ETAPE 6 : de Magny-Cours à Bessay sur Allier, de 0250 à 0300 km de Paris.

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[départ] Magny-Cours - Moiry - St Pierre le Moûtier

Cette nouvelle étape débute à la sortie de Magny-Cours à 250 km de la capitale.

Pour Rappel : Nous sommes dans le département de la Nièvre (58) en région Bourgogne-Franche-Comté.
Déclassement de la route nationale 7 : par la réforme 2005 , dans le département de la Nièvre, la nationale 7 originelle porte l'appellation D907.
Pour compliquer un peu , depuis 2010, après Nevers, l'Autoroute A77 est prolongé par la (nouvelle) Route Nationale 7.

En Route -


Totem "La Route Bleue Historique", à l'entrée Sud de Magny-Cours



Photo JF.Lobreau

Au lieu-dit du "Pont des Pelles", un méga-échangeur permet de gagner la nouvelle N7 ou de rejoindre le circuit de Magny-Cours.


Le Circuit à proximité de la N7.

Mais ne nous éloignons pas trop de notre parcours. (pour l'histoire du circuit automobile, voir Magny-Cours à l'étape 5)
La route qui nous intéresse est la D907, en direction de : Mars sur Allier et Moiry.

Voici sur la droite, les bâtiments modernes de l'Agropôle du Marault, ancien pôle des éleveurs de la filière Charolaise, dont le but était la promotion de l'élevage Charolais et de la viande Charolaise de qualité.
Je dis était, car depuis 2013 le pôle en perte d'activité cherche à se renouveler.
En 2016 le conseil départemental acquiert la Ferme du Marault.
Son engagement est de faire du site une vitrine de l'agriculture, des produits et savoir-faire artisanaux d'excellence et des énergies renouvelables.

https://www.facebook.com/agropoledumarault


L'Agropôle du Marault en bordure de route nationale 7. Image réactive.
La Ferme - photo Claude.K

Le Toponyme Marault, vient de mare ou marécage et de fait, le site agricole occupe l'emplacement d'anciens marécages asséchés au XVIIe siècle à la demande de Colbert.


La ferme Marault en 1908. Derrière le muret à droite, passe la RN7.


On regrettera tout de même les anciennes bornes kilométriques..

La route en pleine campagne est agréable.
Quelques mètres avant le village de Moiry, une belle publicité peinte, pour le chocolat Menier, inventeur de la tablette de chocolat.


Mur peint Menier encore bien conservé à l'entrée de Moiry. Image réactive.
Photos Claude.K

A l'entrée du bourg, sur l'îlot central qui sépare la chaussée, un rail de chemin de fer et un drapeau Américain, matérialisent l'endroit où passait jadis la voie ferrée reliant la gare de Mars sur Allier à l'Hospital Center de St Parize le Châtel.


Drapeau Américain et rail de chemin de fer à l'entrée de Moiry sur la N7/D907
Photo municipalité de St Parize le Châtel

L'Hospital Center était un hôpital de campagne militaire, édifié en janvier 1918 par l'armée Américaine.
Un vaste complexe hospitalier qui s'étendait sur plus de 300 hectares, composé de 848 baraquements et pouvant accueillir 20 000 lits.

Le chantier, énorme, mobilisa en renfort de nombreux Indochinois. Pour s’alimenter en eau, le camp fut relié à l’Allier par 8 km de conduites.
Il se décomposait en 20 blocs comme autant d’hôpitaux autonomes, avec leur propre commandement.
Chaque bloc comptait un millier de personnels (médecins, infirmières, etc).

Les soldats blessés sur le front étaient rapatriés par train via la gare de Mars sur Allier, puis toujours en train rejoignaient l'hôpital militaire pour y être soignés.

Extraits des plaquettes : Histoire du Site et parcours du patrimoine : https://www.saint-parize-le-chatel.fr/
Extraits du Journal du Centre :
Centenaire Le souvenir de l'hôpital américain de Saint-Parize-le-Châtel 100 ans après. 18/06/2017;


Implantation de l'hôpital militaire Américain.
La ligne pointillée jaune représente la voie ferrée qui venait de la gare de Mars sur Allier, coupait à l'époque la nationale 7 (actuelle D907 en rouge)
et rejoignait les baraquements de l'hôpital militaire.
Les rectangles ocre (de part et d'autre de la N7 actuelle , prolongement de l'A77) situent les cimetières militaires. Photo :
https://www.saint-parize-le-chatel.fr/


Panneau vintage .. aujourd'hui c'est D907. (photo Claude.K)

Moiry Km 0254

Moiry, autrefois appelée Méry, est une ancienne paroisse rattachée à la commune de Saint-Parize-le-Châtel.
N'y cherchez pas d'église, elle a depuis longtemps disparue.

Moiry, n'est aujourd'hui qu'un simple village-rue aux maisons basses et pour la plupart aux volets clos, signe de peu d'activité.
Il est loin le temps où des excursions proposaient la visite du village à la découverte des maisons à pignons dites à "redents" ou en escalier de pierre,
réminiscences architecturales du XVIIe siècle, laissées par les ingénieurs flamands engagés par Colbert, pour combler les marécages de la ferme du Marault.

J'ai eu beau arpenter les ruelles du village, aujourd'hui, plus trace de maisons à pignons à redents à l'horizon.


Il subsiste encore quelques maisons anciennes, mais la tendance générale est au ravalement de façade sous enduit et peinture,
histoire de perdre un peu plus en caractère.

Sur la place, une cabine téléphonique attend un hypothétique voyageur en panne de téléphone mobile.
Comme les publicités murales, celle-ci fait maintenant partie d'un patrimoine urbain amené à disparaître sans regrets, sans même que l'on y prête attention.


Depuis 2015, l'objet urbain a disparu .

La bien nommée Route Bleue, rue principale du bourg est déserte et ne propose plus rien, on ne s'y arrête plus.
Les commerces et les dernières auberges ont définitivement baissé le rideau, et la nouvelle route nationale 7 a fini de plonger le village dans l'oubli général.
Qui se souvient aujourd'hui de l'auberge de la Christoline, anciennement le "Relais Fleuri", et même de l'antique "Rayon de Soleil" ?


Au Rayon de Soleil, Hôtel Restaurant garage et pompe à essence, prix modérés. Image réactive.
Auberge de la Christoline, fermée à l'aube des années 2010.


Sur le pignon sud, on s'aperçoit que la bâtisse avait toujours été fidèle à sa vocation d'auberge. Photo Claude.K

A quelques mètres de là, de l'autre côté de la rue, une construction pour le moins inattendue, en tous les cas incohérente avec les autres habitations du village.


Entre motel défraîchi de la côte ouest américaine ou vieille pension de famille de la côte vendéenne, l'incongruité de ce bâtiment interroge !

La dernière dénomination de l'établissement, désormais fermé, fut l'hôtel de la Rocade, il y a de cela plus d'une décennie.
L'aventure architecturale de ce petit hôtel de province semble avoir fait preuve, tout au long de son existence, d'un certain avant-gardisme avec son balcon, ses murs de béton, ses toits plats en terrasse, ses formes cubiques tout droit issues des années 1970.
Sur le bord de la route à la fin des années 1920, l'hôtel arborait déjà un petit côté moderne qui le démarquait des autres habitations plus traditionnelles de la rue.



Hôtel, Restaurant, confort moderne, eau courante, téléphone, prix modérés, garage, pompe à essence. Image réactive.
une certaine idée de modernisme avant l'heure. Image réactive.

(photo 2 Claude.K)


On quitte Moiry à hauteur de la petite école communale sur la droite. Photo Claude.K

En route -

Un kilomètre après la sortie de Moiry, un échangeur routier nous dévie quelque peu de l'ancienne trajectoire de la route nationale / D907.
L'instant est solennelle, car ici, deux générations de route nationale 7 se rencontrent.

Communiqué du Conseil Général de la Nièvre :

L' inauguration du prolongement A77 :
L' autoroute qui relie Paris au Circuit de Magny-Cours est désormais terminée.
La portion deux fois deux voies RN 7 Nevers Sud - Magny-Cours /Moiry dont les travaux avaient commencé en 2008 a été ouverte à la circulation le 18 janvier 2011. (source CGN)

Mais tout ceci n'est que provisoire.
A terme, l'A77/N7 formera un maillon du nouvel axe autoroutier en grande partie gratuit desservant en étoile Clermont-Ferrand, Saint-Étienne et Lyon depuis Paris par la vallée de la Loire et devrait constituer une véritable alternative aux autoroutes A6 et A71. (info wiki Sara).

En 2013, les nouveaux travaux de terrassements le long de la RN7 confirment déjà le prolongement de l'autoroute / voie express.

Article extrait du JDC août 2013 :

Mi-mai, le chantier de la RN 7 à 2 x 2 voies, stoppé au sud de Moiry depuis plus de deux ans, a repris, direction Saint-Pierre-le-Moûtier.
Un nouveau tronçon de voie express de 5,5 km pourrait être achevé fin 2015.
Pour l'heure, les engins de chantier ont marqué l'emprise de la future route, sur une première portion de 4 km, reliant Moiry au lieu-dit Maison Rouge.
Elle devrait ouvrir fin 2014. (JDC)

La question qui se pose est de savoir si ce nouveau tracé viendra simplement suppléer la route déjà existante, ou viendra-t-il totalement la rayer de la carte, comme il le fait déjà entre Maltaverne et Pouilly sur Loire ?

Elément de réponse : depuis juillet 2016, les deux tracés, ancien et nouveau cohabitent jusqu'à St Pierre le Moûtier.

 

En attendant, les deux routes filent côte à côte plein sud.
La D907 auparavant sur 3 voies, a cédée sa voie de droite au terre plein qui sépare maintenant les deux axes routiers.



La D907/N7 sur deux voies, longe la nouvelle N7 sur sa droite. Image réactive.
En 2013 La D907/N7 était à 3 voies.

Ci-contre : l'ancienne nationale 7 (en jaune, flèches rouges) côtoie la nouvelle voie express N7 (en bleue)


Le panneau indicateur estampillé N7 est encore debout, ce n'est plus le cas de la remise en pierre. Image réactive

Sur notre droite, un restaurant au toit de chaume que l'on pourrait croire, au premier abord, être un restaurant de la chaîne Courtepaille.
Il s'agit de la Grande Chaumière, restaurant réputé sur la nationale 7 depuis 1972.
L'établissement est aujourd'hui définitivement fermé, laissé à l'abandon.

La faute à la nouvelle route nationale 7 qui au fil de son avancée, s'est substituée progressivement à l'itinéraire légendaire.
Au détour des agglomérations la voie express n'offre à l'automobiliste pressé que de rares entrées ou sorties, l'obligeant ainsi à parcourir de longues portions de route sans rencontrer ni village, ni commerce.
Avec une clientèle maintenue ainsi à l'écart et des établissements devenus moins visibles de la route, ces derniers n'ont pas d'autres solutions que de baisser définitivement le rideau.
La Grande Chaumière est typiquement dans ce cas, après 40 années de bons et loyaux services passés sur le bord de la route mythique.


Ultime tentative de la Grande Chaumière pour essayer de se faire repérer de la nouvelle route... en vain.

En route -

Saint Pierre le Moûtier est annoncé.
Le centre ville de l'agglomération est dévié depuis 1986.
La déviation fut mise en service provisoirement à 2x1 voies le 11 juillet 1986 et ouvrit à 2x2 voies au mois de septembre 1986.


Nous voila obligé d'emprunter la nouvelle voie express sur 300 mètres environ.

Un premier projet de déviation de la RN7 au droit de Saint-Pierre-le-Moûtier fut établi en 1939, déclaré d'utilité publique le 22 avril 1941.
Les premiers terrassements furent commencés en août 1941.
Après seulement 11 mois de chantier, les travaux furent interrompus le 14 juillet 1942 sur ordre de l'autorité allemande.

Pour en savoir plus : https://routes.fandom.com/wiki/Déviation_de_Saint-Pierre-le-Moûtier

Le tracé de la RN7 originale passe donc par le centre ville.
Un tracé authentique que nous n'allons pas tarder à suivre, après quelques circonvolutions qui nous obligerons à abandonner un temps le tracé originel,
à rouler quelques hectomètres sur la voie express, pour enfin retrouver l'axe historique en empruntant la sortie vers St Pierre le Moûtier / Decize.


200 mètres de l'ancienne route délaissée (photo Claude.K)


Photo Claude.K

St Pierre Le Moûtier Km 0260

Le nom de "St Pierre le Moûtier" vient du latin "Sancti Petri Monastérium" ou "Monastère de St Pierre" édifié au VIIe siècle par les bénédictins de l'Abbaye Saint-Martin d'Autun. (moutier est l'ancien synonyme de monastère, dans sa version moderne il s'écrit sans accent circonflexe).

Pendant près de trois siècles, le Sancti Petri Monastérium se fait oublier, jusqu'en 1164, où l'abbé demande au roi de France, Louis VII, de prendre le monastère sous sa protection.
En 1169 "St Pierre le Moûtier" est déclaré ville royale, à cela s'ajoute le droit d'y exercer la justice.
La ville devient une juridiction notable et joue un rôle politique important sur toute la région.

Siège d'un des quatre grand Bailliage Royal sous Philippe Auguste en 1222, le bailli possède à la fois le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire.
Eglise Paroissiale en 1234, Henri II y ajoutera un présidial (tribunal de justice) en 1551.

En 1421 la place tombe aux mains des Anglo-Bourgignon.

En novembre 1429, Jeanne d'Arc en route pour libérer La-Charité (sur Loire), arrive devant Saint-Pierre-le-Moûtier tenu par la nombreuse troupe des gens d'armes de Monseigneur d'Albret et de ses alliés anglais.
Le 4 novembre l'assaut est mené et la ville libérée.
Jeanne d'Arc épargnera la ville du pillage et viendra prier régulièrement dans l'église de Saint-Pierre durant les quelques jours précédents son départ pour La Charité.

1610-1789 : Peu d'événements marquants au cours de cette période. Saint Pierre se contente de rendre la justice et de mettre en ordonnance les décrets et les lois du Roi.

Voir ici quelques exemples cocasses des procès qui s'y tenaient : http://www.lescheminsdupasse.fr/presidial.html

En 1622, les moines de l'ordre de St Augustin construisent un couvent au sud de la ville. Peu de temps auparavant, des chanoines fondent un collège et bâtissent une église, nommée Eglise Notre-Dame.

 

Sous le règne de Louis XVI, les graves difficultés économiques obligent le roi de France à convoquer les Etats généraux, qui ne s'étaient plus tenus depuis 1614 (sous Louis XIII).
En 1788, l'annonce de la convocation des Etats Généraux ravive la vieille rivalité entre les bailliages de Nevers et celui de St Pierre le Moûtier qui se partagent le duché du Nivernais
Après les Etats Généraux, Saint Pierre perd sa fonction de ville royale. La ville devient, en 1790, l'un des 19 chefs-lieux de districts du département de la Nièvre.

L'époque glorieuse de la ville s'achève sous le premier empire.
St Pierre-le-Moûtier devient simple chef-lieu de canton.
La bagarre pour le bailliage qui tourna finalement à l'avantage de Nevers fut sans doute l'une des causes qui coûtèrent à St Pierre la préfecture du département.
Cette dernière, trop proche de Nevers, n'obtint même pas le titre de sous-préfecture.
Le vivier de moines et de religieux perdit de l'importance au fil des ans, jusqu'à disparaître totalement.

Sources :
Nevers et Moulins par Jean Locquin ( Forgotten Books ),
Une page d'histoire de France écrite à Saint-Pierre-le-Moûtier, par l'Abbé Pierre Baudin, curé et doyen de Saint-Pierre.

Site officiel de la Mairie de Saint-Pierre-le-Moûtier

Dans son guide classique du Voyageur en France de 1830, l'auteur Richard, note : St Pierre le Moutier, curiosité : la coiffure des femmes !

Si l'auteur n' a pas jugé bon nous en dire plus, c'est sans doute qu'à l'époque cela paraissait évident, ce n'est plus le cas aujourd'hui.
Peut-être était-ce en référence à la coiffure bouclée des habitantes, paraît-il assez fréquente en Auvergne.

En route -

Zone pavillonnaire contemporaine dans sa première partie, le faubourg de Nevers, au fil de ses rues, remonte peu à peu les siècles à l'approche du centre bourg.
Rue du "Commandant Leiffeit", les maisons bourgeoises sont déjà plus anciennes et les portes cochères, transformées en porte de garage, font leur apparition.
Ici d'ailleurs, une plaque de cocher défie toujours le temps.


Plaque de cocher restaurée en juillet 2018 par Nicolas Jamois. Photo Claude.K


Le faubourg de Nevers.


Evolution des panneaux de signalisations au fil des âges .. après la plaque de cocher voici la plaque Michelin. Photo plaque Claude.K

Place de la république , nous voici au cur touristique de la ville.
Non pas que celui-ci recèle des richesses pittoresques dont sont avides nos chers touristes, mais nous sommes ici à environ 3 heures de Paris et, l'heure de midi correspondait à peu près à l'arrivée des voyageurs ayant quitté la capitale le matin.
Il est donc normal d'y trouver de nombreuses auberges, la plupart proposant également le gîte.
La ville était une étape appréciée des voyageurs et l'on y dénombrait, à la grande époque, pas moins de 35 débits de boisson.


Sur la droite l'Hôtel du Bon Laboureur devant lequel sont garés deux véhicules,
en face l'Hôtel du Cheval Blanc et le relais Gastronomique à gauche.
On devine une borne Michelin en face du Cheval Blanc. Image réactive.


Remarquez la plaque Michelin à gauche et la plaque directionnelle sur le mur à droite. Image réactive.
C'est moins glamour aujourd'hui !

Aujourd'hui à part le "Cheval Blanc", qui ne fait plus auberge, vous ne trouverez pas ici de quoi vous attabler et encore moins de quoi passer la nuit.
Jouxtant le "Cheval Blanc", on trouvait l'hôtel restaurant du "Commerce", qui avait jusque là réussi à traverser les âges.
On raconte que Jeanne d'Arc y séjourna.
De l'autre côté sur la place, L'hôtel Restaurant du "Bon Laboureur" a lui aussi fermé ses portes.


Dans une arrière ruelle, l'entrée du parking de l'hôtel du Commerce. Photo Claude.K
(image réactive)

Rendez vous nationale 7 : dimanche 3 août 1969. 14h30. Episode 10.


La petite Opel a maintenant trouvé sa vitesse de croisière.
Après nos multiples mais nécessaires haltes rituelles du matin, après notre casse croûte à Neuvy sur Loire et une traversée de Nevers plutôt désorientée - mon père n'ayant pas souhaité suivre les déviations conseillées qui nous auraient permis d'éviter la traversée d'une ville chamboulée par les grands travaux de contournement - nous voici en campagne Nivernaise, un peu somnolents à l'arrière du véhicule.
Le sud est encore loin, normalement c'est pour demain en soirée, peut-être après demain.
St Pierre le Moûtier est annoncé.
Mes parents s'y arrêteront un instant, histoire de réserver la chambre pour notre voyage retour prévu dans trois semaines. Nous choisissons en général l'hôtel situé sur la place.
Un petit hôtel restaurant dans la pure tradition provinciale, une bonne table sans prétention et surtout une chambre calme au charme rustique, à mille lieues de la froideur "design" que l'on retrouve aujourd'hui dans beaucoup d'établissement hôteliers. Une autre époque.
C'est là que nous passerons la dernière nuit de nos grandes vacances, dans le cadre champêtre de cette petite ville.

Mais trêve de rêvasserie. La fin des vacances n'est pas pour tout de suite. (à suivre)


L'enseigne sauvegardée du Bon Laboureur. Photo Claude.K

Le calvaire rappelle que le "chemin Nivernais de Compostelle" fait étape à St Pierre le Moûtier.
Le muret borde l’ancien étang du prieuré entièrement asséché et mis en culture vers 1835.

St Pierre le Moûtier me fait penser à une vieille dame très âgée qui assiste avec regret et mélancolie au passage irrémédiable du temps.

Cette dame, un peu comme les façades et les murs de la ville, a dû être jolie à son époque.
Mais la vie est passée si vite, à l'image de ces vagues de vacanciers traversant la ville par la nationale 7, véritable artère de vie à la grande époque.

Ville étape sur l'itinéraire des Pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle, juridiction importante du royaume de France, St Pierre le Moûtier a été témoin de toutes les évolutions.

Evolution mécanique avec le passage des attelages de chevaux aux automobiles toujours plus rapides et luxueuses.

Evolution des murs avec les congés payés et ses migrations de touristes lancés à l'assaut de la côte d'azur n'hésitant pas à s'arrêter dans les nombreuses auberges que proposaient la ville.

Evolution du réseau routier, avec l'ouverture de la rocade et du coup, les premiers détours de ces mêmes vacanciers qui maintenant boudaient la ville.

Evolution des normes enfin, obligeant les hôteliers et les restaurateurs à investir dans de coûteuses transformations, financièrement difficiles, voir impossibles à supporter et qui du coup auront provoqué la mort de pratiquement tous les établissements.

Dans quelques temps, l'A77 et son prolongement en RN7 devraient à leur tour filtrer les opportuns en les éloignant toujours plus loin de la ville, comme un dernier coup de grâce asséné à la petite commune.

 

Photo de gauche Claude.K

En 2016 la municipalité se lance dans des travaux de "requalification du centre bourg".
En gros, comment faire revivre un centre ville désormais devenu moribond ?

Au demeurant le projet est vite renommé "revitalisation du centre-bourg".
La solution passe alors par tout un tas d'actions à mener que seuls les chefs de projet et les mandataires des cabinets d'expertise sont à même de comprendre :

Voici ce qu'il faut faire, à vous de voir comment le faire :

- redynamiser la démographie,
- favoriser l'attractivité,
- améliorer le cadre de vie,
- impulser une nouvelle image,
- développer une démarche participative,
- préconiser une cohérence de la stratégie...

bla bla cabalistique et incompréhensible pour le non initié !

Bon tout ça ne nous fera pas revenir Jeanne d'Arc, mais jugeons plutôt du résultat aujourd'hui.

En route -

Les travaux de revitalisation du centre ont amenés certaines transformations.
La rue de Paris, la rue la plus commerçante du bourg, est désormais à sens unique.
Les plaques Michelin ont heureusement été conservées.


A l'entrée de la rue de Paris, deux plaques dont l'une est sponsorisée par l'Automobile Club du Centre ACC.

Tous les commerces ne semblent pas encore avoir réintégré la rue, et curieusement les locaux vides sont meublés à coup de vitrines virtuelles.


Au choix : large chaussée et trottoirs étroits, ou larges trottoirs et chaussée étroite. Image réactive.
Depuis, les experts ont remballé leurs expressions lexicales, nous laissant assez dubitatif sur la "cohérence des stratégies adoptées" !

La rue du Lieutenant Paul Theurier plus bourgeoise que le faubourg de Nevers, ne réussit pas à convaincre de sa récente rénovation pour une requalification du centre bourg.
On arrive finalement place Jeanne D'arc, qui depuis les travaux du centre ville s'en trouve toute modifiée.
La nationale 7 historique ne traverse plus la place en ligne droite, mais la contourne aujourd'hui.


En arrivant place Jeanne d'Arc. Avant et après travaux de réhabilitation. Photo avant Claude.K
Jusqu'en 2016 la route nationale 7 traçait tout droit. Image réactive

Jeanne d'Arc à St Pierre le Moûtier.

En hiver 1429, Jeanne d’Arc accepte une série d’opérations militaires ordonnées par Charles VII. A la fin du mois d’octobre, elle met le siège devant Saint-Pierre- le-Moûtier. Le premier assaut vient se briser sur les remparts de la place du haut desquels veille une garnison nombreuse. C’est la débandade. Seule Jeanne d’Arc reste debout au bord du fossé avec son étendard et en compagnie de quelques hommes, la Pucelle ôte son casque et affirme « Je ne suis pas seule ! J’ai en ma compagnie 50 000 de mes gens ! (...) Aux fagots et aux claies tout le monde ! » A cet ordre, les soldats français reviennent et remportent une victoire tout aussi soudaine que téméraire.

Source : Office municipal de Tourisme


Place Jeanne d'Arc. Image réactive


Une dernière plaque Michelin visible de la place Jeanne d'Arc.
Plaque à bande verte pour Chemin d'Intérêt Commun 172. Photo Claude.K


Rue de Moulins, la plaque de cocher de sortie de ville restaurée par Nicolas Jamois en juillet 2018. Photo JF.Lobreau

La rue puis la route de Moulins nous amènent rapidement vers une agréable sortie de ville avec ses bordures de platanes.


Ancien garage route de Moulins. Photo JF Lobreau

La route de Moulins, ancienne RN7, ne tarde plus à rejoindre la déviation de 1986, qui termine là son contournement de St Pierre le Moûtier.


Vue aérienne de la sortie sud de St Pierre Le Moûtier en 1957 où il n'est pas encore question de déviation. Même vue en 2017. Image réactive.

En partie arborée, sur 2 X 2 voies, l'actuelle RN7 dans son sens Nord-Sud emprunte l'exacte trajectoire de la route nationale historique.
Les voies Sud-Nord on été construites à partir de 1986 en léger décalé.


Direction plein Sud.



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