ETAPE 1 : de PARIS à CHAILLY EN BIERE de 0000 à 0050 km

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Rungis Km 0012.3

http://www.rungis.fr

La commune de Rungis est connue pour son Marché International, réputé comme le plus grand marché de produits frais du monde, et pour son Centre Horticole de la Ville de Paris, de même que pour sa proximité avec l'aéroport Paris-Orly.
De ce dernier pôle, elle hérite notamment d'une zone hôtelière conséquente. (extrait wikipédia)


Au premier plan, le Marché de Rungis, au second plan la RN7,
le croisement de la Belle Epine, le cimetière de Thiais.

Notre route passe maintenant sur un pont qui surplombe l'A86, le périphérique de l'Ile de France.
Nous sommes à l'emplacement exact du fameux "Croisement de La Belle Epine".
Ici, à une époque qu'il est pour nous difficile d'imaginer aujourd'hui, se croisaient les deux routes royales : l'une en direction de Fontainebleau, future nationale 7 et l'autre en direction de Versailles, future nationale 186 aujourd'hui intégrée à l'A86 sur cette portion.


Carrefour des routes de Versailles et de Fontainebleau au hameau de Belle Epine en 1832.
Seuls deux établissements sont représentés sur la carte d'Etat major.
L'un situé à la jonction Sud-Ouest du croisement, l'autre un peu en retrait sur la route de Fontainebleau.


Le carrefour Belle Epine en 1921.
Par rapport à la carte d'Etat Major ci-dessus, un troisième établissement s'est installé, au Nord-Est du croisement.
On remarquera également que les deux routes nationales sont, à l'époque, bordées d'arbres.

Situé alors en pleine campagne, le carrefour n'en était pas pour autant isolé puisqu'on y trouvait quelques fermes et établissements essentiellement dédiés aux voyageurs de la route.
Auberges, restaurants et hôtels y côtoyaient une baraque de cantonnier et la gendarmerie, plus tardivement rejoints par des stations essence, offrant ainsi aux passagers et autres itinérants de la route la perspective de passer "à la Belle Epine" un bon moment à la campagne.
En 1938, un pont franchira la N7, soulageant le carrefour de l'Epine du trafic routier de la N186.


Vue aérienne de 1947, avec le pont franchissant la RN7. Image réactive.


Survol aujourd'hui du carrefour de la Belle Epine.

Le terme de "Belle épine", du latin spina, provient du vieux français et évoque ici le buisson épineux, sans doute l'aubépine.
Une autre version, implique quant à elle, la difficulté de circulation au niveau du croisement.
Epine étant synonyme d'obstacle ou d'embarras, comme le sous entend l'expression "ôter une épine du pied", le croisement confirme qu' il y avait bien ici une difficulté, un nœud de circulation, référence toute trouvée à l'épineux bois noueux de l'aubépine.

Localisation de quelques établissements autour du carrefour de la Belle Epine en 1950 :

Passez le curseur de la souris sur les chiffres, image réactive.

On le voit, à l'époque le carrefour était bien achalandé.
Difficile, aujourd'hui, voir impossible de s'y retrouver. Tout a disparu...

Vraiment ? Tout ?
Non, un établissement fait de la résistance, et a traversé les âges.
Voici l'unique survivant du fameux carrefour de La Belle Epine, le restaurant L'Atlas. Numéro 5 sur la vue aérienne ci-dessus.
Anciennement Hôtel du Terminus ou du Bon Coin, l'établissement est plus que centenaire et mérite le respect.
Sera-t-il encore là dans cent ans ?


La route de Fontainebleau. Sur la droite dans l'angle "Le Bon Coin". Derrière l'ancienne gendarmerie nationale avec son mat de pavillon.
Même lieu aujourd'hui, plus de 100 ans après. Image réactive.


1- La route vers Fontainebleau, et la nouvelle gendarmerie. A droite le mur du Bon Coin
2 - C'est la Douane qui occupe désormais l'emplacement de la gendarmerie. Image réactive.

En route -

On quitte à regret notre carrefour Belle épine. 400 mètres environ après l'échangeur, afin d'éviter les pistes de l'aéroport d'Orly, la route amorce une courbe déviant ainsi de son ancien tracé rectiligne d'avant 1960 .
Ancien tracé qui se poursuit partiellement aujourd'hui par la D136 et les avenues de l'Europe et de l'Union au milieu des gigantesques parkings d'Orly, et des loueurs de voitures.


1- cliché en noir & blanc vers les années 1950. La route rectiligne (tracé jaune) traverse la commune de Paray Vieille Poste. image réactive.
L'aéroport est cantonné à l'Est de la route nationale 7.

2 - Après 1960, la route dévie de son ancien tracé et passe sous la nouvelle aérogare d'Orly, tracé rouge.

L'ancien tracé étant interrompu par l'aérogare et les pistes d'aviation, poursuivons pour le moment sur la route actuelle.
Nous reviendrons sur cet ancien itinéraire un peu plus loin.

A droite près du mur de clôture EDF, une borne N7 limite de département, nous indique que nous quittons le département du Val de Marne pour entrer dans celui de l'Essonne 91.
Déclassement de la route nationale 7, par la réforme 2005 : dans le département de l' Essonne, l'ancienne RN 7 a conservé son numéro de N 7.


Borne limite de département

L' ESSONNE


Graffiti thématique et sympa pour nous mettre dans l'ambiance.

Nous quittons maintenant Rungis à l'Ouest et Thiais à l'Est, pour entrer sur la commune de Paray Vieille Poste.

Mais, la RN 7 ne traverse pas tout de suite la ville de Paray.
Elle ne fait que passer pour le moment sur ces terres cadastrales dont notre voie descendante vers le Sud marque la délimitation Ouest.
D'ailleurs aucun panneau n'indique ici l'entrée de l'agglomération.
Nous passons maintenant sous l' A106, bretelle rapide d'autoroute qui relie Paris à l'aéroport d'Orly.

Aéroport d'Orly Km 0014

https://www.mairie-orly.fr - http://www.parisaeroport.fr/passagers/acces/paris-orly

En route -

Au loin la masse de l'aérogare d'Orly-Sud semble vouloir nous barrer la route. Notre voyage ne se termine pas ici pour autant.
La nationale entame une pente douce et nous conduit vers la méditerranée en passant sous l'aérogare et ses pistes d'aviations.

La descente sous l'aérogare

Les terrains de l'aéroport couvrent 4 communes, Thiais, Paray Vielle Poste, Villeneuve Le Roi, et Orly, réparties entre les départements du Val de Marne et de l'Essonne.


Image extraite du film Vacances Explosives (1957)
L'ancienne entrée de l'aéroport d'Orly en bordure de nationale 7, avant la construction de l'actuelle aérogare.

Rendez-vous nationale 7 : Dimanche 3 Août 1969. Orly 6h45. Episode 03.

Droit devant nous, l'aéroport d'Orly immense bâtiment de verre et de béton semble surgir de la plaine environnante.
Mon père attire notre attention sur un avion relativement bas dans le ciel amorçant sans doute son atterrissage.
Il pleut et malgré les essuie-glaces à unique vitesse, la visibilité dans la petite auto est assez réduite.
Chacun essaie, comme il peut, d'apercevoir la Caravelle volante au dessus de la route.
Ma mère déballe la caméra super 8 et abaisse sa fenêtre passager pour tenter de filmer l'avion, mais la visibilité est médiocre, l'objectif est mouillé, il est déjà trop tard.
La route amorce sa descente et notre auto s'engouffre sous l'aérogare, sans même qu'on ai eu le temps de filmer quoi que ce soit. (à suivre)

Un peu d'histoire :

Tout commence par l'inauguration de "Port Aviation" en mai 1909, un petit aérodrome situé sur la commune de Viry-Châtillon au sud d'Orly en bordure de Seine.
Il a été conçu pour remplacer les terrains de manœuvre de l'armée ( plus proches du champ de patates que de la piste aviation) qu'empruntaient jusqu'alors les précurseurs de l'aviation civile.
C'est là que se dérouleront désormais la plupart des meetings aériens et que se développeront les progrès de l'aviation.

Port Aviation


Octobre 1909 une vue depuis l'unique piste


Meeting au dessus des garages automobiles


Louis Blériot en vol au dessus de Port Aviation

Port Aviation est loin d'être une simple piste d'aviation sur un terrain en friche. C'est à l'époque le premier aérodrome "moderne" du monde en cela qu'il comporte une piste circulaire de 3 km, une tour de contrôle, des hangars, des ateliers, des tribunes, un restaurant, un parc automobile, un hôtel, une antenne médicale. Le succès est au rendez-vous, c'est le temps des grands pionniers de l'aviation.
Lorsque la piste de l'aérodrome est rendu impraticable, notamment lors de fortes intempéries, on utilise alors les terrains du plateau de Longboyau situés un peu plus au nord, en bordure de la route de Fontainebleau, la nationale 7.
Au début de la Première Guerre mondiale, le site de Longboyau, facilement repérable en altitude, va servir de terrain de secours aux avions alliés.
En 1917, l'Armée de l'Air américaine engagée dans la Première Guerre mondiale, installe sur le plateau de Longboyau une piste d'atterrissage qui deviendra en 1919 l'aérodrome "d'Orly-Villeneuve".
A partir de cette date Port Aviation sera peu à peu délaissé, au profit de ce nouvel aérodrome.

Aérodrome d'Orly Villeneuve

Après la Première Guerre mondiale, le terrain d'Orly-Villeneuve gardera une vocation essentiellement militaire et c'est la marine qui occupera les lieux.
Deux immenses hangars sont construits pour accueillir des dirigeables, versés à titre d'indemnités de guerre par l'Allemagne à la France, ce sont les débuts de l'aéronavale.
Un aéroport civil est installé au nord du site, accueillant des avions de passagers civils.
Une aérogare provisoire est également construite.
L'ère de la marine prend définitivement fin le 1er mars 1954. Orly devient alors un aéroport entièrement civil.


1957 , vue en direction du Sud, la construction des voies souterraines de la future N7, sur lesquelles viendra se poser l'aérogare d'Orly.
En arrière plan on distingue encore la route nationale 7 sur les terres de Paray Vieille Poste.
Au premier plan, la double galerie qui devait à l'origine conduire les passagers vers un second terminal.
Le projet sera abandonné et la double galerie oubliée dans les fondations de l'aérogare.


La nationale 7 et l'aérogare Orly Sud vue en direction de Paris

 

En complément : L'histoire méconnue du premier aérodrome de France :
http://www.port-aviation.com/

 

Orly Sud :
La construction de l'aérogare d'Orly-Sud débute 3 ans après le départ de la marine, en février 1957 et s' achève en février 1961.
L'aérogare a marqué l'évolution de l'aéroport et lui a donné une renommée internationale.

La nationale 7 a été déviée lors de la construction de l'aérogare.
C'est la première fois que cet axe est retracé depuis sa période romaine. Elle passe désormais sous l'aérogare Sud et sous les taxiways.
L'automobiliste chanceux peut parfois apercevoir un avion manœuvrer juste au-dessus de lui.
De nuit, l'aérogare illuminée, semble barrer de manière spectaculaire l'axe vers Paris.

Si Orly a perduré, qu'est-il advenu de Port Aviation, premier aérodrome de France ?
Nous le verrons un peu plus loin, lorsque nous traverserons la commune de Viry-Chatillon.

Sources : Wikipédia.
Le site de la ville de www.viry-chatillon.fr

Vue satellite au dessus du tarmac.

En route -

Sous l'aéroport :
A mi-distance sous le tarmac, à l'endroit où le ciel fait une brève apparition, peut-être apercevrez vous l'aile d'un avion en cours de manœuvre.
Je vous engage à regarder la vue satellite qu'offre "Google Earth" afin de mieux vous rendre compte de ce qui se passe au dessus de nos têtes.
Nous retrouvons à ce niveau le découpage du cadastre, à savoir : notre voie descendante (à l'Ouest) reste sur la commune de Paray Vieille Poste, celle remontante (à l'Est)
se situe sur la commune de Villeneuve le Roi, ancien village agricole qui comme la ville d'Orly, verra ses terres empiétées par la construction puis l'extension du camp d'aviation.


Ambiance en nocturne


Débouché sud des voies sous l'aérogare. (vue en direction de Paris). Image réactive.
Même emplacement lors de la construction de l'aéroport.

Au débouché du tunnel sous les pistes, notre slalom virtuel continue avec le cadastre.
Notre voie descendante en direction du Sud parcourt toujours la commune de Paray Vieille Poste, tandis que la voie opposée en direction de Paris, circule sur la commune d'Athis Mons.

Si votre dernier passage ici remonte au moins à 2012, alors ne cherchez plus les avions du Musée de l'association " Delta Athis Paray Aviation".
L'association à l'avenir incertain depuis les projets de réaménagement de l'aéroport d'Orly et des travaux du Grand Paris, s'est déplacée d'une centaine de mètre.
Le Mercure, la Caravelle et les 2 Mirages III ont été sacrifiés, seuls reste le Concorde 2 et un mirage III B.

https://museedelta.wixsite.com/musee-delta

Pas de pitié pour les Mirage d'Athis-Mons : https://www.aerobuzz.fr/aviation-generale/pas-de-pitie-pour-les-mirage-d/

 


Destruction des mirages du musée Delta, en février 2013


En bordure de N7, le musée Delta et le Concorde exposé et visitable. Tentez donc l'expérience du supersonique

Pour en savoir plus : https://www.aerobuzz.fr/breves-culture-aero/la-vie-du-concorde-n02-sierra-alpha/

Nous traversons la commune d'Athis Mons un bref instant avant de retrouver Paray Vieille-Poste 300 mètres plus loin, toujours à la merci du découpage administratif du plan cadastral.

Paray Vieille Poste Km 0015

http://www.paray-vieille-poste.fr

Revenons tout d'abord sur l'origine du nom de "Vieille-Poste".

Tout au long des mille kilomètres de la nationale 7 nous allons souvent croiser des hôtels de "la Poste", des relais de "la Poste", des auberges ou des restaurants de "la Poste".
Certains hameaux portent également ce nom de Poste et même parfois de Vieille Poste.
Sans parler, bien entendu, des vrais bureaux de Poste actuels .. amis postiers ;-)

Un peu d'histoire :

C'est bien du service Postal dont il s'agit ici.
Dès le Ier siècle avant notre ère, l'empereur romain Auguste, crée le "cursus publicus", un service de poste de relais et d'hôtelleries qui permet d'acheminer promptement les messages par courrier au sein de l'Empire Romain.
Louis XI en 1477 est le premier qui instaure la mise en place de relais de poste régulièrement espacés de 7 lieues (oui comme les bottes de l'Ogre du petit Poucet) soit environ 28 km.
Hors du système métrique actuelle, la lieue correspond à la distance parcourue par un homme en 1 heure de temps (on est pas au mètre près à l'époque).
On comprend toute l'imprécision d'une telle mesure.
Ainsi, la distance parcourue en une heure, sur terrain difficile et accidenté, sera plus courte que la distance parcourue en une heure sur terrain plat ou en descente par exemple.
Cette distance sera toutefois ramenée à 4 lieues au XVIIIe siècle. (distance aléatoire parcourue en 4 heure soit 16 km environ)
Louis XII (1506) ouvre le service postal aux voyageurs, et Colbert, ministre de Louis XIV, améliore le réseau routier et contribue ainsi à développer les échanges commerciaux par transports routiers.
Louis XV continue l'amélioration et la modernisation du réseau.


Blason reproduit en 1925 et apposé sur le mur de l'ancien relais

Mais pourquoi donc "Vieille" ?

Sur la section qui nous intéresse, entre Paris et Fontainebleau, il y avait un relais de poste à Villejuif et un autre à Juvisy-Fromenteau, actuel Observatoire de Flammarion. (voir plus loin Juvisy)
En 1648, le relais de Juvisy est fermé et déplacé plus loin, à Ris.
Un relais intermédiaire entre Villejuif et Ris est donc nécessaire.
Il sera installé aux confins d'Orly, sur le plateau de Longboyau et deviendra La Poste de Longboyau.
En 1710, le relais de Juvisy est rétabli, celui de Longboyau désormais obsolète est fermé, le secteur est alors rebaptisé « La Vieille Poste ».

Sources et extraits : www.paray-vieille-poste.fr et Wikipédia.

En route -

En route, oui, mais hola ! pas trop vite...
Avant de poursuivre notre voyage plus en avant, remontons quelque peu en arrière, à l'époque des souvenirs en noirs et blancs.

Nous l'avons abordé précédemment, après Thiais et son carrefour de la Belle Epine, la route nationale 7 poursuivait un tracé autrefois rectiligne à travers la commune de Paray-Vielle Poste.
A partir de 1961, la route sera déviée de son tracé séculaire pour laisser place à l'Aéroport d'Orly et sa nouvelle aérogare.

Que reste-t-il aujourd'hui de cette route originelle ?
Partons à sa découverte, histoire de nous faire une petite idée de cet ancien axe routier.

Retour à la jonction de l'ancien tracé et celui de l'actuelle N7
Attention, rejoindre l'ancienne route n'est possible que dans le sens Sud/Nord

En route -

Nous voici une nouvelle fois sur la commune de Rungis cette fois-ci sur la D136.
Rien de spécial sur cette section, si ce n'est le plaisir de se dire que l'on se trouve sur une section de la route nationale 7 originelle.
Après les transformateurs EDF, le pont de Rungis franchit les voies ferrées.
Au carrefour, dans l'angle, la brasserie "Le Cockpit" a traversé les âges.
Nous voici déjà à Paray Vieille Poste.

Immédiatement à droite, en lieu et place du siège de la compagnie Air France, vous ne trouverez plus trace de l'usine de chaussures Pillot et de son château d'eau art-déco.
La marque Pillot, est à l'époque la concurrente des marques de chaussures Bata et André.


Entrée monumentale de l'usine Pillot. Notez le château d'eau en arrière plan. Même lieu aujourd'hui. Image réactive.

Fondée en 1932 par la famille Aubaut, la société dispose de 3 usines dont une implantée à Paray Vieille Poste.
L'usine de Paray, construite en 1935 est le fleuron de l'entreprise. Elle dispose de 5 chaînes de montage sur 30 000 m2.

On y fabrique toutes sortes de chaussures à semelle de caoutchouc.
Chaussures à bon marché, chaussures de travail, sandalettes, tennis, chaussures militaires, chaussures de tissu pour femmes.

En 1937 la société part en province et vend ses locaux de Paray à la société Suisse Técalémit spécialiste de la durite en caoutchouc, de filtres et des célèbres graisseurs.
Técalémit employait 1500 personnes aux alentours de 1945.

Tecalémit quitte les lieux en 1972.
Après une rénovation totale du bâtiment principal perpendiculaire à la RN7 et la disparition du château d'eau, c'est la compagnie Air Inter qui investit les lieux.
Aujourd'hui ce sont les locaux d'Air France.


Nous sommes à la jonction de l'ancien tracé de la RN7 (flèche noire) et de sa déviation post 1961.
On aperçoit le pont de Rungis sur la voie ferrée, et le château d'eau de l'usine Técalémit.

Après Técalémit, toujours sur la droite, on passait devant les locaux de l'escadrille de l'aéronavale 31S.
N'oublions pas que depuis la fin de la première guerre mondiale et la construction des hangars à dirigeables, Orly est un aéroport principalement militaire occupé par l'Aéronavale.

Une section de liaison aérienne de l’État-major général (SLA/EMG) créée en septembre 1944 à Orly donne naissance le 1er mars 1945 à l’escadrille de transport de la métropole (ETM).
Cette ETM devient escadrille de transport 31S le 1er janvier 1946.

Sources:
http://insignaero.waibe.fr/index.php
http://www.anciensmarins.fr


L'entrée de l'escadrille 31S.

Toujours sur la droite, en poursuivant vers le sud, s'ensuivaient une vague zone, mi-banlieusarde, mi bidonville, composée de quelques lopins de terre sur lesquels étaient disposés de minuscules baraques ou de modestes pavillons,
pour la plupart construits après la première guerre mondiale.
Côté gauche s'étendaient les terrains d'aviation civile et militaire de l'aérodrome d'Orly.

Aujourd'hui c'est l'avenue de l'Europe et l'on retrouve un peu la même configuration, à savoir les pistes de l'aéroport d'un côté, mais des entrepôts en lieu et place des frêles bicoques depuis longtemps disparues sous les pelleteuses.



Sur la gauche, les pistes d'aviation

Le rond point situé au bout de l'avenue de l'Europe, situe l'emplacement de l'ancienne entrée de l'aéroport de Paris.

C'est en 1920 que le camp d'aviation civil d'Orly est inauguré. Il occupe la partie nord du site, la partie sud étant réservée à la base aéronavale.
En juin 1940, suite à l'arrivée des Allemands, la marine évacue sa base pour transiter vers Rochefort.
En août 1944, la dernière escadrille allemande quitte Orly, les Allemands détruisent les pistes, les Américains prennent possession des lieux.
En mai 1945 la Marine française et l'escadrille 31S s'installent à Orly.
En février 1946, ouverture de la première aérogare provisoire composée de 3 baraques préfabriquées en bois.
En mai 1948, inauguration de l'aérogare Nord.
En août 1954, inauguration d'une aérogare Sud provisoire. La Marine quitte définitivement les lieux.
En 1957, début de construction de la nouvelle aérogare Sud, nécessitant la déviation de la RN7.

Le 24 février 1961, inauguration de l'aérogare Sud.


Entrée d'Orly aérogare Nord, fin des années 1940. Même lieu aujourd'hui. Image réactive.

C'est au rond Point de l'avenue de l'Union que l'on abandonne le tracé originel de la route nationale 7.
On peut toujours poursuivre sur quelques centaines de mètres par l'avenue de l'Union, mais celle-ci est aujourd'hui décalée par rapport à l'ancien tracé noyé sous les parkings et les travaux du secteur d'Aéroport de Paris.


Au rond point, tracé originel en noir et blanc et configuration actuelle du lieu.
Image réactive

La suite de l'itinéraire est donc forcément virtuel.... faisons comme si de rien n'était ;-)

En poursuivant notre voyage vers le sud, après l'entrée de l'aéroport, on arrivait à un hameau composé de quelques maisons regroupées autour d'un carrefour : La Vielle Poste.

A l'origine le Village de Paray est un écart loin de tout axe routier important.
C'est au carrefour situé non loin du bourg, sur la route de Fontainebleau, là où convergent les routes de Thiais, d'Orly ou de Villeneuve le Roi que sera installé un relais de poste vers 1648.
A la fermeture du relais en 1710, le carrefour prendra le nom de Vieille Poste.

Dès le XIXe siècle, la Vieille Poste prend de plus en plus d'importance en raison de sa situation sur la route de Fontainebleau.
Le hameau devient le centre actif et vital de Paray, si bien que le conseil municipal décide d'y édifier la première mairie-école en 1890.

Le nom de "Paray" accolé à celui de "Vieille-Poste" apparaîtra en 1923.


Route nationale 7 pavée, porche, diligence et bouteroues, vers 1925. repère (1) sur la vue satellite.

Au XIXe siècle, le carrefour concentre de nombreux commerces, cafés-tabac, auberges (repère 2 ), maréchal ferrant et gîte d'étape (repère 3).
Malgré la fermeture du relais, la Vieille Poste reste une halte essentielle pour les voyageurs et les rouliers.
Au XXe siècle, garages et station service remplaceront les remises et les écuries.


La Vieille Poste, vue en direction de Fontainebleau. Remarquez la borne directionnelle Michelin au carrefour sur la gauche du cliché.


La Vieille Poste, vue en direction de Paris. Le café "Au Centre de l'aviation" et sa station service.


Animation à l'angle Sud-Est du carrefour, devant la maison Plançon (repère 3) . Commerce, Vins, Billards et Maréchalerie au début du XXe siècle.
Quelques décennies plus tard, la maréchalerie sera transformée en atelier de réparation pour automobiles.
On le sait peu, mais c'est de ce carrefour que partaient souvent les grandes courses de vélo ou d'automobile, comme le Paris-Nice ou le Paris Antibes.
Ici avant le départ d'une course cycliste Paris-Souppes. Image réactive.


Dernier commerce (repère 4) avant de reprendre la route pavée et ombragée, direction plein sud.

Au milieu des années 1940, les prévisions d'accroissement du trafic aérien et la nécessité d'adapter l'infrastructure aux appareils nouveaux va entraîner une extension importante de la superficie de l'aéroport.
L'extension, comprenant une aérogare provisoire et l'augmentation des longueurs de piste, se fera vers l'ouest, sur les communes de Paray-Vieille-Poste, Wissous, Morangis, et Chilly-Mazarin.
Les expropriations débutent au carrefour de la Vieille Poste, pour laisser place à l'aérogare provisoire Sud.


le carrefour de la Vieille Poste en 1951.
Toute la partie Est de la route est expropriée, pour laisser
place à l'aérogare provisoire.


1953, au carrefour de la Vieille Poste vue en direction de Paris, construction de l'aérogare provisoire.
On reconnaît à gauche l'ancien relais de poste. 9 mois plus tard en août 1954 l'aérogare sera inaugurée.
Au carrefour la borne d'angle Michelin ne résistera pas aux travaux à venir. Image réactive

Et maintenant... ça ressemble à quoi ?


Voici le croisement de la RN7 au hameau de la Vieille-Poste, à 50 mètres sur la droite à l'emplacement des parkings.

Mais poursuivons quelques centaines de mètres plus au sud.
Nous retrouvions sur notre droite quelques îlots de modestes pavillons des années 20, pavillons qui à la fin des années 50 étaient en cours d'expropriation.
En face se trouvait l'entrée monumentale de l'aérodrome, partie militaire cette fois.


Entrée principale de la base aéronavale. On aperçoit derrière les fameux hangars à dirigeables.


Vue de l'entrée principale de la base aéronavale à la fin des années 50. La marine à quitté les lieux. La base militaire est rasée.
En face, quelques pavillons en sursis, attendent les pelleteuses.

En route -

Nous voici à la sortie de cet ancien tracé, devenu aujourd'hui virtuel.
Le point de jonction avec la déviation de 1961 se situe à la sortie de la route souterraine, à l'endroit où nous retrouvons le jour.


La nationale 7 actuelle, retrouve virtuellement l'ancien tracé (pointillé) à la sortie Sud de l'aérogare.

Nous retrouvons le Concorde du musée Delta.
La boucle est bouclée, nous somme sur le tracé originel de la route nationale 7.


Le premier bâtiment rencontré depuis notre sortie du tunnel de l'aéroport. Image réactive.
Le Royal version vintage 70, ou bien le Howard Hôtel version actuelle 2020 ?


Fresque représentant la Malle-Poste, le long de la N 7 à Paray Vieille Poste. Image réactive.
(face à l'hypermarché)


Route de Fontainebleau, vue en direction de la Capitale. début des années 1950.
Aujourd'hui même lieu, avenue François Mitterand. Image réactive.

En route -

Boulevard Fontainebleau (côté Paray) /Bd François Miterrand (côté Athis) nous retrouvons les tunnels qui permettent d'éviter l'attente aux carrefours.
Mais nous avons tout notre temps…restons sur les extérieurs.
Nous sommes ici en pleine zone commerciale, la part belle est faite aux grands centres commerciaux, aux concessions automobiles et aux fast-foods.
Justement au niveau de cette restauration-rapide, à droite au carrefour, le café tabac du coin : "Le Concorde", me rappelle quelque chose…

Ambiance Nationale 7.

Une Renault Dauphine s'apprête à prendre la N7 en direction du sud, une Peugeot 403 est garée sur le trottoir, comme il a l'air agréable ici de faire du vélo et de s'arrêter prendre un petit café en prenant le temps de lire le journal sur une des tables en bordure de route.

A 15 km de Paris il flotte déjà comme un air de campagne…

 

Aujourd'hui, le coin a perdu de son charme.

 

 

 

 

 


Image réactive: Le tabac de Paray vers 1960 / aujourd'hui


Rendez-vous nationale 7 : Dimanche 3 Août 1969. 07h00 - Paray Vieille Poste. Episode 04.

Mon père a repéré au loin l'enseigne d'un Bar-Tabac en bordure de la route nationale. Nous la quittons donc soudainement pour nous engager dans une petite rue perpendiculaire afin de pouvoir garer la petite Opel dans un coin tranquille. Il est temps pour la famille de petit-déjeuner.
La pluie a cessé, le ciel est couvert mais la température reste agréable. Nous nous installons sur une petite table disposée à l'extérieur, juste à l'entrée de l'établissement.
D'ici nous pouvons à la fois apprécier le trafic de la route nationale tout en gardant un œil sur l'automobile garée à quelques mètres de là.

En arrivant, le patron jovial nous demande de patienter un instant le temps pour lui de passer un rapide coup de chiffon afin de sécher chaises et table encore humides de l'averse précédente.
Nous commandons café et chocolat chaud, la corbeille de croissants est à disposition.
"Pas encore beaucoup de monde ce matin" remarque mon père en désignant la nationale.
"Ils sont tous passés hier, aujourd'hui se sera plus calme, vous avez de la chance" lance le patron resté sur le pas de la porte.
Puis entrant, il allume le juke-box. Nous déjeunons ainsi en bord de nationale 7 sur l'air de "Mais non, mais non !" d'Henri Salvador, un des tubes de l'été 1969. (à suivre)


Route de Fontainebleau en 1927, vue en direction de Paris.
Le secteur émerge à peine de terre et la rue d'Alsace Lorraine (sur la gauche) est encore à l'état de bourbier.
Seul repère, l'église Jésus Ouvrier, construite à l'origine dans une grange de la ferme Contin (qui donnera son nom au quartier).
93 ans plus tard ..... Image réactive.

En route -

Encore beaucoup de commerces dédiés à l'automobile. A hauteur du concessionnaire Citroën sur la droite, un panneau nous informe que nous quittons Paray Vieille Poste.
La commune d'Athis-Mons, lui emboîte le pas.

 


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