ETAPE 3 : de Fontenay Sur Loing (100 Km) à Briare Le Canal ( 150 km).

0 1 /04
Fontenay sur Loing - [ Puy La Laude - Cépoy ] - Châlette sur Loing - Montargis

Le départ de cette nouvelle étape se situe à la sortie de Fontenay sur Loing. Nous sommes dans le département du Loiret.

Rappel : Déclassement de la route nationale 7, par la réforme 2005 : dans le département du Loiret, l'ancienne RN 7 prend le numéro de D 2007.
Officiellement renommée D2007, de nombreux panneaux routiers rencontrés dans le département du Loiret sont toujours estampillés N7.

- Départ troisième étape.

En route -

Quittons Fontenay sur Loing en direction de Montargis.
La route sur 2 x 2 voies longe la voie ferrée située sur notre droite.
Passé le hameau du "Bailly Renard", et un peu avant celui de "La Cressonnière", un petit panneau noyé dans la végétation sur la droite indique : "Notre Dame De La Route".


Photo Claude K

Quelques 500 mètres plus loin, sur notre gauche, la petite chapelle apparaît, presque anodine.


Photo Claude.K

Attention, ici, le terre-plein central nous empêche de traverser la route. Si vous souhaitez vous arrêter il faudra garer votre véhicule avec précaution un peu plus loin.
Le plus simple est de continuer jusqu'au prochain carrefour qui permettra de franchir la nationale en sécurité et de revenir ainsi sur vos pas.

Notre Dame de la Route Km 0101 -

Ne recherchez ici, ni histoire de l'art, ni style architectural.
Le petit oratoire est tout simplement construit en ciment sans vraiment d'originalité.
Sur son fronton on peut lire : "Notre Dame de la Route Guidez Nous"

Il s'agit d'une halte, le temps d'une prière ou d'une méditation, un lieu de repos sur le trajet.

La chapelle consacrée à Notre Dame de la Route, a été édifiée en 1954 par l'abbé Georges Preux, alors curé de Fontenay et de Nargis, et bénie en 1957 par Monseigneur Atton évêque auxiliaire d'Orléans.

Le lieu reste toujours ouvert pour accueillir les voyageurs, ce qui lui valu, un été, le vol de la statue en bois représentant Notre Dame.

A l'intérieur, plafond bleu ciel et fresques murales colorées.

Hormis la démarche spirituelle, le petit édifice vaut surtout pour ces 4 vitraux représentant les blasons des villes traversées par la route nationale 7, elle même symbolisée par un ruban bleu ( la route bleue) qui serpente de ville en ville.

 

Rendez-vous nationale 7 : Dimanche 3 Août 1969 10h15 - Notre Dame de la Route. Episode 07.

Nous voici arrêtés sur le bas côté de la chaussée pour notre inéluctable hommage à "Notre Dame de la Route".
Le St Christophe aimanté sur le tableau de bord ne suffit pas : "avec tous ces accidents, mieux vaut mettre toutes les chances de notre côté", comme dirait ma mère …

La minuscule chapelle est ouverte à tous les vents, les derniers visiteurs ont dû oublier de refermer la porte derrière eux.
De la terre et des feuilles mortes jonchent le sol. Au fond, la vierge de bois semble jauger de toute sa hauteur le pèlerin ou le visiteur curieux.

Alors que ma mère s'avance vers le petit autel, mon père m'amène prés des vitraux afin de m'expliquer les blasons des villes que la route bleue traverse.


Vitraux et blasons des villes de Notre Dame de la Route - image réactive

Sources :

http://randowill.over-blog.com/article-chapelle-notre-dame-de-la-route-45674117.html
http://lafrancedesclochers.xooit.com/t929-Fontenay-sur-Loing-45210.htm

Photos :
http://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Notre-Dame_de_la_Route_à_Fontenay-sur-Loing
http://photosetimagesnature.blogspot.fr/p/nouveau-pont-sur-le-canal-du-loing-cepoy.html
http://www.mairie-fontenaysurloing.fr/uploads/BM%202008.pdf en page 12 du document : la petite histoire.

Sur les Blasons des villes
http://fr.wikipedia.org/wiki/Armorial_des_communes_de_France

En route -
Quelques centaines de mètres plus loin, voici le hameau "Les Stations".

Drôle de nom pour un hameau, mais on trouvait ici, jusqu'au début des années 1990, bon nombre de........ Stations Service.
Les pétroliers Elf, Total, Mobil ou Caltex, entre autres, régnaient en maîtres sur le bord de route.

En général, sur un côté de la chaussée, on trouvait le bâtiment principal de la station service.
De l'autre côté de la chaussée, son antenne, le plus souvent constituée d'un simple kiosque et de pompes.
Si cette configuration encourageait la fidélité des automobilistes qui trouvaient, quelque soit le côté de la route, de quoi s'approvisionner en carburant de leur marque préférée, celle-ci n'était pas sans risque pour le personnel des stations, car elle obligeait le pompiste à traverser régulièrement une route nationale à l'époque fort passante. N'oublions pas que les pompes n'étaient pas self-service.
"Aux stations", les accidents n'étaient pas si rares.


Station service Caltex, aux Stations

Aujourd'hui, seule Total subsiste, toutes les autres ont été rasé.
Mais, si vous ralentissez quelque peu, il est encore aisé de deviner les pistes de bitume de ces stations fantômes, gagnées par la végétation.


On aperçoit toujours, de part et d'autre de la chaussée, les pistes de bitume de stations service oubliées.


Evolution au fil des années du hameau des Stations.
A gauche cliché IGN des années 1970, au centre cliché Google 2006, à droite cliché Via Michelin 2014.
Ci dessous agrandissement de la vue IGN et emplacements chiffrés.

1
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3

4
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Remarquez que la station mère fait souvent face à son antenne située de l'autre côté de la chaussée.

L'emplacement numéroté 2 ci-dessus, correspond aujourd'hui à la Station Total, unique rescapée.


Quelques traces d'une ancienne station service.

Quittons "Les Stations" et poursuivons la route qui franchit maintenant l'autoroute A19 / E60. L'autoroute A19 relie l'A5 à l'A10 entre Sens et Artenay.
Elle s'inscrit dans le plan du grand contournement de Paris.
L' E60 pour "route Européenne 60", est la route reliant Brest (France) à Irkeshtam (Kirghizistan) en passant par Vienne, Budapest et Bucarest.
C'est la deuxième plus longue route européenne, d'une longueur de 8200 km, plus de 8 fois la longueur de notre RN7.
http://routes.wikia.com/wiki/Route_européenne_E60

150 mètres plus loin, si vous souhaitez découvrir une section de nationale 7 déclassée dans les années 1960, je vous engage à quitter la nationale ici, au feu, pour emprunter la D740 en direction de "Puy la Laude".
Nous y reviendrons dans un instant.
Pour le moment, repérons simplement l'endroit et poursuivons le parcours actuel en direction de Montargis.
Un écriteau nous annonce que nous traversons la Forêt de Montargis, elle s'étend principalement sur notre gauche. -


La route traverse la forêt de Montargis sur 4 voies. La route est à nous...


Jusqu'en 2008, un panneau en béton indiquait encore la direction. Dernier vestige des routes d'antan. Image réactive

La forêt de Montargis s'étend sur plus de 4000 hectares. C'est une forêt domaniale gérée par l'Office National des Forêts (ONF).
Sa particularité est d'être presque circulaire, son diamètre est d'environ 7 km.
En son centre, se trouve la clairière de Paucourt issue probablement du défrichement néolithique (5000 à 2500 ans avant J.C). Sa surface est de 220 hectares.
Les principales essences de la forêt de Montargis sont le chêne qui représente 75% de la surface boisée (soit 3000 hectares), le charme et le hêtre.

Source/extrait : http://www.agglo-montargoise.fr/maisondelaforet/index.php?rubrique=5

Une vue satellite Google Earth, permettra de vous convaincre de son étendue et de sa forme circulaire. Voir la vue satellite

Un peu d'histoire :

Appelée "Buisson de Paucourt" jusqu'à la fin du XVIème siècle, la forêt de Montargis est un lieu foisonnant d'histoires et de légendes.
Aux détours d'une promenade, on peut trouver trois menhirs néolithiques datant de 3000 à 2000 ans avant J-C : la Pierre de Gros Vilain, la Pierre aux Fées et la Pierre de Minuit.
Ces lieux passent pour être d'anciens lieux de culte, on parle même de sorcellerie.

L'étang de Paucourt revêt lui aussi une apparence mystérieuse. Non loin, le Puits à Rippault est considéré comme l'antre du diable.
Pas moins...

Concernant le célèbre Château à Chats, Dom Guillaume Morin, grand prieur de l'abbaye royale de Ferrière-en-Gâtinais, écrit dans son ouvrage de 1630 "Histoire Générale des Pays de Gastinois, Senonois et Hurepois": que les chats y faisaient leurs sabbats et que "plusieurs, allant de nuit, y ont vu les sorciers assemblés et y faire leurs adorations et sortilèges".

Reléguant ces cultes obscurs au passé, la forêt reprit un aspect plus honorable à partir du XVIème siècle.
Elle accueillit le roi Saint-Louis pour sa pratique de la chasse au loup.
Aujourd'hui, le "chêne Gaulé" du haut de ces 250 ans d'âge occupe la place royale et trône majestueusement sur les lieux .

http://ricjasforetmontargis.wifeo.com/

L'entrée de la Forêt de Montargis


Le combat d'un chien contre un gentilhomme qui avoit tué son maître, faict à Montargis soubs le règne de Charles V en 1371
Estampe d'Androuet du Cerceau.

Restons dans la forêt pour aborder maintenant le célèbre épisode de la légende du Chien de Montargis. Vous ne connaissez pas ? Essayons d'en savoir plus.

Comme pour beaucoup de légendes, ce conte du XIIe siècle, issu de la chanson de geste colportée par les trouvères, puis intégré par la suite aux chroniques médiévales, fut si populaire que son sujet ne cessa d'alimenter la littérature, le théâtre, le cinéma ou la publicité.


Du vitrail au théâtre en passant par la BD ou l' imagerie d'Epinal, Le chien de Montargis
reste un thème populaire cher aux médias de tous bords et de tout temps.


Une fois n'est pas coutume, cette histoire ne relate pas l'épopée héroïque d'un chevalier servant, mais aborde le thème de la justice de Dieu au travers d'une singulière anecdote.
Le succès fera le reste.

Plusieurs textes coexistent et dès lors les thèses se réfutent.
Mais sans sa légende, Montargis ne serait pas la même.

Le pitch, mais je vous le fait express : Il était une fois :-)) ...

Tout commence par une histoire de jalousie entre deux chevaliers.
Un dépit qui poussera inéluctablement l'un d'eux à assassiner l'autre, dans la sombre forêt de Bondy.
C'est le crime parfait, il n'y a pas de témoin, excepté un lévrier du nom de Verbaux, fidèle compagnon du chevalier défunt, qui a assisté à la scène.

Mais que pourrait un chien contre un preux soldat du roi ?
Quelques années plus tard devant la cour du Roi à Paris, le chien reconnaît le meurtrier de son maître.
Devant l'agitation et l'attitude bizarre de la pauvre bête au contact du perfide chevalier, le roi quelque peu soupçonneux, organise alors en l'île de la Cité, un combat justicier entre le chien et le meurtrier présumé, comme nous dirions aujourd'hui.

Le chien sortira naturellement vainqueur du combat, et l'assassin reconnu coupable devant la justice divine finira pendu haut et court.
Comment en aurait-il pu être autrement, à une époque ou la religion occupe une place importante dans la société.

Si vous avez été un tantinet attentif, vous vous posez sans doute la question suivante :
Pourquoi donc attribuer cette légende à Montargis puisqu' aucun des événements n'est sensé s'y dérouler ? Ni le crime en forêt, ni le combat divin !

Voici quelques éléments de réponse :

A la fin du XVe siècle, l'anecdote est si célèbre que Charles VIII fait peindre la scène du combat sur une des cheminées de la grande salle du château de Montargis.
En 1756, Androuet Du Cerceau en reproduira la scène sur une estampe. (Voir ci dessus.)
C'est pour cette raison que l'on parlera désormais du “Chien de Montargis”, alors qu'aucun des épisodes de l'aventure ne s'est réellement déroulé en Gâtinais.

Extrait du site : http://www.bude-orleans.org/

Voila, vous savez tout ! Maintenant les bonus :

- Une des versions de la légende , d' après « Le Magasin pittoresque », paru en 1834.
- Ne soyons pas mesquin voici une autre version : d'après le manuscrit unique de Venise, année 1824.
- Bataille de Thèses, révision de Sources, évolutions de la Légende : si vous avez pris la peine de lire ces 2 versions, ne manquez pas ce lien.

En route -

Les fameuses bornes kilométriques de la RN7 ont été remplacées par d'inesthétiques bornes de plastique sans relief. C'est le progrès parait-il.
On longe maintenant la voie ferrée sur notre droite. De l'autre côté, quelques habitations. Le paysage devient un peu monotone.
La route franchit les voies ferrées, un panneau annonce notre arrivée à Chalette sur Loing.

Poursuivons jusqu'au premier rond-point.

Ici, se rejoignent deux routes nationales 7 : l'actuelle que nous venons de parcourir, et une ancienne section déviée et déclassée dans les années 1960.

Avant de poursuivre notre voyage plus en avant, il est temps maintenant de partir à la découverte de cette seconde route oubliée depuis plus de 50 ans.

Retour 5,7 km en arrière.

Petit détour par l'ancien tracé de la nationale 7 :

Il y a quelques temps encore, une voie de dégagement nous amenait directement sur la D740 en direction de Cépoy et Paucourt.
Aujourd'hui, il faut aller jusqu'au feu et tourner à droite, l'occasion d'un nouveau délaissé de N7 d'une centaine de mètres environ.
Nous sommes là, sur l'ancienne route nationale 7, celle qui menait à Montargis en passant par Puy La Laude et Cépoy.
Avec l'augmentation du trafic routier, cette section a été déclassée localement en 1958, et remplacée par l'actuelle N7 / D2007, plus large, évitant ainsi trois passages à niveau et les ruelles étroites des petits bourgs que nous allons maintenant traverser.


Aujourd'hui pour prendre la direction de Puy La Laude et Cépoy il faut tourner au prochain carrefour.
En 2009 on pouvait encore emprunter la voie d'accès devenue aujourd'hui un court délaissé. Image réactive.

Puy La Laude, commune de Cépoy km 0103 :

Ne vous fiez pas à la largeur de la chaussée, plus proche ici de celle d'un chemin vicinal que d'une route nationale.
Nous sommes bien sur le tracé historique de l'ex-route des vacances et les routards chevronnés auront tôt fait de relever les divers éléments qui vont nous le démontrer sous peu.
Tout d'abord le nom de la rue : "Rue du relais".

Même si ce relais n'existe plus en tant que tel aujourd'hui, ce nom atteste que nous sommes sur l'ancienne voie Royale et donc sur la route initiale de Paris.


D'ailleurs, la carte de Cassini du XVIIIe siècle situe un relais de "Poste" dans le bourg, sur le côté droit de la route, dans le sens des départs, comme dirait notre ami bison "le futé".

 

 

http://www.cartocassini.org/cartecassini/france.htm

Pour le moment la rue amorce une descente rectiligne sur plusieurs centaines de mètres.
Les maisons se regroupent vers le bas à mesure que l'on approche du petit centre constitué de quelques habitations réunies autour d'un unique commerce, en l'occurrence aujourd'hui un café-restaurant.


L'entrée du pays comme on disait à l'époque. Image réactive.
Remarquez les publicités pour les Pralines Mazet, que les touristes pouvaient acheter à Montargis.

 

Remarquez à gauche, la publicité peinte sur le pignon d'une maison.

Elle vante les mérites du St Raphaël, l'apéritif de France au Quinquina.

Cette réclame occupant un mur entier, semble démesurée pour un endroit aujourd'hui désert comme Puy la Laude.

Mais gardons à l'esprit que cette "réclame" s'adressait surtout au flot d'automobilistes en partance pour la côte d'Azur en direction de St Raphaël.

Ce n'est d'ailleurs pas le seul mur publicitaire du bourg, comme nous allons nous en rendre compte.
Louer son mur à une marque était une activité lucrative.

 

 

Au Stop, face au restaurant, plus rien n'indique la direction de l'ancienne route nationale.
Poursuivons tout droit, toujours par la Rue du Relais.


Le bar-restaurant au centre de Puy La Laude. Image réactive.
Les générations passent, l'établissement demeure.


Le Relais. Photo Claude K

Il est là ! l'ancien relais de poste du XVIIIe.
Une grande bâtisse, façon longère, attenante à une grange et des écuries, avec son accès direct sur la voie Royale, pas de doute nous sommes sur le bon chemin.

Poursuivons. Le coin a du charme.
Des bois, des murs en ruines, une route oubliée et une ribambelle de vieilles publicités décrépies, preuve s'il en est, qu'il devait y avoir une importante circulation routière.


Quelques idées déco pour la maison secondaire sur la côte d'Azur . Photo Claude.K


N'oublions pas l'apéro à boire sans modération...
une fois arrivés sur le lieu des vacances bien entendu :-)) Photo Claude.K


Promotion de la route d'Auvergne,
On devine encore les inscriptions "Bourboule", "Puy en Velay", "vers Nice, Perpignan, Lourdes".
Route d'Auvergne.


Une plaque de cocher, rue du Relais. Cliché Claude K.

 

 

La plaque restaurée (on dit "rechampie") par Nicolas Jamois en 2016

 


Publicité Shell pour la station située à 10 km dans le sens des retours, à Dordives donc. Photo Claude K.


Sous l'asphalte... les pavés. Photo Claude.K


La route nationale 7... en cul de sac.

Notre exploration prend subitement fin au niveau du "Centre de contrôle des poids lourds du Gâtinais".
Sur ce terrain désormais privé, subsistait encore une preuve du passage de l'ancienne route nationale 7.
D'après les employés du centre de contrôle, la borne n'existe plus aujourd'hui.


Borne sur voie privée. Photo Umannatur.

Impossible de poursuivre. Notre route reprend après le centre de contrôle des poids lourds. Passons donc en mode de vue satellite, pour avoir une vue d'ensemble.
Pour rejoindre l'autre côté du tronçon privé, il faut revenir sur ses pas et prendre la direction de Cépoy à gauche, après le relais puis encore à gauche après le passage à niveau.

Il faut ensuite longer la voie ferrée et 50 mètres après le transformateur EDF, nous rejoignons l'ancien tracé.
C'est ici, par un passage à niveau que la N7 franchissait à l'époque la voie ferrée.


La Route nationale 7. Cliché aérien en date du 31/12/1947. Image réactive.


Image réactive.
Cliché aérien actuel & cliché IGN du tracé de la nationale 7 avant la construction de la déviation de 1960.
Remarquez le franchissement de la voie ferrée par un passage à niveau.


La route aujourd'hui, à l'emplacement du passage à niveau.

Ici le bitume n'a pas tout recouvert. Quelques pavés de l'ancienne route étaient toujours visibles au niveau de l'ex passage à niveau. Aujourd'hui la machine à bitume est repassée par là.

En route -

Reprenons le cours de l'ancienne route nationale, par la D740 en direction de Montargis.
Nous voici sur la commune de Cépoy, avenue des Acacias.

CEPOY Km 0104

De la ville de Cépoy, nous ne verrons pratiquement rien, car notre itinéraire reste en retrait de la petite bourgade.
Doucement sur la route quand même ! Vous risqueriez d'y croiser le plus célèbre des enfants du pays, le cascadeur Rémy Julienne.
Aujourd'hui à la retraite, il habite toujours Cépoy, et coule des jours tranquilles dans sa ville natale.

On longe, sur notre gauche, la voie ferrée, Paris Nevers, ancienne Voie du Bourbonnais, sur laquelle circulait le fameux PLM (Paris, Lyon, Marseille), l'équivalent ferroviaire de notre route des vacances.

Un peu plus loin, au débouché de la "Rue de la Gare"…. point de gare dans les parages !
Et pourtant celle-ci se situait bien là, en bordure de N7, mais qui s'en souvient encore aujourd'hui ?


L'emplacement de la gare de Cépoy. Image réactive.


Les derniers instants de la petite gare désaffectée.

Un peu plus loin, à droite, une trouée dans une haie d'arbres nous permet d'apercevoir le parc du château de Cépoy, une construction d'époque François 1er, fortement remaniée sous Louis XV.

Le château héberge aujourd'hui une école des Compagnons du devoir.


Le château de Cépoy.

La longue et rectiligne rue des Acacias se termine, nous voici maintenant sur la commune de Châlette sur Loing.
Et c'est reparti pour plus de 2 km de ligne droite le long de la rue André Gide.

Ici la configuration est pour le moins étonnante. Trois voies de communication, à peine séparées les unes des autres, s'élancent en parallèle en direction du Sud :

  • A gauche, l'actuelle nationale 7 à double voies,
  • Au centre, la ligne R du transilien Paris gare de Lyon - Montargis (ex voie Bourbonnais PLM),
  • A droite, la D740 ancienne nationale 7.


3 voies de communication en direction du sud.

Difficile de retrouver les éléments du passé sur ce secteur de route, mais rue du Maréchal Leclerc, 600 mètres après un premier passage à niveau automatique, ayez l'œil pour apercevoir une véritable borne RN7 en béton émaillé sur la gauche. http://gerval2.free.fr/chalettesurloing.htm


Une survivante de l'ancienne route.

Après un second passage à niveau automatique sur une voie ferrée désormais désaffectée, l'ancien tracé N7, rejoint l'actuelle Route Nationale 7.

Fin de l'ancien tracé.


Retour sur le tracé actuel.

Châlette sur Loing Km 0108


L'accent circonflexe sur le nom « Châlette » apparaît au cours du XIXe siècle.
Mais la typographie sans accent circonflexe tend à nouveau à être utilisée, par exemple sur le site Internet géré par la commune ou sur les cartes postales.
Châlette prend le nom de "Châlette-sur-Loing" par décret du 21 février 1933.

Un peu d'histoire :

La commune est traversée par trois cours d'eau, le Loing, la Bézonde et le Solin et trois canaux, ceux de Briare, d'Orléans, et du Loing.
Le XVIIe siècle voit s'implanter dans la région de nombreux moulins le long des cours d'eau : moulins à blé, à froment ou à tan (du gaulois « tann » qui signifie « chêne »).
On y broyait de l'écorce de chêne et le bois lui-même pour les tanneries de Montargis.

Au XVIIIe siècle, le moulin à tan de Langlée fut remplacé en 1738 par la Papeterie Royale de Langlée.
Cette dernière laissera sa place en 1851 à l'entreprise de caoutchouc de l'Américain Hiram Hutchinson. http://fr.wikipedia.org/wiki/Hiram_Hutchinson

En raison des deux grandes guerres mondiales, de profonds changements ont lieu dans la composition de la population.
Pour pallier le manque de jeunes ouvriers disparus sur les champs de bataille, la direction de l'usine Hutchinson est amenée à recruter une main d'œuvre étrangère.

A partir de 1936, en raison de la guerre d'Espagne, arrivent les Espagnols puis les Yougoslaves.
Dans les années 60, c'est au tour des Portugais et des Nord-Africains.
Viennent ensuite les Turcs et les Africains.
Au début des années 90, Chalette accueille plus de 35 nationalités différentes.
Les étrangers font ainsi partie de la mémoire collective de la ville.

Compilations et Extraits : http://www.ville-chalette.fr/

 

Les Usines Hutchinson à Châlette dans la proche banlieue de Montargis.

En 1922, l'usine Hutchinson de Châlette emploie dans son atelier de fabrique de galoche, un jeune ouvrier chinois dénommé Teng Hihien.
C'est, pour ce jeune intellectuel idéaliste alors âgé de16 ans, l'occasion d'être confronté à la réalité du monde du travail industriel.
C'est aussi pour lui l'occasion de rencontrer les puissants syndicats ouvriers qui développent à l'époque leurs théories marxistes.

Quelques 60 ans plus tard, l'homme, retourné depuis dans son pays, accueille à sa descente d'avion, le maire de Montargis venu en Chine en délégation officielle.
C'est que le jeune ouvrier chinois est devenu entre temps le "numéro un" de la République populaire de Chine. Il exercera cette fonction de 1978 à 1992 sous le nom de Deng Xiaoping.

http://www.chinemontargis.fr/doc/intro.php


A la jonction des deux tracés de routes nationales. La station Shell est aujourd'hui une station Avia. Image réactive

En route -

Direction Montargis. L'avenue du Général Leclerc passe sur 2 x 1 voie sans bas côtés.
On rencontre hélas de plus en plus ce genre de "prise au piège" dans les villes.
Une configuration urbaine que doivent adorer, entre autres, les chauffeurs de véhicules prioritaires.

Nous roulons donc à la queue leu-leu. Sommes nous encore à Châlette ou à Montargis ?
Et bien, l'avenue Leclerc est ici divisée en deux.
Notre voie descendante appartient encore à la commune de Châlette, tandis que la voie opposée en direction de Fontainebleau est située côté Montargis et ce jusqu'au prochain rond-point où il nous faudra bifurquer à droite et continuer en direction de Bourges, Nevers ou Orléans.


Au rond point, on bifurque à droite, toujours par l'avenue Leclerc.


Place Marin de Meslée un bon vieux transfo EDF, comme il est assez rare d'en trouver aujourd'hui.

Nous sommes maintenant "Place Marin de la Meslée".
Ce carrefour, entièrement réaménagé ces dernières années, marque l'entrée de la ville de Montargis.

Auparavant, dénommé carrefour de la "Croix aux Anglais" puis carrefour de "La Gare", le lieu fut réaménagé en 1920 pour accueillir le Monument Gaillardin.
A cette occasion, la place fut rebaptisée place "Bichet-Rondeau" en hommage à un couple de généreux donateurs.


Le monument Gaillardin, place Bichet-Rondeau. Vue en direction de Paris.
Repérez le transfo électrique, dont l'emplacement n'a pas changé aujourd'hui. Image réactive.

En 1924, l' Etat fit don à la ville d'une statue en bronze représentant une femme ailée de 4 mètres de haut et appelée « La Gloire ».
Pour laisser place à cette nouvelle sculpture, la statue Gaillardin fut transférée place de la République en octobre 1924.

En 1942, sous le régime de Vichy, toutes les statues en bronze de Montargis (Gaillardin, la Gloire, Mirabeau, Cochery et Pallain) partirent en Allemagne pour y être fondues !


La place Marin de la Meslée au temps de la statue de la Gloire.
Vue en direction de Paris.


L'hôtel de la Gloire, situé face au monument, existe toujours aujourd'hui. Image réactive


La rue de la gare, et la cour de l'hôtel terminus, vu de la place Marin de la Meslée / N7.
A droite, l'hôtel de la Gloire et les pompes à essence. Image réactive.

A hauteur de cette place "Marin de la Meslée", nous sommes à Montargis, surnommée la "Venise du Gâtinais".



Suite de l'étape


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