celui de l'Allier 03, comme nous l'indique la borne frontière située sur la gauche, en partie dissimulée par la barrière de sécurité.


A gauche - Dans le sens sud-nord, la borne frontière. A droite - Dans le sens nord-sud, un simple panneau "Région Auvergne".

On pourra s'étonner de trouver ici une borne portant l'inscription "De Paris à Antibes". La nationale 7 s'arrêterait-elle à Antibes ?
Et bien oui, jusqu'en 1860. Pour bien comprendre, effectuons un petit voyage dans le temps :

  • Après la dédition de Nice à la Savoie (charte du 28 septembre 1388), les "Terres neuves de Provence" secteur qui correspond globalement à l'actuel arrondissement de Nice, deviennent en 1526 l'un des états de la Savoie sous l'appellation du "Comté de Nice".
  • En 1793, le "Comté de Nice" est annexé par la France. La république française y forme provisoirement un 85e département sous la dénomination des "Alpes-Maritimes", dont le chef-lieu sera la ville de Nice et qui aura pour limite occidentale le fleuve "Var".
  • La "Route impériale 8", est définie comme la route de "Paris à Rome", et passe par Aix-en-Provence, Brignoles, Draguignan, Grasse, Antibes, Nice, Gênes et Florence.
  • En 1814, la France perd le "Comté de Nice" qui devient "Province de Nice" intégrée au Royaume de Sardaigne.
  • La "Route impériale 8" qui traversait le département des Alpes Maritimes pour aller en Italie, s'arrête désormais à la frontière de cette "Province de Nice", sur les rives du Var (à St Laurent du Var, exactement). Il est dans la tradition de dire que la route ne va plus que de "Paris à Antibes", cette dernière ville étant plus importante que St Laurent du Var.
  • En 1824, la "Route impériale 8" devient "Route royale 7". Elle est définie comme "La route de Paris à Antibes et en Italie, par Nice".
  • Sous le Second Empire, la "Route Royale 7" devient "Route Impériale 7".
  • En 1859, la France du Second Empire et le Royaume de Sardaigne concluent une alliance dans le but de rejeter l'Autriche hors de l'Italie du nord. La France reçoit la "Province de Nice" en récompense pour son aide. Dès lors, la route qui part des rives du Var jusqu'en Italie, est classée comme "Prolongement de la Route impériale 7 de Paris à Antibes".
  • C'est en 1870 que la route prendra la dénomination de "Route Nationale 7 de Paris à Antibes et en Italie".
  • Jusqu'au déclassement de 2005, la route allant d'Antibes à l'Italie subira de nombreuses variations d'itinéraires, comme autant de classements en tracés annexes.

Pour en savoir plus :

http://routes.wikia.com/wiki/Parcours_de_la_route_nationale_7_sur_la_Côte_d'Azur

http://fr.wikipedia.org/wiki/Comté_de_Nice

En route -

Déclassement de la route nationale 7, par la réforme 2005 : dans le département de l'Allier, l'ancienne RN 7 conserve en partie son numéro de N7, sauf dans les traversées de certaines villes où elle prend l'appellation de D 707.

La route continue son tracé rectiligne jusqu'à un évitement récent qui surplombe l'ancienne route en un virage et un pont.
C'est la première courbe que nous rencontrons depuis presque 10 km. Sans doute les prémices de la future déviation de "Villeneuve sur Allier".


Première courbe rencontrée depuis 10 km , l'ancien tracé rectiligne est encore visible. Vue en direction de St Imbert. Image réactive.

Sur la droite, au niveau des premières maisons rencontrées, un beau mur peint pour Hotchkiss, le constructeur français d'armement et d'automobile, dont les derniers camions produits datent de 1969.


Comme pour beaucoup de peintures murales, la couleur bleue a plutôt bien résisté au temps.

 

Villeneuve sur Allier. Km 0276


Villeneuve sur Allier

Attention, si "Ville Neuve" il y eut un jour, ce n'est plus le cas aujourd'hui.
La ville moribonde, se morfond. J'ai lu quelque part une expression qui résume assez bien ce point de vue : "Villeneuve, la ville aux habitations sinistrées"...

Depuis des décennies, l'étroite rue principale, sur l'exact tracé de la route nationale 7, est le passage obligé de près de 15000 véhicules journaliers dont 5000 poids lourds.
Véritable goulet d'étranglement à cet endroit, source de nombreux bouchons dignent de ceux organisés par Thierry Dubois (mais ceux là sont faits pour s'amuser), la mythique nationale 7 ne réponds plus depuis longtemps au trafic urbain d'une agglomération aux conditions de vie fortement dégradées et aux nuisances ayant atteint depuis longtemps le seuil de l'intolérable.

Aussi trouvons nous le long de la rue de Paris ou de la rue de Moulins, des habitations aux portes et fenêtres murées, des commerces fermés, des maisons abandonnées, des façades décrépies, des murs emboutis.

Le futur projet de contournement de la ville (2013) devrait ramener un calme que la commune n'avait plus connu depuis des lustres, espérons que ce ne soit pas trop tard et que la ville retrouvera un jour son charme d'antan.


Ça bouchonne à l'entrée de Villeneuve.

Mais le but de notre voyage n'est pas de nous détourner du tracé original de la route mythique.
Faufilons nous entre deux semi-remorques et engouffrons nous sans tarder dans la petite agglomération à la recherche du temps passé.

Une bonne chose déjà, la ville nous réserve son lot d'anciennes publicités murales et de commerces disparus. Revue de détail :

Au premier feu tricolore, à droite sur un pignon de maison, les reliquats d'une publicité peinte pour Radiola, célèbre marque de téléviseurs et d'électroménager.
Le peu qu'il reste de cette affiche arbore encore de vives couleurs.


Peut-être avez vous connu les Autoradios Radiola ?

Sur le pignon nord de la maison suivante, un mur peint pour la marque Texaco, et côté sud pour l'incontournable Dubonnet.


Pignon nord


Pignon sud.

En face un ancien garage à la façade décrépie, surmonté du logo Azur, difficilement visible aujourd'hui.

Un peu plus loin, face à la mairie, on rencontrait jadis "l' hôtel-restaurant de Paris", devenu "le Grillon", aujourd'hui remplacé par le "Bar- Restaurant, Epicerie de l'Escapade".


Difficile aujourd'hui de boire un verre tranquillement assis à la terrasse. Image réactive.

Dans le prolongement, le vendeur-réparateur en motoculture occupe un beau garage au fronton typique des trente glorieuses.


Belle façade pour ce garage qui a trouvé à se recycler.

Sur le même trottoir, l'antique enseigne de l' "hôtel de la gare", nous informe de la proximité du chemin de fer.
Comme à St Imbert, la gare mise en service en1853 est aujourd'hui fermée et désaffectée. Les TER marquent tout de même une halte à Villeneuve.


"Hôtel - Restaurant de la gare" et une publicité pour Vichy St Yorre.

Bien qu'enfant à l'époque, j'ai encore le souvenir de ces nombreux petits hôtels que l'on rencontrait sur le bord des routes et dans lesquels, lors de nos grandes migrations estivales, mes parents s'arrêtaient sans pour autant avoir réservé à l'avance, simplement parce que la fatigue se faisait ressentir, ou parce que le coin nous semblait propice à une halte bienvenue.
Ces petits hôtels familiaux, dans le sens ou ils étaient tenus par une famille, nous réservaient en général un accueil plutôt sympathique. On s'y sentait presque comme à la maison.

Les propriétaires occupait un étage, les chambres des clients un autre. La salle du bas sentait bon le café frais, et l'on pouvait y lire le journal. Parfois on y trouvait même un juke box.
Certes, les toilettes se trouvaient sur le palier, les chambres possédaient souvent le papier peint défraîchit, une literie plus ou moins défoncée, une tuyauterie bruyante... mais la soupe était bonne, les draps propres, l'eau chaude et la nuit calme.

Que demander de plus ? sinon de pouvoir espérer prendre un petit déjeuner sur l'une des tables disposées sur le trottoir en bordure d'une nationale à la circulation clairsemée.
Le tout pour un prix qui ferait pâlir le moindre hôtel low-cost d'une zone commerciale actuelle.

En route -

Au carrefour vous ne manquerez pas la "vespasienne" de Villeneuve. Comme les cabines téléphoniques, ces petits édicules se font rares de nos jours.
Un patrimoine urbain menacé lui aussi de disparition.



Une vespasienne 4 places, sur la N7.

La rue de Paris, aux habitations altérées par une circulation intensive, présente tout de même quelques façades intéressantes.

Un peu d'histoire :

A l'origine, Villeneuve fut créée autour d'un château et d'une chapelle fondés par Pierre de Belleperche, conseiller du roi Philippe IV le Bel, vers la fin du treizième siècle.
Vers 1470, l'installation d'un relais de poste royal vint augmenter l'importance de la localité. Le château lui, fut cependant délaissé et s'écroula vers 1570.
En 1567, Nicolas de Nicolay, géographe du roi Charles IX, décrit « la Villeneuve » comme un gros bourg avec paroisse, poste, vieux château ruiné, le tout contenant cinquante cinq feux (55 foyers fiscaux).
Les registres et archives mentionnent déjà au XVIème siècle les hôtelleries des Trois Roys (ou des Trois Maures), de la Croix Blanche et de la Tour d'Argent.
Extrait du site : http://villeneuvesurallier.fr/


Quelques façades de la rue de Paris.


Intéressante photo de la Rue de Paris, vue en direction de Nevers. Image réactive.
En noir et blanc, remarquez l'état général de la route sur laquelle ne passe pratiquement que des attelages hippomobiles.
La rue est bombée pour mieux évacuer l'eau de pluie dans les larges caniveaux de pavés disjoints.
A gauche, l'hôtel de la Croix Blanche, dont l'enseigne accueille les rares automobilistes, propose
un présentoir de bidons de 5 litres de carburant, ici de la marque Motricine (Cie Industrielle des pétroles).
C'est à l'époque le seul moyen de se ravitailler, les stations essence n'existent pas encore.


Deux inscriptions sur le linteau d'une porte permettent d' en dater la maison :
Posée par moi Emille Royet âgé de 8 ans le 8 avril 1844 , Posée par moi Erneste Meunier âgé de 16 mois le 8 avril 1844.

De nos jours, il ne reste rien de l'hôtel de la Croix Blanche. Quellques mètres plus loin, à hauteur de la place de l'église, voici tout de même l'hôtellerie de la "Tour d'Argent".
Le lieu, qui a abandonné sa fonction d'hôtel et qui à changé de nom, restaure toujours le voyageur de passage qui n'aura aucune peine pour garer son automobile sur la place du marché.


Belle vue de la Nationale 7 et de la Tour d' Argent.


Restes d'inscriptions de la Tour d'Argent encore visibles rue de Moulins.

Ci-dessous les inscriptions originales.

Des monstres à Villeneuve sur Allier.

En 1934, on s'amusa d'une drôle d'affaire à Villeneuve sur Allier. A l'instar du monstre du Loch Ness, un monstre hantait les eaux de l'Allier. L'affaire fit grand bruit à Vichy et dans tout le département, bien que personne ne l'ait vraiment aperçu, les esprits s'enflammaient.

Les gens se précipitaient sur les rives de l'Allier à la recherche du moindre indice. On établit des surveillances. Un temps on pensa à un crocodile, ou à un saurien relaché dans la nature, mais finalement de monstre, pas un soupçon. Tout compte fait cette affaire s'avéra être un fameux canular inventé de toute pièce par quelques journalistes facétieux..

Pourtant à Villeneuve sur Allier, du monstre il y en avait, et même plusieurs. Certes, ceux-ci n'étaient pas de gros monstres comme celui dont parlaient les journaux de Vichy, mais qu'était-ce vraiment ?

Les plus grands qu'on ait vu mesuraient un mètre tout au plus.

C'est le père "La vapeur", pêcheur impénitent, qui un jour remonta dans ses filets d'étranges créatures. Pensant jusque là connaître toute la faune de sa région, il s'étonna devant l'aspect de ces spécimens.

Se mouvant comme un reptile, verdâtres, tachetés et sans écailles, les animaux possédaient un long corps d'anguille, des nageoires, une tête de goujon et poussaient des cris semblables à ceux "d'un chat qu'on étrangle".

Le père "la Vapeur" décida de montrer ses prises au Curé de Villeneuve, l'abbé Dumas, naturaliste distingué par un prix de l'académie scientifique pour un ouvrage consacré aux protozoaires.

L'abbé resta perplexe devant la pêche de "la Vapeur". Pour lui, ces créatures tenaient plus du monstre que de l'anguille ou de la lamproie. Peut-être assistait-on à une mutation naturelle de la faune aquatique de l'Allier.

Quoi qu'il en soit, devant tant de scepticisme, le père "La Vapeur" décida que sa pêche ne serait pas perdue pour tout le monde. Au bistrot du coin, on vida les poissons et on les fit cuire au gratin et tous les amis de "la Vapeur" se régalèrent de la monstrueuse pêche.

Sources :

Barjavel : Les enfants de l'ombre

Coupures de journaux "Le Progrès de l'Allier"

Les mystères de l'Allier : Jean Débordes

En route -

Quelques mètres plus loin, le châtelet à la façade couleur saumon, n'est autre que l'ancienne Hôtellerie des 3 Roys, déjà mentionnée au XVIe siècle, aujourd'hui maison d'hôtes.
En face, l'établissement de la Régence a troqué son ancien restaurant contre une pizzeria plus dans l'air du temps.


L' Hôtellerie des trois Roys. Image réactive.


L' hôtel restaurant de La Régence, s'est transformé en Pizzeria.

La ville se termine rapidement à travers un faubourg de maisons plus récentes.
Si les camions ne vous bouchent pas la vue, vous apercevrez peut-être sur la gauche, une dernière plaque Michelin pour le chemin d' Intérêt Commun IC 33.

Quelques centaines de mètres après le panneau de sortie de Villeneuve, au hameau des Courtauds, dans un champs sur la gauche, est élevé un petit monument avec des photos incrustées.
Il s'agit d'un monument commémorant un accident de la route dans lequel périrent trois chauffeurs routiers .


Sortie sud de Villeneuve, sur la gauche dans un champs, un monument funéraire.

La route passe finalement sur 2 x 2 voies, et autorise une vitesse de 110 km/h.
Trois kilomètres après la sortie de Villeneuve, sur la gauche, entre deux petits pavillons de briques rouges, l'entrée du Château d'Avrilly. Un château édifié à partir du XVe siècle.

Aujourd'hui c'est un domaine privé, entouré d'un parc de 100 hectares, avec bassins et jardins à la française.

http://www.chateauavrilly.com/index.html


L'entrée du Domaine d'Avrilly.

A quelques mètres de là, sur la droite, entre la voie ferrée et la route, une stèle monumentale, avec pour seule indication un panneau sur lequel on lit : Monument du dirigeable République.


Un monumental gisant incliné représentant l'équipage du dirigeable "République".

Difficile ici de marquer l'arrêt, la voie est double, et rien n'est prévu pour le stationnement.
Au vu de l'importance du monument, l'épisode qu'il commémore a dû être tragique et faire grand bruit à l'époque.

"La République" (au féminin) était un dirigeable militaire de type Lebaudy, construit dans les ateliers des frères Paul et Pierre Lebaudy, à Moisson (Yvelines) et mis en service en juillet 1908.

Après les campagnes d'été 1908 et 1909 qui consistaient en essais, ascensions, manœuvres d'instruction, et autres mises à l' épreuve du dirigeable, la campagne d'automne 1909 voyait la participation de "La République" aux grandes manœuvres du Bourbonnais.

Un hangar amovible, conçu pour recevoir le Ballon fut installé à Lapalisse.
Le voyage de départ de Chalais-Meudon (Hauts-de-Seine) vers Lapalisse fût assez compliqué. Le ballon subit une avarie qui l'obligea à dériver puis finalement à être dégonflé en attendant les réparations sous le hangar amovible.


"La République" devant son hangar amovible à Lapalisse.


Le 12 septembre, "La République", s'élevait enfin dans les airs et participait avec succès aux grandes manœuvres militaires du Bourbonnais.

Au terme de ces exercices, et devant le bon comportement du dirigeable, il fut décidé de le rapatrier sur Chalais par la voie des airs.
Le 25 septembre à 6 h. 45, "La République" s'élevait dans les airs, avec à son bord le capitaine Marchal, le lieutenant Chauré, les adjudants Réau et Vincenot. Il prit la direction de Moulins en suivant la route nationale.

Trois automobiles l'escortaient ; l'une montée par le lieutenant aérostier Tixier et deux sous-officiers du génie ; l'autre encombrée de cordages et de cordes qui eussent pu être utilisés en cas de besoin ; la troisième emportait les envoyés spéciaux du "Matin".
A 8h30 à Moulins, la population avertie acclama l'équipage qui salua de la main et du képi.

A huit kilomètres de Moulins, alors que le ballon passait au-dessus de la propriété du comte de Chabannes-la-Palice, à Avrilly, il donna de la bande de droite à gauche, puis se redressa dans un mouvement brusque du gouvernail.

"Quelques secondes après, une des pales de l'hélice droite de la nacelle se détachait et venait entailler l'enveloppe tel un rasoir, provoquant une déchirure d'où s'échappa l'hydrogène. Dans un mouvement vertigineux, comme une énorme flèche, le ballon plongea droit vers la terre".


Montage photo illustrant la chute du dirigeable (L'illustration)

Les restes du dirigeable sur le bord de la route nationale face aux grilles du château d'Avrilly.

"Un silence pesant, succéda à cette chute d'environ 300 mètres de haut. De l'auto militaire les cordiers bondissent et commencent à couper les cordes pour soulever l'enveloppe. Du château d'Avrilly, le comte de Chabannes et M. Jean Maugué, spectateurs de la catastrophe, accourent avec des équipes d'ouvriers qui viennent prêter main-forte. La seconde auto militaire amène le lieutenant Tixier sur le lieu de la catastrophe. Par une ironie du sort le lieutenant venait d'adresser un télégramme au parc de Chalais annonçant que tout allait bien."

Les dépouilles des 4 militaires aéronautes tous tués sur le coup, furent extraites et transportées dans un pavillon du château d'Avrilly, transformé pour l'occasion en chapelle ardente.


Sur ce cliché de l'agence "Rol", des badauds s'affairent autour du point de chute du dirigeable.
Nous sommes en 1909 sur la N7 et chacun aura reconnu les grilles du domaine d'Avrilly.

Des funérailles nationales furent célébrées le 28 septembre 1909 en la cathédrale de Versailles.


Le premier monument qui marqua l'emplacement de la catastrophe en attendant la stèle définitive..
Remarquez la voie ferrée en arrière plan.


L'actuel monument, oeuvre du célèbre sculpteur Henri Bouchard date de 1909.

Pour de plus amples renseignements, tapez "dirigeable république" sur un moteur de recherche. Sinon quelques sources :

Les grandes manoeuvres du Bourbonnais : http://palicia.blogspot.fr/2009_09_01_archive.html

Un témoin de la catastrophe : http://www.histoire-genealogie.com/spip.php?article1918

Tout sur la stèle : http://www.aerosteles.net/fiche.php?code=trevol-republique

En route –

Au prochain rond-point, il va falloir laisser la double voie N7 qui dévie de la ville de Moulins, pour emprunter l'ancien tracé qui passe à gauche par la D707.
Facile à reconnaître c'est la route bordée d'arbres. Un charmant tronçon qu'il serait dommage d'oublier au nom d'un sacro-saint "pas de temps à perdre".
Surtout que les véhicules se font rares de ce côté-ci. La route déserte est à nous.


A droite l'actuelle N7. A gauche l'ancienne route que l'on récupère au rond-point suivant.

A gauche, un corps de ferme en U. Si l'habitation paraît repeinte et assez récente, il s'agit tout de même d'un ancien relais de Poste déjà signalé sur les cartes de Cassini.
Comme on pourra le constater, la route a été remblayée et rehaussée de presque un mètre depuis le temps des malles-poste.


L'ancien relais de Poste sur les terres de Trévol

Sur le mur d'une maison en ruine, sur la droite, une publicité pour le chocolat Poulain. Uniquement visible en direction du nord.

Quelques entrepôts signalent une petite zone d'activités commerciales, vite traversée.
Après les concessions automobiles, la route traçait tout droit à l'époque.
Depuis 1996, la N7 évite la ville de Moulins, du coup l'ancien tracé est ici légèrement modifié de façon à passer par dessus la rocade de contournement et la voie ferrée.


Image réactive.

Photo aérienne noir et blanc de 1975 :
La N7 du Nord (gauche) vers le Sud (droite), passe par dessus la voie ferrée, avant de filer vers Moulins.

Cliché couleur actuel du même secteur :
La voie rapide de contournement de Moulins (actuelle N7) à fait son apparition à l'ouest de la voie férrée (bas de cliché) .
L'ancien tracé passe désormais par un échangeur avant de récupérer sa trajectoire vers Moulins.

Empruntons l'échangeur de "Pince Cul" (c'est son nom) et franchissons l'actuelle N7, nous voici à Avermes.



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mars 2014