ETAPE 5 : de Pouilly sur Loire à Magny-Cours, de 0200 à 0250 km de Paris.

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- Pougues Les Eaux - Neuilly - Varennes Vauzelles -

A la sortie de Tronsanges, la D907 amorce un léger contournement qui n'existait pas à l'époque. La RN7 filait tout droit, aujourd'hui c'est une impasse vers un bassin de rétention, mais la départementale retrouve vite son tracé rectiligne, le long de l'A77.

La route passe devant l'un des tout premiers Courte-Paille de la chaîne de restaurants, et arrive à un carrefour qui permet de rejoindre Nevers par la voie express. Continuons sur la D907 à droite.

Voici sans doute l'atelier de poterie qu'une publicité murale annonçait dès Tronsanges

Après avoir goûté les vins de Pouilly, voici maintenant Les Eaux de Pougues. Ville Fleurie et Village étape.

http://www.village-etape.com/village-etape/village/61-pougues-les-eaux.html

Pougues Les Eaux Km 0226

La ville cherche à séduire.
Route ombragée, bordures taillées, pelouse tondue, piste cyclable, massifs de fleurs, l'arrivée à Pougues est accueillante, car le label "Village Etape" répond au respect d'un cahier des charges commun à tous les villages lauréats.
La route de Paris est longue avant d'arriver au centre ville.

Après le rond point, à l'entrée d'un petit pavillon, une ancienne borne rappelle la présence de l' ex-nationale 7.


La Nationale 7, dite Route de Paris, a conservé son tracé historique dans Pougues, afin d'obtenir le label "Village Etape".

Le quartier s'embourgeoise peu à peu avec une succession de belles villas de la fin XIXe, début XXe siècle.

Pougues les Eaux est une ancienne station thermale, une étape fort prisée depuis le moyen-âge, époque où l'on découvre des sources d'eaux minérales aux vertus curatives, on parle alors de sources miraculeuses.

A la Renaissance, la ville connaît la prospérité avec le passage d'Henri III et de sa mère Catherine de Médicis venus tous deux soigner des douleurs néphrétiques.
Henri III souffrait de coliques néphrétiques. A la suite d'une consultation avec le Docteur Jean Pidoux, médecin du roi de France, il partit faire deux cures à Pougues.
La première en juillet 1585 et la seconde en juillet 1586. Par ses deux cures faites à la station même, Henri III consacra Pougues-les-Eaux.

Les Rois se succédèrent ensuite. Henri IV fit au total huit cures d'eau à Pougues en utilisant l'eau embouteillée.

Tout comme d'autres Rois de France Louis XIV est venu prendre les Eaux à Pougues. Reconnu comme bon vivant, ses médecins décidèrent de soigner un estomac et un foie bien surmenés.

Sources et extraits : http://www.ot-pouguesleseaux.fr/

Après la révolution, Pougues les Eaux est un temps oubliée. Sa renaissance sera pour la Belle Epoque.

La ville s'enorgueillit de beaux hôtels, d'un casino, d'un parc thermal, d'un établissement thermal bains et douches, d'une buvette, et de belles villas se construisent le longs des allées et des squares arborés.
On s'installe à Pougues pour y passer une retraite saine et agréable .

Traversée par la nationale 7, ce qui en fait une ville thermale bien desservie, la présence du Casino attire les foules parisiennes pour quelques années encore,
puis la ville va sombrer peu à peu dans l'oubli, jusqu'à la cessation de son activité thermale en 1971 et de son embouteillage de l'eau en 1975.

En 1976 le Conseil Général de la Nièvre devient propriétaire du domaine thermal.

Délaissée, oubliée, abandonnée pendant des années par les pouvoirs publics, ni les municipalités successives, ni le conseil régional n'auront à cur de sauvegarder le patrimoine si riche d'une localité devenue subitement désuète pour ne pas dire moribonde.

Pougues les Eaux , la belle endormie, petit tour du propriétaire et inventaire du patrimoine du temps passé.
http://eaux.minerales.oubliees.over-blog.com/article-pougues-les-eaux-la-belle-endormie-48978439.html

Pougues les Eaux : à la belle époque. Série de carte postales anciennes.
http://marc.verat.pagesperso-orange.fr/CPA_Parc.htm

Histoire de Pougues et cartes postales :
http://www.stleger.info/annonces/pougues.htm

En route -

Pougues-les-Eaux marque le milieu de la Nationale 7 dans la Nièvre. Voici la rue de Paris, l'axe principal de la ville.
A l'entrée un petit garage pour motos, cycles et motoculteurs avec sur son côté une publicité peinte pour Igol.


La pub Igol sur le pignon du garage

Quelques mètres plus loin, un beau garage, ou plutôt ce qu'il en reste aujourd'hui. La dernière station service ouverte semble avoir été une station Avia, le mur de façade en conserve encore le liseré de couleur orange.(d'anciennes photographies montrent une station Shell).


La Station Avia dernier distributeur avant fermeture définitive. Aujourd'hui les pompes ont disparu.

Dans le prolongement, un vieux bâtiment de brique rouge, aux portes et fenêtres murées.
Voici ce qu'il reste du Grand Hôtel, principale résidence hôtelière de la ville avec le Splendid Hôtel situé dans le parc thermal.


Feu le Grand Hôtel, menacé de destruction, pour y reconstruire des logements sociaux.


Photo 1 - La grande époque du Grand Hôtel, au fond la station Shell.
Photo 2 - La déchéance du Grand Hôtel, au fond la station Avia. Image réactive

La maison de la presse au carrefour suivant, arbore un liseré bleu, couleur de l'ancienne station service Total qui occupait autrefois les lieux.
En face à l'emplacement du restaurant Le Pékin, se trouvait le petit Hôtel Normandy.


La physionomie du quartier a peu changé hormis la disparition des commerces et des hôtels.

Face à la fontaine, l'office de tourisme et quelques commerces.
Tout compte fait, l'hôtel-Restaurant des Eaux Vives est le seul établissement hôtelier a avoir conservé sa vocation d'hôtellerie. Anciennement "Le Central".


Remarquez la porte cochère qui permettait aux Fiacres, puis aux automobiles de se garer dans l'arrière cour.
Image réactive.

Sur le pignon d'une maison, un mur peint pour le Garage du Relais Bleu concession UNIC à Nevers.


Notez le numéro de téléphone à seulement trois chiffres, une autre époque.

Débute alors la côte du Mont Givre : un kilomètre cinq cents avec virages, pour un dénivelé d'environ 75 mètres.
Les courbes de la route et le fort pourcentage de la côte avaient de quoi surprendre l'automobiliste jusque là habitué aux kilomètres d'une chaussée relativement plane et rectiligne.
Les freins chauffaient durs dans la descente.


La côte du Mont Givre débute tout de go, dès la sortie du bourg.

Sur la maison en ruine dans le premier virage, une publicité peinte, pour Peugeot.


Remarquez sur le pignon de droite, une autre publicité peinte, en partie masquée et protégée par la végétation.

Quelques mètres plus loin, côté descente, une petite stèle dressée en bordure de route en plein virage, rappelle l'accident de voiture de Mademoiselle Renée Friderich.


Juste à la sortie ( ou l'entrée) de l'agglomération, la Stèle de Renée Friderich.

Renée Friderich, est la fille d' Ernest Friderich pilote de course puis concessionnaire Bugatti à Nice, compagnon d'Ettore Bugatti.

En 1931, Renée Friderich participe au Rallye Automobile Féminin Paris-St Raphaël, au volant d'une Bugatti (l'équivalent de l'actuel rallye des Princesses). L'année suivante, sur demande de Mr Louis Delâge, le fondateur de la marque automobile, elle concourra cette fois-ci au volant d'une Delage D8 S.


Renée Friderich au départ du Rallye Paris-St Raphaël au volant de la Delâge D8 S
devant Le restaurant "Au Centre d'Aviation" à Orly, le 21 février 1932.

Le départ de la course est donné à Paris le 21 février 1932. Le parcours se déroule sans problème, les automobiles traversent Pougues les Eaux..
A la sortie de la ville, dans la montée, la voiture qui roule apparemment à allure modérée quitte subitement la route, fait un tonneau et vient percuter un arbre.
La jeune conductrice âgée de vingt ans, est tuée sur le coup.

On explique l'accident par une perte de contrôle du véhicule, la Delâge s'avèrant beaucoup moins maniable que la Bugatti pilotée l'année précédente, de plus, le siège a dû être avancé afin que la conductrice puisse accéder aux pédales. Renée est donc coincée entre siège et volant et n'a peut pas pu être éjectée au moment du choc.

L'enquête avancera la thèse d'une plaque de verglas, on est en février sur les hauteurs du Mont Givre, qui du coup porte bien son nom.

La D8 S quant à elle, n'est pas trop endommagée, elle sera réparée et connaîtra une longue carrière. Elle existe toujours aujourd'hui.

Sources & photos de l'épreuve :

http://mini.43.free.fr/delage.html
http://www.automobiles-voisin.fr/1931_paris-raph.html
http://rami-by-jmk.wifeo.com/delage-torpedo.php

Sites en Anglais avec des photos qui immortalisent l'ambiance du rallye avant guerre : http://www.hemmings.com/hsx/stories/2006/08/01/hmn_feature20.html

En route -

Après la stèle, nous quittons Pougues les Eaux.
Encore quelques kilomètres de côte puis la descente s'amorce avec quelques beaux virages en lacets jusqu'au prochain hameau où le tracé redevient rectiligne direction plein sud.

Au hameau de Neuilly, quelques fermes, un ancien puits et deux publicités peintes dont une relativement bien conservée pour une Station Azur.


Un beau mur peint dont la publicité jusque là bien conservée, demanderait à être rénovée, sauvegardée ou protégée.

Au prochain rond-point (1), la D907 semble s'évanouir subitement, nous faisant perdre toutes traces de l'ancienne nationale.

C'est que la voie express A77 nous a rejoint et propose, via un large débordement par l'est, d'éviter la traversée de Nevers.
Certes cette solution fait gagner beaucoup de temps, mais le contournement est encore trop récent pour faire partie intégrante de la légende de la route mythique.
Prêtons nous plutôt à ce jeu de piste qui consiste à rester au plus près du trajet de la vieille route déchue. Une vue satellite permettra de mieux appréhender le secteur :


Sur ce cliché aérien, on distingue nettement la D907 se fondre avec l'A77. Image réactive.
Cliché en noir et blanc de 1993 : La RN7.

Le plus simple est de reprendre ici l'A77 sur une courte distance.
Pour les puristes, l'ancienne route quant à elle continue tout droit sur 500 mètres encore, jusqu'au concessionnaire Volvo, puis disparaît sous l'asphalte de l'autoroute.

[Trajet hors N7]

Reprenons l'autoroute en direction de Nevers, La Varennes-Vauzelles. On remarque sur la droite, la portion de l'ancienne route nationale 7 qui prend fin au niveau du concessionnaire Volvo.
Dans la côte une maison arbore une publicité pour l'hôtel PLM Loire. N'oublions pas que nous sommes sur le trajet ferroviaire Paris, Lyon, Méditerranée.


La compagnie PLM, fut un temps le principal employeur de la région de Nevers.

La sortie vers Nevers est annoncée, nous retrouvons rapidement le tracé originel.
[Fin du trajet hors N7]

Nous sommes au lieu dit La croix de Vernuche sur la commune de Varennes-Vauzelles.


Le carrefour, aujourd'hui rond-point, et l' Auberge de la Croix de Vernuche, toujours en activité au même emplacement.

Comparez avec une vue actuelle du même endroit

Varennes-Vauzelles Km 0231

Fusion en 1966 des agglomérations de Varennes-lès-Nevers, bourg rural de la banlieue de Nevers, et de Vauzelles, hameau où s'établit la cité ouvrière regroupant les cheminots travaillant pour les compagnies de construction et de réparation de chemin de fer, filiales de la compagnie PLM.
La cité ouvrière ou cité "jardin de Vauzelles" est un ensemble urbain abouti, issu des théories sociales du début du XXe siècle.

Les ateliers SNCF restent aujourd'hui les premiers ateliers de réparation du matériel de réseau secondaire, et la cité de Vauzelles constitue l'un des principaux éléments contemporains de l'histoire de Varennes-Vauzelles. (source : wikipédia et site Internet de la ville)

http://www.ville-varennes-vauzelles.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=7&Itemid=12

Question physionomie, c'est sûr, à part quelques maisons aujourd'hui noyées dans la zone d'activité commerciale, le secteur s'est pas mal transformé.
La route de Paris alterne ici ses ronds-points, hypermarchés, concessions automobiles et autres entrepôts de vente de mobiliers. Rien de bien folichon.


Cliché N&B la route nationale 7 presque en pleine campagne en 1971. Image réactive.
La même prise de vue 40 ans plus tard. Il n'y a pas photo...

Juste après le rond-point ( Conforama et Brico-Dépôt ), à l'angle de la rue Fouchère, à droite, une petite statuette difficilement visible dans notre sens de circulation.
Il s'agit de la statue d' Evelyn Graham Frost, aviatrice et poète américaine tombée là le 5 janvier 1934.

Sur la gauche, un peu en retrait mais tout de même bien visible de la nationale, l'hôtel Magdalena qui perdure depuis plusieurs decennies. Pour une soirée étape bienvenue.


L'hôtel Magdalena et son architecture résolument moderne pour l'époque.
Toujours en activité et toujours visible de la nationale. Image réactive


Une annonce pour un garage, et pour la célèbre Faïence de Nevers, sur le pignon d'un bâtiment au vague style art déco.


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novembre 2013