ETAPE 1 : de PARIS à CHAILLY EN BIERE de 0000 à 0050 km

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Paris - Le Kremlin Bicêtre - Villejuif - L'Haÿ Les Roses - Chevilly Larue - Vitry Sur Seine - Thiais - Rungis →

PARIS Km 0000

http://www.paris.fr
Nous voici au point de naissance de la route Nationale 7, place d'Italie dans le 13e arrondissement de Paris.
Carrefour de voies romaines dans l'antiquité, le nom de cette place est sans ambiguïté : elle vous mènera jusqu'en Italie !

La place occupe l'ancien secteur de la barrière de Fontainebleau, qui n'était autre qu'une des portes de l'enceinte des Fermiers généraux construite juste avant la révolution et servant à percevoir les taxes sur les marchandises entrant dans la ville.

Au delà de cet octroi c'était la campagne outre-capitale.


Les deux pavillons construits par Ledoux pour les bureaux de l'octroi de la barrière d'Italie.

En 1806, la barrière de Fontainebleau devient la barrière d'Italie, précisant par là même son orientation géographique.
C'est par cette barrière que Napoléon 1er rentra d'exil en 1815, pendant que Louis XVIII sortait par la barrière de Clichy.

La liste des barrières de Paris : https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_barrières_de_Paris
Pour en savoir plus sur le Mur des Fermiers généraux : https://fr.wikipedia.org/wiki/Mur_des_Fermiers_généraux

Victor Hugo décrit dans "Les misérables" l'étrangeté de ce site à la lisière de la ville dans les années 1820 :

« le promeneur solitaire qui s'aventurait dans les pays perdus de la Salpêtrière et qui montait par le boulevard jusque vers la barrière d'Italie, arrivait à des endroits où l'on eût pu dire que Paris disparaissait.

Ce n'était pas la solitude, il y avait des passants ;
ce n'était pas la campagne, il y avait des maisons et des rues ;
ce n'était pas une ville, les rues avaient des ornières comme les grandes routes et l'herbe y poussait ;
ce n'était pas un village, les maisons étaient trop hautes.
Qu'était-ce donc ?

C'était un lieu habité où il n'y avait personne, c'était un lieu désert où il y avait quelqu'un ;
c'était un boulevard de la grande ville, une rue de Paris, plus farouche la nuit qu'une forêt, plus morne le jour qu'un cimetière. »

Point d'entrée des condamnés à mort incarcérés à Bicêtre, la barrière d'Italie avait une funeste réputation.

Extrait de la brochure Place d'Italie Historique :
Direction des Affaires Culturelles Sous-Direction du Patrimoine et de l'Histoire Département Histoire de l'Architecture et Archéologie de Paris.


La barrière d'Italie et les deux pavillons Ledoux en 1865.
(photo mairie de Paris)

En 1860, Napoléon III demande à ce que les faubourgs situés aux extérieurs de la ville, entre le mur des Fermiers généraux et l'enceinte de Thiers, soient annexés à Paris.
C'est ainsi qu'au sud, une partie de la commune de Gentilly, du quartier de Glacière et de Maison-Blanche intègrent la Capitale.
Suite à cette annexion, la ville s'agrandit repoussant ses frontières au delà du mur des Fermiers généraux.

Les portes et barrières de Paris désormais situées en ville et non plus en lisière, deviennent obsolètes et n'ont plus lieu d'être.
La barrière d'Italie disparaît, remplacée par une place tout en rondeur, au cur même d'un tout nouvel arrondissement.

En route :

On s'engouffre maintenant sur l'ancien chemin de la Commune de Gentilly, rebaptisé route de Fontainebleau après la construction du château de Fontainebleau,
et finalement renommé "Avenue d'Italie" après l'annexion de 1860.

Jusqu'au XIXe siècle, pas de grands bouleversements dans le secteur dont l'habitat reste principalement constitué de hameaux, de commerces, de gargotes, guinguettes et cabarets.
Les Parisiens en mal de campagne aiment à venir s'encanailler dans ces établissements situés hors barrière dont on garde l'habitude de servir du vin détaxé car non soumis à l'octroi.

Une visite dans le passé entre place et porte d'Italie : http://www.paris-unplugged.fr/1860-de-la-porte-a-la-place-ditalie


La place d'Italie en 1950. L'avenue d'Italie et donc la RN7 est celle qui part à droite. (photo mairie de Paris)

Le grand chambardement débute à l'aube des années 1960, lorsque la municipalité se pose la question de savoir comment rénover les nombreux îlots d'habitations, insalubres pour la plupart, dispersés le long de l'avenue d'Italie.
Après 5 ans d'étude, de projet divers et de palabres, la réponse tombe le 13 janvier 1966 : Le Conseil de Paris lance l'opération "Italie 13" qui prévoit la construction de 16 400 logements, 150 000 m2 de surface commerciales et de bureaux, sur un secteur couvrant 87 hectares.

Le résultat, vous l'avez aujourd'hui devant les yeux.. et encore ! on a pas eu droit à tout...


L'avenue d'Italie aujourd'hui, vue de la place d'Italie.

Sur les 55 tours initialement programmées, une trentaine seulement seront construites à partir de 1969.
En 1974, le nouveau président de la République, Valéry Giscard d'Estaing, marque le point d'arrêt des grandes opérations d'urbanisme de tours. C'est la fin du projet "Italie 13".

Une vue panoramique annotée du projet Italie 13 : https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/4c/Paris-13eme-panorama-annote.jpg

Bon certes, les mille trois cents mètres de l'avenue sont fortement urbanisés, mais, reconnaissons le, il n'y a pas que des tours et du béton.
Le quartier ressemble tout de même à un faubourg vivant et commerçant, jalonné par endroit de beaux immeubles anciens.


A l'angle de l'avenue d'Italie et de la rue de Tolbiac, vue vers la place d'Italie. Image réactive.


Avenue d'Italie, à l'angle de la rue du Dr Laurent, vue vers la place d'Italie. Avant / après. Image réactive.

Après la rue de Tolbiac, sur la gauche, voici "Le Périscope", nom donné à la toute première tour du plan "Italie 13".
Au pied, un supermarché Monoprix et au dernier étage une piscine résidentielle.


Avenue d'Italie, à gauche, le Périscope et son supermarché.

Nos amis cinéphiles auront bien entendu reconnu le hall d'entrée du Périscope, en partie caché par un jardinet ... Non ? Vraiment pas ?


Le hall du Périscope. Image réactive.

C'est ici que se déroule en 1969 une des scènes du film "Dernier domicile connu" de José Giovanni avec Lino Ventura, Marlène Jobert et Michel Constantin dans les rôles principaux.
Si le film ne vous dit rien écoutez un extrait de la BO : La bande son originale

Nous voici quartier de Maison Blanche, dont le nom provient d'une ancienne auberge relais de poste située à l'époque sur la gauche au niveau du n° 103 et de la bouche de métro.
Le club de la réforme de 1848, y avait établi son siège.
Plus tard l'auberge donnera son nom au hameau qui se construit le long de la route.
Après l'annexion de 1860, le quartier conservera ce nom de "Maison Blanche" , nom que reprend également la station de métro de l'avenue d'Italie.

Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Deuxième_République_(France)
Source Maison Blanche : http://butte.cailles.free.fr/page_5_4a.htm
Modern Architecture 1950 - 1970 source Périscope : http://astudejaoublie.blogspot.fr/2014/06/paris-immeuble-le-periscope-m-novarina.html

 

Toujours sur notre gauche, vous ne pourrez pas la rater, la tour "Super Italie" construite par l'architecte Maurice Novarina à qui l'on doit également "Le Périscope" (voir plus haut)


Avec ses 112 mètres et 38 étages, la tour ronde est la plus haute tour de l'opération Italie 13, et le deuxième plus haut bâtiment résidentiel de Paris intra-muros.


Comme sa consur "Le Périscope", elle dispose d'une piscine solarium à son dernier étage.

Super Italie sera achevée en 1974, année où tous les projets de tours furent annulés par le nouveau gouvernement de Valéry Giscard d'Estaing.

Tout au long de la route nationale, nous croiserons d'anciennes publicités murales en plus ou moins bon état de conservation.
Très à la mode dans les années 1950, aujourd'hui tombées en désuétude, ce sont les ancêtres de nos panneaux publicitaires contemporains.
Aujourd'hui, rares sont les réclames peintes ayant survécu dans la capitale, mais les pignons de Paris n'en ont pas pour autant abandonné leurs fards. Ils s'adonnent maintenant à l'Art.
Sur des surfaces gigantesques, des artistes Street-Art recouvrent des pans entiers d'immeubles de leurs oeuvres contemporaines.

En novembre 2012, au 129 de l'avenue d'Italie, juste à côté de la tour Super Italie, c'est l'artiste Chilien Inti Castro, qui réalise cette fresque en une dizaine de jours.
Les riverains du quartier ont été consultés pour choisir l'oeuvre intitulée : Our Utopia is Their Future.


Our Utopia is Their Future. Photo Jean-François Lobreau.

Encore 600 mètres et nous voila rendu porte d'Italie.

Porte d'Italie, visible dans le sens des retours de vacances, impossible de manquer la fresque de l'artiste Polonais Sainer.
Peinte en une semaine en septembre 2013, cette "jeune femme à la Balançoire" guette le flot ininterrompu des voitures de la porte d'Italie, dans un style naturaliste.


Jeune femme à la balançoire. Photo Jean-François Lobreau


On s'accorde à dire, que c'est ici, porte d'Italie, que débute réellement la Route Nationale 7. Plutôt par convenance d'ailleurs que par pure formalité.
Car si l'on y prête attention, le comptage kilométrique de la route débute effectivement au point zéro des routes de France, exactement situé sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame.


Le point Zéro des routes de France

Le point zéro c'est le point de référence de toutes les routes qui partent de la capitale en direction de la province.
Apposée sur le parvis de Notre Dame en 1924, la rose des vents en bronze permet de calculer la distance séparant les villes de France par rapport à Paris.

Ainsi lorsque vous serrez arrivés à Menton et que vous verrez le panneau indicateur Paris 1000 km ... sachez que c'est par rapport à ce point que la distance est calculée.
Bon, à Menton ne cherchez pas trop le panneau indicateur Paris 1000 km, il n'existe pas...mais c'était pour illustrer l'exemple. ;-)

Porte d'Italie, notre compteur kilométrique affiche donc les 5 km qui nous séparent du point zéro. (4.2 km à vol d'oiseau)

La porte d'Italie est située dans le 13e arrondissement, au carrefour de l'avenue d'Italie, du boulevard Masséna, de l'avenue de la Porte d'Italie et du boulevard Kellermann, face à la ville du Kremlin-Bicêtre.
Le boulevard périphérique circulaire passe sous la porte d'Italie et délimite les frontières de la capitale en un tour complet de 35.04 Km.

Pour la Route Nationale 7, inutile d'emprunter le périph.
Porte d'Italie, il suffit de repérer le panneau indicateur en béton, dernier vestige rescapé à Paris, qui nous indique la direction de la route mythique.


En direction du soleil et de la méditerranée

Porte d'Italie

Hélas, fin 2017, le carrefour de la porte d'Italie est réaménagé afin de favoriser, d'optimiser, d'améliorer, de sécuriser, de rénover et finalement de faire disparaître l'antique panneau en béton qui était implanté là depuis avril 1968.


Le carrefour, début 2018, sans le panneau en béton.

Je précise que la mairie du Kremlin Bicêtre n'a pas daignée répondre à mes questions concernant la disparition et le devenir de ce panneau en béton de 1968.
Mes mails sont restés sans réponses hormis le standard : nous avons transmis votre demande aux services concernés...services concernés qui restent muets.

En route -

Le feu vert, c'est parti, plein sud, 50 mètres à peine et voilà l'avenue de Fontainebleau au Kremlin-Bicêtre dans le département du Val de Marne 94.
Large sur 2 x 2 voies. On se croirait encore dans Paris. Direction Villejuif tout droit.

Suite au déclassement de la route nationale 7 par la réforme 2005 : Dans tout le département du Val de Marne, l'ancienne RN 7 prend officiellement la numérotation de D 7.


Avenue pavée, véhicule hippomobile, tramway électrique, nous sommes au début du XXe siècle
Avenue de Fontainebleau au Kremlin-Bicêtre.

Le Kremlin Bicêtre Km 0005.1

http://kremlinbicetre.fr


Les ruines imposantes du Château Bicêtre incendié en 1411.

Un peu d'histoire :

Mais d'où vient ce nom bizarre de Kremlin-Bicêtre ? de Russie ?
Un peu, mais pas seulement.
Au moyen-âge, sur ce territoire dépendant de la paroisse de Gentilly, se trouvait un domaine et son château,
unique bâtiment des environs, propriété de Pierre le Queux.

Le domaine est par la suite racheté par Louis IX qui y installe une communauté de moines Chartreux.
Les Chartreux abandonnent le bâtiment quelques années plus tard pour aller s'installer au castel Vauvert à l'emplacement actuel
du jardin du Luxembourg dans Paris.
Les ruines du bâtiment délaissé n'abritent plus alors que voleurs et vagabonds.

Le domaine est racheté par Jean de Pontoise, évêque de la paroisse de Winchester en Angleterre.
Il y fait reconstruire un château qui naturellement prendra le nom de "Domaine de Winchester".

Mais à l'époque le terme "Winchester" reste difficilement prononçable pour le commun des Français et, au fil des siècles, le domaine se transforme en domaine de "Vincestre" (en fait Winchester avec l'accent français), puis en Bincetre jusqu'à devenir "Bicêtre". ( Ah !ces Français toujours fâchés avec les langues étrangères...)
Le château va ensuite changer de mains plusieurs fois jusqu'à sa destruction ordonné par Louis XIII en 1632, pour y faire construire un Hôpital.
L'hôpital Bicêtre est né.

Et le Kremlin alors ? ...
Durant le Premier Empire, les vétérans de la campagne de Russie napoléonienne sont hospitalisés à l'hôpital de Bicêtre.
Près de l'hospice, un bistrot ou un cabaret à l'enseigne du "Kremlin" ou "Au sergent du Kremlin" , accueille les anciens soldats mutilés en mal de virée.
Peu à peu les gens du coin désigne par "Le Kremlin" toute la petite agglomération qui se développe progressivement autour de l'hôpital et de son cabaret.
C'est sur une carte d'état-major de 1832 que le nom de Kremlin apparaît pour la première fois de manière officielle.
Puis les deux noms, Kremlin et Bicêtre, s'accolent pour n'en former qu'un seul, et lorsque le quartier sera érigé en commune, en se séparant de Gentilly, le 13 décembre 1896, il prendra le nom de Kremlin-Bicêtre.

Sources : http://www.ville-kremlin-bicetre.fr/ et wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Kremlin-Bicêtre

En route -

Nous l'avons vu précédemment, nous rencontrerons, au cours du voyage, de nombreuses publicités peintes sur les murs des villes et des villages traversés.
Véritables affiches durables dans le temps puisqu'elles subsistent encore aujourd'hui.
Voici la première, invisible pour nous, car nous sommes dans le mauvais sens. Elle est visible dans le sens du retour en direction de Paris.
Si vous ne pouvez l'apercevoir, à moins d'être imprudent, il vous faudra patienter jusqu'au retour de vacances ;-)


Affiche murale de 1920, pour le dentifrice du Dr Pierre. Au fond on aperçoit encore la tour "Super Italie".

La pâte dentifrice du Dr Pierre
Document Pdf pour en savoir plus

Le Kremlin ressemble à un boulevard de Paris où de modernes constructions colorées côtoient d'anciens immeubles classés.
L'avenue de Fontainebleau en conserve encore de beaux restes pour qui prend le temps de lever les yeux au delà des enseignes commerciales.


De belles façades d' immeubles classés.

Larges trottoirs, stations de métro, couloirs de bus, embouteillages, le quartier s'est quand même refait une beauté et les gigantesques travaux sont enfin terminés. Qui l'eut cru ?
Démarrés en 2005, après 5 ans de travaux, un centre commercial d'un genre nouveau est sortit de terre.
Okabé, le premier centre commercial "vert". (vert, pas comme la couleur...mais comme l'écologie :-)).
Nous sommes à l'emplacement exact de l'ancienne entreprise de charcuterie / salaisons « Géo » installée là en 1913.


Au 51 Avenue de Fontainebleau, un immeuble classé a échappé de justesse à la destruction.
Depuis 2012, il est accolé au nouveau centre commercial. Curieux, mais réussi mélange des genres.

Pour la petite histoire :
Au Kremlin-Bicêtre les familles sont modestes et issues du mouvement ouvrier. Le fondateur de l'industrie Géo, 'Geo'rges Foucault mène une politique sociale et paternaliste.
L'établissement propose ainsi à ses employés une cantine et une crèche sur le site ainsi que des logements, des jardins ouvriers et un stade.
A son apogée, l'entreprise occupe 28 000 m2 de terrain et emploie 1 500 personnes qui transforment 200 porcs par heure.
L'entreprise, rachetée par le groupe Madrange, a ensuite été transférée dans les Yvelines et est aujourd'hui remplacée par un centre commercial. Source Wikipédia.

Pour en savoir plus sur ce centre commercial : http://www.okabe.com/okabe/fr/edito-historiqueprojet


Le tout premier Centre commercial "vert" en France, à l'emplacement de l' entreprise Géo. 2013.

Bon, mais quel rapport avec notre route dans tout ça ?

En 1924, une gigantesque horloge est installée sur le toit de l'entreprise Géo, visible de très loin dans un sens comme dans l'autre par les voyageurs de la nationale 7.
Pendant plus de quatre-vingts ans, ce monstre d'acier de plus de 3 tonnes, a rythmé la vie des Kremlinois, des ouvriers et des automobilistes se lançant sur la route des vacances.
Plus d'un parent débutant le voyage a dû montrer à ses enfants l'horloge géante afin qu'ils puissent s'amuser à en noter l'heure de départ ou selon, l'heure d'arrivée.


Démontage de l'horloge Géo

L'entreprise Géo a fermé ses portes en 1997 et l'horloge géante a été démontée le 25 août 2005. Depuis, le centre commercial actuel a réinstallé une nouvelle horloge sur son toit.

Avenue de Fontainebleau vue vers Paris


Avenue de Fontainebleau en direction de Paris. Hier et aujourd'hui. Image réactive.
Remarquez qu'une nouvelle horloge a été installée sur l'immeuble du centre commercial.

Rendez-vous nationale 7 : Dimanche 3 août 1969. Paris avenue d'Italie 5h30. Episode 01.

Arrivés hier de notre province de l'est de la France, mon père a préféré nous faire passer la nuit à Paris, dans un petit hôtel minable de l'avenue d'Italie, afin d'être au plus près de la porte d'Italie en ce dimanche matin de grands départs en vacances.
Car aujourd'hui nous allons accomplir un voyage, bien plus long que celui d'hier, qui devrait à terme, mener toute la famille dans le Var, en camping au Lavandou.
Et tout cela en Opel Kadett dernier modèle, une expédition de près de 900 km le long de la nationale 7.
La voiture chargée, encore un peu engourdis, nous partons pour le sud sans même prendre le temps de petit déjeuner.
De toute manière, à cette heure avancée, l'hôtelier ne nous l'a même pas proposé. R'voir, msieur dame, passez caisse..au suivant !
Manquerait plus que d'être aimable avec ces enquiquineurs de touristes !

Mon père redoute les embouteillages.
La grosse horloge du Kremlin Bicêtre indique 6h15 lorsque nous passons devant, nous sommes dans les temps, la circulation est fluide, le temps nuageux. (à suivre)

A hauteur du rond point suivant, carrefour de l'avenue de Fontainebleau avec les avenues Eugène Thomas et Edmond Michelet, sur la droite, au bout de l'avenue Eugène Thomas, on aperçoit rapidement l'entrée du « Centre Hospitalier Bicêtre ».


Porte du centre Hospitalier Bicêtre, vers les années 1970.

Sur la gauche du carrefour cette fois, devant le 93 de l'avenue de Fontainebleau, un drôle de personnage scrute, imperturbable, la circulation.


Sur la gauche du carrefour, un drôle de bonhomme impassible, observe le trafic routier. Le voyez vous ? Image réactive.

Il s'agit du Gaulois. Une sculpture de bronze, d'un solide gaillard d'une tonne et 2 mètres de haut, réalisée par Alex Garcia en 1984.
Véritable institution de la vie Kremlinoise, un peu comme l'horloge Géo - on se donne rendez-vous devant le Gaulois - cette statue symbolise la continuité de l’histoire.
Elle nous rappelle la présence, il y a 2 000 ans, de nos ancêtres les Gaulois, qui empruntaient la route du sud, de Lutèce (Paris), pour commercer avec les Romains.
Notre Gaulois kremlinois fait le lien avec le passé, mais aussi, grâce à son regard qui porte au loin, avec l’avenir.

A l'origine, l'ancêtre était tourné face à la Capitale.
Lors du grand chantier de 2011, la statue disparaît pour être restaurée.
En 2015, Le Gaulois retrouve sa place, légèrement décalée de quelques mètres, et cette fois, le regard tourné vers le centre hospitalier.

source: Le Kremlinois avril 2015


Carte postale multi-vues du Kremlin Bicêtre. "Le Gaulois" y figure en bonne place.

En route -

L'avenue de Fontainebleau - D7- RN7 continue son parcours rectiligne pour encore quelques centaines de mètres puis franchit le panneau de la ville suivante : Villejuif.

Les banlieusards qui travaillent sur Paris habituellement, ne doivent pas trouver cette route si bucolique que cela.
Pour eux le matin c'est le trajet du boulot, du stress, des bouchons engendrés par les véhicules qui avancent au pas, au rythme des feux tricolores.
Le soir c'est le retour au logis, dans les mêmes conditions.
Mais, pour nous vacanciers provinciaux, aoûtiens qui plus est, cette route annonce bien la couleur : celle des vacances à la mer.

VILLEJUIF Km 0006

http://www.ville-villejuif.fr

Ici aussi, le secteur s'est transformé. Immeubles, bureaux, centres commerciaux, chantier du futur tram, le quartier vit sa transformation du siècle digne de celle d'un Baron Haussmann au XIXe siècle.
En plein quartier rénové, l'Avenue de Paris n'a plus rien à voir avec ce que les voyageurs de la nationale 7 ont pu connaître...jadis.

 


Avenue de Paris : notez que Villejuif n'a pas attendu le 21e siècle pour avoir son tramway. Image réactive.
On peut encore retrouver quelques éléments communs entre ces deux clichés : le café à droite, l'alignement de maisons à gauche.

Passé la station de métro « Villejuif - Léo Lagrange » nous nous retrouvons au pied de la première côte rencontrée depuis Paris, et ce ne sera pas la seule jusqu'à Menton.
L'avenue s'élargit sur 7 voies. Deux voies montantes et une extérieure dans le sens aller, trois voies descendantes et une voie extérieure dans le sens retour.


La RN 7 sur 7 voies. Aujourd'hui et début 1900. Image réactive.

Les voies extérieures sont les plus pittoresques. Elles conservent encore "l'esprit de quartier" où quelques commerces tentent de survivre au bétonnage industriel.
Empruntons la voie de droite, avec un peu de chance nous découvrirons peut-être quelques souvenirs de la RN7.

au pied de la côte


Villejuif, Avenue de Paris
Un beau cliché qui illustre bien la vie de quartier des années 1950.


A propos de souvenirs de la RN7, ce panneau N7 a du soucis à se faire.

Juste après la poste, au coin, le tabac de l'Avenue est toujours là, survivant au temps qui passe.


Avenue de Paris, voie de droite, vue en direction de Paris. Image réactive.


Avenue de Paris, voie centrale, vue en direction de la province. Image réactive.


Un mur peint ? pas vraiment, plutôt le transfert d'une affiche délavée. On connaît bien Darty,
mais qui se souvient de son fameux contrat de confiance ?

La voie extérieure longe encore quelques modestes habitations puis rejoint l'avenue centrale.
A ce point précis, nous sommes au niveau de la "déviation de la nationale 7", construite en 1935 pour éviter les étroites rues du centre ville par lesquelles passait jusqu'alors la route des vacances.

Avant de découvrir cette ancienne variante (flèches bleues sur la carte) continuons notre trajet sur le tracé actuel, par la déviation donc, toujours en suivant la D7.

Villejuif la bifurcation


Un peu d'histoire : Le nom de « Villejuif » apparaît pour la première fois dans une bulle du pape Calixte II, datée du 27 novembre 1119,
sous la forme de « Villa Judea ». Plusieurs versions existent quant à l'origine de ce nom : la plus probable est celle d'une déformation du nom du propriétaire d'une villa gallo-romaine, Juvius ou Juveus.
Cette hypothèse est renforcée par le fait que Villa Judea a été longtemps transcrit Villejuifve, ainsi que par la présence avérée de restes d'habitat gallo-romain .
L'explication selon laquelle Villejuif désignerait la « ville des Juifs » est jugée peu crédible aujourd'hui. Elle s'appuyait sur des écrits comme ceux de Louis Moréri, indiquant que la ville aurait été fondée par des Juifs chassés de Paris. Cependant, cela n'expliquerait pas la graphie latine antérieure de Villa Judea.

En route -

Nous abandonnons l'avenue de Paris, qui se prolonge plus loin sur l'ancien tracé, pour aborder le boulevard Gorki qui prend la relève.
Cela n'aura échappé à personne, le boulevard est bordé de commerces voués à l'automobile et aux deux roues. Garages, magasins de pièces détachées, vendeurs de véhicules d'occasion, concessionnaires, auto-bilan....Cela n'est qu'un début.. nous aborderons le sujet un peu plus loin.

 


Aujourd'hui la transformation du quartier est terminée. Après / avant, image réactive.


Années 50 ? non ! c'est en 2015 sur le Boulevard Gorki.


Mur peint Igol, Boulevard Gorki. Image réactive.

Des tunnels permettent un passage plus rapide aux carrefours, si vous êtes pressés...
Encore des vendeurs de véhicules, des centres de contrôle technique, des vendeurs de pare brises, de pneus...
La côte continue, on passe devant l'église Copte - Orthodoxe et après le carrefour c'est la gare routière des Bus RATP.


Sur le boulevard Gorki, l'église Copte - Orthodoxe.

La D7 passe Avenue de Stalingrad. Les grands immeubles urbains disparaissent petit à petit, quelques pavillons se profilent, des arbres bordent la route.
Nous arrivons à L'Haÿ les Roses.
Avant de poursuivre plus avant sur la D7, revenons sur le parcours original de la RN7 au temps où celle-ci passait par le centre ville de Villejuif. (tracé bleu sur la carte).


Même point de vue du boulevard Gorki / Nationale 7, en direction de Paris. Image réactive.

Variante par le tracé original de la nationale :

Bifurcation rue de Paris

En route -

Reprenons donc au niveau de la bifurcation, un peu avant la côte du plateau de Villejuif, puis pousuivons cette fois-ci la rue de Paris en prenant à droite.


Totem d'une ancienne Station essence Art Déco à la jonction du Boulevard Gorki et de la rue de Paris, aujourd'hui concession pour deux roues.


La station originale, située juste à la jonction de l'ancien tracé et de la déviation de 1935.
La Société Générale des Huiles de Pétrole, distributeur de la marque Energic,
Deviendra en 1954, la Société Française de Pétrole BP.

Dans cette rue, je vous convie à rechercher un élément caché ou plutôt peu visible du patrimoine scientifique et historique de la ville.
Un indice : Sa sur jumelle se trouve également sur la N7 mais à Juvisy.
Votre il de lynx saura-t-il retrouver ce patrimoine et surtout l'identifier ? La réponse se trouve à Juvisy un peu plus loin sur la nationale 7.
Quel suspens !!! Continuons.

Le quartier s'est profondément transformé ces dernières années.
Dans le bas de la rue, sur la droite, avant la construction de l'immeuble récent qui accueille un restaurant asiatique, on pouvait voir sur le pignon d'un restaurant de quartier,
une publicité murale pour l'amer "Fernet Branca".
"Fernet Branca, la boisson du lendemain ! " comme disait le slogan à l'époque. Allez donc savoir ce qui s'était passé la veille ?


Un quartier en profonde mutation. Le mur peint a disparu, le garage aussi, le petit resto a changé d'enseigne. Image réactive.

Un peu plus haut, sur le mur d'un l'hôtel de quartier, une autre publicité cette fois pour les huiles " Veedol ".

Le quartier désuet n'est pas très vivant.
Plus loin, une belle maison de brique rouge avec la mention : "Villejuif Bains Douches", nous rappelle que les maisons ou les appartements ne possédaient pas de salle de bains.
Pour les wc c'était sur le palier, ou au fond du jardin... vous savez ? ..la fameuse cabane !


Les bains douches de 1928, bâtiment protégé du patrimoine culturel

Un vieux cinéma "Le Capitole" a depuis longtemps tiré sa révérence.
Il laisse désormais sa place à un nouvel ensemble immobilier, qui en souvenir de la salle de spectacle arbore un totem façon art déco.
Triste fin pour ce fidèle cinéma de quartier, comme l'aurait déploré l'ami Eddy Mitchell.
http://sallesdecinemas.blogspot.fr/search/label/Villejuif

Le Capitole


Un avant / après du cinéma de quartier. Le nouvel immeuble arbore un totem en souvenir de la salle du 7e art. Image réactive

Voici maintenant la rue Jean Jaurès, dont une partie est en sens unique vers la capitale. Avec Google Street View aucun problème, mais en voiture il vous faudra emprunter les ruelles parallèles.


Une Enseigne peinte au dessus d'une agence.
Mais vous arrivez trop tard, il fallait passer avant.
La façade a été repeinte et rehaussée d'un étage. Les inscriptions ont totalement disparu.

A partir d'ici, le quartier devient plus commerçant, plus vivant.
On a du mal à croire qu'avant 1935, cette voie était l'axe principal routier.
A hauteur de l'ex place de la fontaine, actuelle place des fusillés, de grands ensembles urbains et un supermarché au look des années 1970 ont sérieusement modifiés la physionomie du secteur.


Place des fusillés vers 1970 et en 2013 . Image réactive


Rue Jean Jaurès, au niveau de place de la Fontaine (aujourd'hui place des fusillés), vue vers le Kremlin Bicêtre.
Hier et aujourd'hui. Image réactive.


Un avant goût de ce qui nous attend après Menton.... Pizza & Chianti... moi ça me va !

Bizarrement, la dernière partie de la rue Jaurès n'a pas vraiment changé. Elle conserve par endroit son aspect du début de siècle. Le XXe siècle bien entendu ... pas le XXIe.


Au bout de la Grande Rue (aujourd'hui la rue Jaurès), terminus de la ligne de tramway, vue en direction de Paris.
Même vue aujourd'hui. Un siècle plus tard, la rangée de maison sur la gauche reste identique. Image réactive.


Toujours l'entrée sud de la rue Jean Jaurès, le café tabac du coin de la rue.
Autre ambiance. Image réactive.

Au carrefour de la rue Jean Jaurès et de l'avenue de la République, le café/tabac est toujours en activité.
Nous nous trouvons au bout de l'ancienne Grande Rue, alors terminus de la ligne de tramway au siècle dernier.
Après, c'était la pleine campagne.
Bordée de platanes, longée par une piste cyclable, la route pavée jusqu'à Fontainebleau, nous emmène cahin-caha, à travers les hameaux et les champs de ce qui n'est pas encore la banlieue parisienne.


Au bout de la Grande Rue, la nationale 7 en direction de Fontainebleau. C'est déjà la campagne.
Point de vue identique aujourd'hui. Image réactive.

Traversons la rue pour passer derrière la gare routière RATP .
De ce côté-ci, les garages et les ateliers de mécanique automobiles sont aussi présents.
Nous sommes avenue de Stalingrad sur la D55. La rue ne tarde pas à rejoindre la D17 et retrouve ici le parcours normal de la RN7.


Vue aviation IGN de Villejuif en 1925 et vue de 1949. Image réactive.

Sur le cliché n&b ci-dessus on reconnaît l'hôpital Paul-Brousse de Villejuif en haut à gauche et la N7 rectiligne qui traverse la ville du nord au sud. On remarque l'absence de déviation.
Sur le cliché de 1949, 24 ans ont passé. Depuis 1935 le Bd Gorki dévie la circulation du centre ville par l'est. (en rouge).


Jonction Sud du boulevard Maxime Gorki et de l'ancienne route Nationale 7.
Remarquez la station service et ses pompes à essence en bordure de route (en bas à gauche)


Jonction Sud du boulevard Maxime Gorki et de l'ancienne route Nationale 7.
Tout droit l'avenue Gorki récente déviation du centre ville, à gauche l'ancienne voie Royale/N7.
Sur la gauche, une station service de la marque Ecco, filiale française de la Standard Oil (S.O)

Même lieu aujourd'hui. Image réactive.

Jonction avec la Rn7

L'Haÿ Les Roses Km 0009

http://www.lhaylesroses.fr

En route

Ici, nous rencontrons une particularité de la route nationale 7. En effet, celle-ci sert de frontière administrative pour la délimitation des communes.
Cette frontière "cadastrale" est matérialisée par la ligne blanche entre les deux voies de la route. Aujourd'hui ce serait plutôt la voie de tramway.
Ainsi la voie descendante vers le sud est située sur la commune de l'Haÿ les Roses, alors que la voie remontante vers Paris fait encore partie de Villejuif.

L'Haÿ les Roses, à peine 150 mètres dont nous n'entreverrons qu'une zone commerciale moribonde, chantier du nouveau tramway oblige.


Point de vue identique du quartier: après le chantier du tramway, et avant les travaux. Image réactive.

Un peu d'histoire tout de même :

Le village, au départ s'appelait seulement L'Haÿ avec le tréma sur le Y.
En 1914 L'Haÿ devient L'Haÿ-les-Roses, honorant ainsi la notoriété et l'exceptionnelle beauté de sa nouvelle roseraie.
La roseraie existe toujours aujourd'hui sous le nom de Roseraie du Val de Marne et réunit une collection exceptionnelle de 3000 roses ce qui en fait la plus grande roseraie du monde.

Au feu, passé le carrefour, un panneau annonce Chevilly-Larue. A ce niveau la voie montante sur Paris se situe sur la commune de Vitry sur Seine à l'est.

Chevilly Larue / Vitry Sur Seine. Km 0009.3

http://www.ville-chevilly-larue.fr
http://www.vitry94.fr

Si votre dernier passage dans le secteur remonte à 2015 tout au plus, alors vous ne serez pas trop dépaysé.
Si vous étiez passés avant 2015, vous ne reconnaîtrez plus rien.
La grande métamorphose du XXIe siècle a eu lieu. Elle consiste en de larges avenues occupées principalement par les voies centrales du tramway, les côtés de la chaussée étant réservés aux deux roues et aux piétons. Les vilaines et polluantes automobiles quant à elles, sont reléguées sur deux voies, canalisées de part et d'autres des rails.
Les arbres, les commerces, les anciens immeubles et maisons d'habitations bordant la route ont été rasés, laissant place à des immeubles froids et sans âme au design prétentieux.
Difficile alors d'imaginer Chevilly et Vitry, comme deux villages ruraux entourés de jardins, de pépinières, de terrains de cultures maraîchères et florales.
Et pourtant, ce fut bien le cas jusqu'en 1960. En 1965, les villages vont connaître leur première grande métamorphose avec la construction de ce que l'on appellera les grands ensembles urbains qui vont transformer les villages bucoliques en méga-cités dortoirs de banlieue, permettant d'y loger une population travaillant sur Paris, mais n'ayant pas les moyens d'y résider. (déjà à l'époque..)


Les grands ensembles urbains de Chevilly-Larue.


A Chevilly Larue, vous vous faisiez sans doute une autre idée de la Nationale 7 ?

Nous passons devant un relais-grill Courtepaille qui n'a plus grand chose à voir avec le concept original de la ronde paillote au cadre chaleureux bordant la route des vacances.
Ont-ils au moins conservé une vraie cheminée à l'intérieur ? Ou l'ont-ils remplacée par un âtre au glycol ?
Le premier relais de la chaîne a vu le jour dans les années 1961 sur la RN6, sur jumelle de notre route nationale.

Au niveau de la place "De Lattre de Tassigny", la voie montante quitte Vitry sur Seine pour entrer à Thiais (voie Est).
Notre voie descendante reste pour le moment sur la commune de Chevilly-Larue. La ligne blanche ou plutôt les rails de tramway, servent de frontière virtuelle entre les deux villes.


La place du Maréchal de Lattre de Tassigny à Chevilly Larue.


Avant et pendant les travaux sur la RN7 à Chevilly-Larue.
Le quartier n'avait pas encore achevé sa métamorphose. Image réactive.

Ne cherchez plus ici les boutiques dévolues à l'automobile.

Hormis les concessionnaires officiels et quelques rares résistants dissimulés en arrière plan, les municipalités ont fait place nette.

Pourtant, c'est bien dans ce secteur que se concentraient, en une joyeuse anarchie, garages, ateliers, dépôts, casses et autres bric-à-brac de pièces mécaniques qui jusque là jalonnaient la route depuis Paris.


Une idée de la banlieue et du joyeux capharnaüm qui régnait le long de la nationale 7 avant les travaux. Images réactives


RN7, entrée / sortie Thiais, vue vers Paris, point identique avant et après travaux.
Le cimetière se situe à droite. Image réactive


Vue en direction de l'entrée du cimetière de Thiais. Le cimetière se situe à gauche.
Après et avant les travaux de 2013.
Un repère ? L'enseigne Mc Do toujours visible au fond. Image réactive.

Un peu plus loin sur la gauche, se profilent l'esplanade et les portes monumentales du cimetière Parisien de Thiais.
(N'hésitez pas a passer en mode satellite sur Google Earth pour avoir un aperçu général du cimetière.)
Ici aussi le quartier a profondément muter. Toute l'enfilade de commerces hétéroclites qui animait le carrefour a totalement disparu.
La chaussée est passée de trois à deux voies, le trottoir s'est transformé en piste cyclable.


Les portes du cimetière Parisien de Thiais

Cimetière de Thiais

Thiais Km 0010.4

http://www.ville-thiais.fr

Un peu d'histoire :

Le cimetière Parisien de Thiais est un des cimetières Parisiens extra-muros.
Ouvert en octobre 1929, il occupe sur près de 103 hectares, 17 % de la commune de Thiais.
C'est le plus récent des cimetières de la capitale, et deuxième cimetière en terme de superficie après celui de Pantin.

Qualifié de "cimetière des pauvres et des indigents" le lieu accueille en outre les sépultures des personnes non identifiées ou sans ressources, décédées à Paris.
Sont également ensevelis là, les fusillés des fossés de Vincennes, condamnés à mort par les tribunaux militaires jusqu'à l'abolition des exécutions publiques en 1939.
Un monument commémore aussi la mémoire de ceux qui ont légué leurs corps à la science.
Parmi quelques personnalités concernés par le don de corps sans sépultures et dont la mémoire est honorée : Bernard Blier, Pauline Carton, ou encore Madeleine Sologne.
D'accord, je le conçois, tout ça est un peu vieux jeu et les plus jeunes ne connaissent pas...pourtant Pauline Carton c'est plus de 200 films.... m'enfin...

Après l'épisode de la canicule de 2003, plus de 800 victimes, le plus souvent des personnes isolées, furent ensevelies ici dans l'anonymat le plus complet.
Vous pourrez également vous recueillir sur la tombe du roi dictateur d'Albanie en 1928, Zog 1er , et plus dans l'air du temps, Albert Raisner, le père et animateur de l'émission TV culte "Âge Tendre et Tête de Bois" des années 1960, mais ce dernier est inhumé anonymement dans un caveau familial. Toute une époque !

Plus récemment, le présentateur et producteur Jean-Luc Delarue y fut également inhumé anonymement, sa sépulture est située dans une division du cimetière où sont regroupés les caveaux de familles musulmanes.

Pour en savoir plus : http://www.landrucimetieres.fr

Envie d'aller "cracher sur une tombe", histoire de mettre en pratique le précepte profane évoqué dans le titre du célèbre roman polémique de Boris Vian....
Sachez que la tombe de l'auteur de la prise d'otages de l'hyper Cacher, porte de Vincennes en janvier 2015, se cache également dans ce cimetière.
Tombe anonyme.. évidemment, un indice ? : au carré musulman.
L'homme, n'est depuis plus seul, puisqu'il a été rejoint par deux des terroristes (enfin ce qu'il en reste) qui avaient tiré sur la foule du Bataclan le 13 novembre 2015, avant de se faire lâchement sauter le caisson.


L'entrée monumentale du cimetière de Thiais.

En route -

Sur la voie de droite, nous sommes toujours à Chevilly-Larue.
Continuons, tout droit en direction d'Orly. De nombreuses casses automobiles ont désormais définitivement baissé le rideau.

Rendez-vous nationale 7 : Dimanche 3 Août 1969. Thiais 6h30. Episode 02.

Calé sur la banquette arrière à côté de ma sur, les pieds posés sur les cartons d'ustensiles de cuisines et de jeux de plages qui n'ont pu trouver place dans le coffre de la petite Opel Kadett, nous continuons notre sortie de la banlieue Parisienne en direction de la grande bleue.

Alors que ma mère essaie d'évaluer la quantité de café froid resté au fond de la bouteille thermos, résidus du voyage de la veille, mon père se félicite d'être parti un dimanche de bonne heure, car nous annonce-t-il , " à cette heure-ci, les ferrailleurs sont encore au lit ". Ce qui s’avérera totalement faux, les ferrailleurs clandestins, comme les puciers d'ailleurs, n'hésitant pas à se lever tôt le dimanche matin. ( à suivre )

En route -

Il est temps de parler de ces commerces « Tout pour la voiture » que l'on rencontre sans discontinuer depuis Villejuif au moins.
Aujourd'hui la plupart des casses le long de la nationale sont vouées à la disparition, si ce n'est déjà fait, chantier du grand Paris et du Tramway obligent.
Mais entre les années 1960-80 c'était tout autre chose. Une curiosité pour les vacanciers provinciaux.


Axe Chevilly-Larue / Thiais, le capharnaüm de la pièce détachée sur la RN7 en 2013.
Un exemple de ce que ne veulent plus les municipalités.

Les ferrailleurs de la RN7 :

Dans sa portion Chevilly Larue -Thiais, c'était le royaume historique des casses automobiles qui avait investit les lieux depuis l'après guerre.
Pour reprendre l'expression d'un journaliste du "Parisien ", : "le long de la route c'était le paradis des rétros cassés, des portières défoncées, La Mecque des capots accidentés". 
La N 7, c'était comme les puces de Saint-Ouen. On y venait en famille le week-end. C'était le règne de la mécanique sauvage.
Sans cesse, c'était des conflits de stationnement et de circulation sur la N 7, des gens qui se tapaient dessus, des voitures défoncées garées n'importe où.
Par la suite on verra même des travailleurs clandestins traîner à la sortie des casses pour proposer leurs services. 
Les trottoirs étaient encombrés de voitures en plus ou moins bon état.
Des mécaniciens, aguerris ou non, s'activaient autour pour des réparations, du changement de pneu aux interventions lourdes sur la direction ou le moteur, dans la plus parfaite illégalité.
Ils débordaient sur la chaussée, créant aux heures de pointe des embouteillages monstres, et laissant derrière eux des taches d'huile sur les trottoirs, des enjoliveurs, des boulons et diverses pièces de moteurs. La fin d'une époque.

Source plusieurs articles du journal : "Le Parisien"

En route

Sur la gauche nous longeons le centre commercial "Belle Epine" situé sur la commune de Thiais.

Un peu d'histoire :

Le Centre Commercial Belle Epine a ouvert ses portes en septembre 1971, sur une surface de 100 000 m².
Il est, après Parly 2, le second centre commercial régional à ouvrir en région Parisienne.

Une vingtaine d'années plus tard, en 1992/93, des travaux ont eu lieu afin d'agrandir le centre de quelques 40 000 m² supplémentaires.
Avec désormais 140 000 m², Belle Epine devient le premier centre commercial d'Europe continentale.

Le centre est idéalement situé, dans le second pôle d'emploi de la région parisienne (70 000 emplois).
Il est à 5 minutes de l'aéroport d'Orly et au carrefour des autoroutes A6-A86 et des nationales 7 et 186.

Belle Epine tire son nom du nom du croisement des routes de Versailles et Fontainebleau.

Source : http://www.belle-epine.com

Dans les galeries du supermarché carrefour en 1971

Au niveau du centre commercial, notre voie quitte la commune de Chevilly Larue et entre sur celle de Rungis.
La voie opposée se situe toujours sur la commune de Thiais.

Rungis Km 0012.3

http://www.rungis.fr

La commune de Rungis est connue pour son Marché International, réputé comme le plus grand marché de produits frais du monde, et pour son Centre Horticole de la Ville de Paris, de même que pour sa proximité avec l'aéroport Paris-Orly.
De ce dernier pôle, elle hérite notamment d'une zone hôtelière conséquente. (extrait wikipédia)


Au premier plan, le Marché de Rungis, au second plan la RN7,
le croisement de la Belle Epine, le cimetière de Thiais.

Notre route passe maintenant sur un pont qui surplombe l'A86, le périphérique de l'Ile de France.
Nous sommes à l'emplacement exact du fameux "Croisement de La Belle Epine".
Ici, à une époque qu'il est pour nous difficile d'imaginer aujourd'hui, se croisaient les deux routes royales : l'une en direction de Fontainebleau, future nationale 7 et l'autre en direction de Versailles, future nationale 186 aujourd'hui intégrée à l'A86 sur cette portion.


Carrefour des routes de Versailles et de Fontainebleau au hameau de Belle Epine en 1832.
Seuls deux établissements sont représentés sur la carte d'Etat major.
L'un situé à la jonction Sud-Ouest du croisement, l'autre un peu en retrait sur la route de Fontainebleau.


Le carrefour Belle Epine en 1921. Un troisième établissement s'est installé, au Nord-Est du croisement.
On remarquera également les deux routes bordées d'arbres.

Situé alors en pleine campagne, le carrefour n'en était pas pour autant isolé puisqu'on y trouvait quelques fermes et établissements essentiellement dédiés aux voyageurs de la route.
Auberges, restaurants et hôtels y côtoyaient une baraque de cantonnier et la gendarmerie, plus tardivement rejoints par des stations essence, offrant ainsi aux passagers et autres itinérants de la route la perspective de passer "à la Belle Epine" un bon moment à la campagne.
En 1938, un pont franchira la N7, déviant du carrefour de l'Epine le trafic routier de la N186.


Vue aérienne de 1947, avec le pont franchissant la RN7.

Survol du carrefour de la Belle Epine.

Le terme de "Belle épine", du latin spina, provient du vieux français et évoque ici le buisson épineux, sans doute l'aubépine.
Une autre version, implique quant à elle, la difficulté de circulation au niveau du croisement.
Epine étant synonyme d'obstacle ou d'embarras, comme le sous entend l'expression "tiré une épine du pied", le croisement confirme qu' il y avait bien ici une difficulté, un nud de circulation, référence toute trouvée à l'épineux bois noueux de l'aubépine.

Localisation de quelques établissements autour du carrefour de la Belle Epine :


Le pont sur la RN7, vue en direction de Fontainebleau


Au carrefour Nord-Est, l'Auberge de la Belle Epine, vue en direction de Paris.


Dans le prolongement de l'Auberge de la Belle Epine, le Chalet de la Belle Epine, le long de la RN186.


Au croisement Sud-Ouest, vue en direction de Fontainebleau Au Bon Coin, Epicerie, Café, Tabac, Vins et téléphone...
Reconnaissable à son mât de pavillon, la Gendarmerie en bord de RN7.


Au croisement Nord-Ouest la Station Service CIP - Pégase. (Cie Industrielle des Pétroles)


Au croisement Sud- Est, la Station service Antar

On le voit, le carrefour était bien achalandé.

Difficile, aujourd'hui, voir impossible de s'y retrouver.


Le carrefour en 1949 et actuellement. Image réactive.

Pourtant, 200 mètres après le carrefour, un peu avant le virage, voici l'unique survivant du fameux carrefour de La Belle Epine, le restaurant L'Atlas.
Anciennement Hôtel du Terminus ou du Bon Coin, l'établissement est plus que centenaire et mérite le respect. Sera-t-il encore là dans cent ans ?


1 - Restaurant L'Atlas, survivant d'une époque révolue. Image réactive.
2 - Eau courante et chauffage, huîtres et escargots, station Shell et huile Renault,
l'hôtel Terminus possède tous les atouts, pour susciter une pause.
Derrière l'Hôtel, on aperçoit le bâtiment de la gendarmerie.


1- La route vers Fontainebleau, à droite le dos de l'hôtel Terminus et la nouvelle Gendarmerie.
2 - C'est la Douane qui occupe désormais l'emplacement. Image réactive.

En route -

On quitte à regret notre carrefour Belle épine. 400 mètres environ après l'échangeur, afin d'éviter les pistes de l'aéroport d'Orly, la route amorce une courbe déviant ainsi de son ancien tracé rectiligne d'avant 1960 .
Ancien tracé qui se poursuit aujourd'hui en partie par la D136 et les avenues de l'Europe et de l'Union au milieu des gigantesques parkings d'Orly, et des loueurs de voitures.


1- cliché en noir & blanc vers les années 1950. La route reste rectiligne et traverse la commune de Paray Vieille Poste. image réactive.
2 - Après 1960, la route dévie de son ancien tracé et passe sous l'aérogare d'Orly, tracé rouge.

L'ancien tracé étant interrompu par l'aérogare et les pistes d'aviation, poursuivons donc sur la route actuelle.

A droite près du mur de clôture EDF, une borne N7 limite de département, nous indique que nous quittons le département du Val de Marne pour entrer dans celui de l'Essonne 91.
Déclassement de la route nationale 7, par la réforme 2005 : dans le département de l' Essonne, l'ancienne RN 7 a conservé son numéro de N 7.


Borne limite de département

L' ESSONNE


Graffiti thématique et sympa pour nous mettre dans l'ambiance.

Nous quittons maintenant Rungis à l'Ouest et Thiais à l'Est, pour entrer sur la commune de Paray Vieille Poste.

Mais, la RN 7 ne traverse pas tout de suite la ville de Paray.
Elle ne fait que passer pour le moment sur ces terres cadastrales dont notre voie descendante vers le Sud marque la délimitation Ouest.
D'ailleurs aucun panneau n'indique ici l'entrée de l'agglomération.
Nous passons maintenant sous l' A106, bretelle rapide d'autoroute qui relie Paris à l'aéroport d'Orly.


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